En déposant, une seconde fois, ses valises à la Maison Blanche, Donald Trump a promis, lors de son investiture, une refonte radicale de la gouvernance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États-Unis d’Amérique.

Comme en 2016, lors de sa première prise du pouvoir, la nouvelle administration américaine va, à coup sûr, impacter le continent africain. Examinant le profil de l’homme, des analystes abordent la crainte que Donald Trump ne réduise le budget américain alloué à l’aide humanitaire et aux opérations de maintien de la paix en Afrique, ainsi que l’engagement diplomatique de Washington dans la résolution de crises majeures. Après avoir évoqué la guerre d’influence sur le continent avec la Chine et la Russie, ils identifient les possibles vecteurs de rapprochement entre l’administration Trump et certaines capitales africaines, sur des intérêts majeurs tels que les minéraux stratégiques et l’agenda «anti-woke».
En poursuivant ce décryptage, d’autres analystes estiment que ce deuxième mandat risquerait lui aussi de laisser un souvenir désagréable aux Africains. Ceci en raison non seulement de la politique de l’immigration qui fermera les portes de l’Amérique aux jeunes du continent, mais aussi de l’imposition des droits de douane pour les importations africaines aux États-Unis. Si durant son premier mandat, le président américain a montré peu d’intérêt pour l’Afrique, son retour au pouvoir pourrait lui permettre d’intervenir de façon plus dynamique, non pour le développement des pays africains mais «pour contrecarrer les investissements de la Chine» qui a une influence croissante sur le continent d’une part, et «défendre, d’autre part, les intérêts américains», analyse Francis Kpatindé, enseignant à Sciences Po Paris.
Pour tout dire, le come-back de Trump à la Maison-Blanche risque de ne pas faire bouger les lignes dans le bon sens du terme, et l’Afrique ne devrait pas en attendre grand-chose. D’autant plus que le nouveau locataire a annoncé la couleur avec ses déclarations tonitruantes et pour le moins inquiétantes pour les pays africains, avec notamment des réductions significatives dans le budget alloué aux aides au développement, la diminution annoncée de sa présence militaire sur le continent. Ce qui pourrait être une aubaine pour les groupes terroristes. En un mot comme en mille, l’Afrique ne sera pas un enjeu majeur pour l’Amérique sous Trump II, pas plus qu’elle ne l’a été durant le premier mandat de ce président isolationniste qui avait qualifié les pays africains de «trous à rats». L’Afrique, quant à elle, n’intéresse pas tant le désormais président des États-Unis, et pourrait être encore ignorée comme elle l’a été durant son premier mandat. C’est vrai que, cette fois, il n’a pas tenu des propos insultants à l’égard de certains États, qu’il avait qualifiés de «pays de merde».
Alors, tout ceci souligne la nécessité pour l’Afrique de redéfinir ses stratégies, notamment dans ses engagements géopolitiques et sécuritaires clés. Plusieurs questions capitales aux niveaux bilatéral, régional et continental seront influencées par les politiques du second mandat de Donald Trump et les priorités de son cercle intérieur. Bien plus, le retour du milliardaire offre aux pays africains l’occasion de développer des relations politiques et économiques proactives avec les États-Unis et des stratégies résilientes pour éviter de subir les politiques américaines changeantes.
Ongoung Zong Bella
