VIH-Sida : la pire part des jeunes femmes

Au Cameroun, celles dont l’âge oscille entre 15 et 24 ans représentent 0,64% par année sur l’incidence de la maladie, contre 0,07% chez les garçons.

Comptabilité macabre faite par ministère de la Santé publique (Minsanté): A l’échelle du pays, 8 990 ados-jeunes ont été identifiés séropositifs au VIH-Sida en 2023 (soit 7115 filles et 1875 garçons). Plus terrifiant encore: «D’après les enquêtes de Camphia et démographique et santé (Eds) réalisées respectivement en 2017 et 2018, la prévalence (anciens et nouveaux cas) du VIh chez les ados-jeunes est de 1%, l’incidence du Vih est de 0,35% par année, avec un poids 9 fois plus élevé chez les filles (0,64 par année) par comparaison aux garçons (0,07% par année)», expose le Minsanté.

«Ces chiffres reflètent des normes sociales largement répandues qui perpétuent l’inégalité entre les deux sexes et des coutumes nuisibles, telles que le mariage forcé de très jeunes filles, la prostitution et la violence sexuelle, accroissant la vulnérabilité des adolescentes. Toutes choses qui les empêche de prendre des décisions plus éclairées pour la préservation de leur santé, la pauvreté et le manque d’accès aux programmes de prévention du Vih et de la santé sexuelle reproductive», a expliqué Manaouda Malachie, le Minsanté. Celui-ci relève que la tranche d’âge 15-24 ans représente environ 30% du poids de l’ensemble des nouvelles infections au Vih enregistrées au Cameroun durant l’année 2023.

«L’heure n’est plus aux solutions de fortune et aux ripostes dans l’urgence. Il nous faut trouver un équilibre entre la nature urgente du Sida et la nécessité de mettre en place des solutions durables. À l’heure où l’information est malmenée plus que jamais, où des opinions plus ou moins fantaisistes s’affrontent dans des débats contradictoires qui achèvent d’égarer le public, un regard scientifique ne peut que nous éclairer», assure Dr Omer Lagan Mvele. Le praticien croit qu’afin de protéger les filles et les jeunes femmes contre ce virus, «il faut renforcer l’éducation des jeunes en améliorant les programmes scolaires basés sur la connaissance du Vih-Sida; renforcer davantage par le biais des médias, les campagnes de marketing social visant à améliorer les connaissances des jeunes sur le Vih-Sida». A tout ceci, il propose également d’autonomiser les filles et jeunes femmes vulnérables issues des milieux défavorisées; de lutter efficacement contre le mariage précoce, d’éduquer et sensibiliser largement les filles et les jeunes femmes sur la nécessité de se protéger contre cette maladie.

Jean-René Meva’a Amougou

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