Artisans doués dans le recyclage des peaux de poisson en chaussures, la conversion des fleurs en huiles parfumées, l’ajustement du coton biologique à la taille et à la silhouette de toutes les femmes, ils continuent de marquer le Salon international de l’artisanat du Cameroun (Siarc) à Yaoundé.
En prenant pour sujet les images phares de la 8e édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (Siarc) qui se déroule jusqu’au 31 juillet 2024, comment ne pas voir l’impressionnante présence tunisienne au Musée national de Yaoundé? A bien regarder le programme, on saisit que la Tunisie est l’invitée de marque du Siarc. D’où cet enthousiasmant espace d’exposition animé par des plusieurs artisans venus de Tunis. Ici, on ne doit surtout pas se priver de visiter tous les stands, tant ceux-ci recèlent une inventivité d’autant plus offerte à la curiosité que l’entrée est gratuite. Bien présents dans le vestimentaire, la maroquinerie et la parfumerie, les exposants tunisiens trouvés sur place sont bien incapables de signifier autre chose qu’eux-mêmes. «C’est-à-dire des artisans nés pour réaliser inventer des choses belles», d’après Fakhri Attia, jeune exposante tunisienne.
Pour le Chargé d’affaires à l’ambassade de Tunisie au Cameroun, Mohamed Amine Ameur, les artisans de son pays ne sont pas venus à Yaoundé pour pérorer dans le vide. Plutôt de «transmettre au public les traits très fins du savoir-faire artisanal dont ils sont les dépositaires». «La Tunisie a cumulé une riche expérience dans les différentes filières artisanales au fil des décennies. Le Cameroun, l’Afrique en miniature est un pays qui dispose un immense héritage culturel et civilisationnel. Les artisans tunisiens sont venus pour promouvoir notre artisanat, mais aussi pour partager avec les homologues Camerounais leurs expériences et savoir-faire dans le secteur aussi important», explique Mohamed Amine Ameur. A ce titre la Tunisie a réalisé des évolutions en ce qui concerne la digitalisation de son artisanat», rappelle le Chargé d’affaires à l’ambassade de Tunisie au Cameroun. En outre les tunisiens sont là pour «découvrir la beauté de l’artisanat camerounais», poursuit-il.
Dans la même veine, le ministre de Pme de l’économie sociale et de l’artisanat fait savoir que «la Tunisie a réussi son arrimage au numérique qui est le fil conducteur de la huitième édition du Siarc». Pour ce faire, il s’agit de «s’enrichir de l’expérience tunisienne, mais également à travers les ateliers de s’informer sur tout ce qu’il y a comme avancée, et surtout de s’imprégner des applications pratiques du numérique dans le secteur de l’artisanat, la Tunisie nous sert de modèle, il est évident que les projecteurs soient braqués sur ce pays», précise Achille Bassileken III.
Olivier Mbessité
Ils ont dit…
Le Siarc vu par quelques participants étrangers
Pare Ali Badra, Directeur de la promotion et du développement des villages artisanaux (Burkina-Faso)
«Nous allons profiter de l’expérience de la Tunisie en avance sur le numérique»
Nous sommes venus au Siarc avec une délégation d’artisans pour exposer les produits du terroir, à l’instar du pagne tissé traditionnel, le chapeau, il y a également les artisans de l’agroalimentaire, qui expose le beurre de karité, le miel. Nous sommes là tous pour partager notre expérience avec le Cameroun et d’autres artisans venus des autres pays. Notre objectif c’est le partage d’expérience, les relations d’affaires, montrer la créativité des artisans. Par rapport au thème de la huitième édition, nous comptons profiter de l’expérience de la Tunisie pays d’honneur qui a une longueur dans l’usage du numérique. Ils ont su s’approprier le numérique dans la production artisanale, c’est une opportunité pour nous de voir comment ils ont muté vers le numérique. Nous au Burkina Faso, le numérique est utilisé pour des raisons de marketing de nos produits, mais la production n’est pas développée. On est là depuis le 20 juillet, les Camerounais sont accueillants, il y a beaucoup d’affluence dans les stands du Burkina Faso. Nous espérons que cet engouement va se poursuivre jusqu’à la fin du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC). Nous sommes très contents de découvrir les saveurs du Cameroun.
Agnès Cadetk, promotrice de Mada-Afrika, groupe d’artisans du Nord et Est de Madagascar
«Je suis déçue. Il n’y a pas d’affluence, il y a beaucoup à améliorer dans l’organisation»
Je suis venue au Siarc parce que j’ai une très belle expérience en 2014. C’était ma première fois de participer et j’ai été touchée par l’accueil, l’hospitalité des Camerounais et des organisateurs. Ce sont ces beaux souvenirs qui m’ont motivé de revenir à cette huitième édition. Dans le groupe, il y a des tisserands de raphia, il y a ceux qui confectionnent les chapeaux de décoration. Il y a des décorations faites à base des cornes des bœufs. En termes de digitalisation, j’espère avoir des formations pour plus de lumière. Je viens de temps en temps au Cameroun. Pour cette édition je suis un peu déçue, il n’y a pas de visiteurs, il n’y a pas d’affluence, il y a aussi beaucoup à améliorer dans l’organisation, l’on note un peu de désordre. Il n’y a pas eu suffisamment de publicité, lorsque je circule en ville, mais au niveau des médias. On dépense plus pour arriver au Cameroun, je paie le visa, le billet d’avion, l’excédent de bagages, les frais de dédouanement, l’hôtel, ce qui est le contraire aux Siarc organisés auparavant. Je m’attendais à avoir le stand gratuit à mon arrivée, on nous contraint tout payer.
Fakhri Attia, exposant tunisien
«On est venu chercher les partenariats à long terme»
Je suis venu présenter au Cameroun les produits de beauté, notamment les parfums. La journée de la Tunisie est une occasion de découvrir la culture Camerounaise, découvrir les artisans locaux. On est venu chercher les partenariats à long terme, on va continuer à multiplier de telles rencontres. La Tunisie va inviter également le Cameroun pour découvrir le savoir-faire Tunisien. L’objectif est de renforcer la coopération Sud-Sud pour le développement de l’Afrique.
