La «ville de douze mille terres» aux trois millions d’habitants, frontalière au Laos, à la Birmanie et au Vietnam, est le seul endroit en Chine qui accueille l’éléphant sauvage dans un cadre de vie adéquat.

Le centre urbain de Xishuangbanna est en décor d’éléphant. Le pachyderme y est omniprésent voire omnipotent. Mausolée, stèle, dessins, tableaux, statues, gadgets… Tout y passe. Impossible de manquer l’éléphant dans cette ville symbole de l’écologie chinoise. La cité aux douze ethnies minoritaires voue un culte à l’éléphant. «Pour le bouddhisme, l’éléphant est considéré comme un dieu. D’où le respect qu’il reçoit dans cette partie du pays», indique un observateur. La vallée des éléphants sauvages, créée en 1990 à 120 minutes de route du centre urbain de Xishuangbanna, est le sanctuaire ou l’épicentre de l’éléphant – dieu. Ici, environ 150 éléphants sauvages à découvrir dans un circuit d’un kilomètre. Le parc est étendu sur 6 Km2 de superficie. Il est frontalier au Laos, à la Birmanie et au Vietnam. Ce qui donne la latitude «aux éléphants de circuler sans visa et passeport sur la bande frontalière des trois pays». Le parcours du circuit donne à découvrir l’éléphant dans son milieu de vie sauvage: sa nourriture essentiellement constituée de végétation; les autres animaux installés dans le même espace vital, en l’occurrence les singes et les oiseaux; les produits dérivés fabriqués (tableaux artistiques…) à partir des déchets d’éléphants; le musée de l’Éléphant sauvage chinois; le déploiement des différentes spécialités autour de l’éléphant, etc.

Epopée de l’éléphant
Pour Zhu Jia Wei, secrétaire de Xishuangbanna State Committee, «Les éléphants voyagent du Nord au Sud de la Chine… C’est une diversité magique et un travail magique de la nature pour cette province de 19.000 Km2 de superficie, où la coexistence est harmonieuse entre l’homme et la nature». La nouvelle histoire des éléphants de la province de Yunnan (Xishuangbanna est une préfecture autonome de cette province) est racontée par qui de droit. Liu Jiawen, membre de la protection écologique de l’éléphant en Chine. «Le monde est focalisé sur la Chine, et la Chine contribue au progrès du monde [ à travers les éléphants]». Même son de cloche pour Shen Qingzhong, membre de Asian Elephant Expert Committee of Nation forestry and Grassland Administration and president of Xishuangbanna Asian Elephant Conservation Association. Les soins de santé en faveur des éléphants sont présentés par Xiong Chaoyonning (Administrator of Xishuangbanna rescue breeding center.
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Wang Bing, Director of Asian elephant conservation and management center of X Dai autonomous préfecture, quant à lui, élabore sur de la géolocalisation des éléphants en mouvement dans la bande frontalière Chine, Birmanie, Laos et Vietnam. Tandis que l’épopée du train frontalier Chine – Laos (1500 km), le chemin de fer de l’intégration appelé à s’étendre en Thailande, est contée par Jaruwan Udomsab, Overseas communication officer of south Asia and South east Regional, International Communication center of Yunnan Province. Il est assisté dans cette présentation par Dai Rui, conducteur de train.
Rappel
La province de Yunnan est la vitrine de l’écologie verte de la Chine. Yunnan, l’une des 34 provinces et assimilés de l’Empire du milieu, es situé dans le Sud-Ouest du pays, avec 46 millions d’habitants, pour 383.186 Km2 de superficie. Kunming est sa capitale et Xishuangbanna est sa préfecture autonome. Yunnan est la capitale chinoise de la biodiversité, des terres humides, de la protection des animaux. D’où la tenue de la COP 15 sur la biodiversité à Kunming. Yunnan est ensuite devenu la province par excellence du tourisme écologique, avec 5 à 10 millions de touristes par an. Yunnan signifie: Sud de la montagne dans (entre) les nuages
Thierry Ndong Owona,
envoyé spécial à Xishuangbanna, en Chine
