Situation déplorable. Au Cameroun, aucune des dix régions ne dispose de 25% de ses routes en bon état.

Incident de plus, mais pas de trop sur les routes du Cameroun. Le dernier à date, est survenue le 14 août 2024, sur l’axe Bonepoupa-Yabassi long de 51,3 Km reliant la ville de Douala, capitale économique à Yabassi (chef-lieu du département du Nkam dans le Littoral). Une bonne partie de la chaussée du tronçon pourtant achevé et attendant d’être réceptionné par les autorités s’est effondrée, emportant un véhicule. La scène digne d’un film hollywodien s’est déroulée à Babouté, un quartier du village Bonepoupa 2.
Chiffres
Dû à des infiltrations d’eau, l’effondrement de cette route vient rallonger le nombre de kilomètres du réseau routier camerounais déjà en piteux état. D’après une note rendue publique à la mi-juillet 2024 lors des ateliers sur les rencontres régionales que présidait Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics (Mintp), 86 529,83 km de l’ensemble des routes camerounaises (121 873 km) sont en mauvais état. Le taux de dégradation estimé à 69,28% à fin décembre 2023 est passé à 71,07% au 15 juillet 2024. Soit une accentuation d’environ 1,8% en l’espace de sept mois.
Ainsi, apprend-on, seules 11,17 Km de routes sont en bon état au Cameroun. Les 17,76% de voie restante sont en moyen état, donc à cheval entre le bon et le mauvais état. Plusieurs des routes en mauvais ou en moyen état sont à l’origine de plusieurs accidents, grave et moins graves.
De ce fait, reconnait le Mintp, 8,4% de routes sont bitumées (10 234,94 km) alors que 111 638, 06 km quant à elles sont en terre. Pour finir, aucune des 10 régions que compte le pays ne peut se targuer de totaliser 25% de route en bon état.
Le gouvernement camerounais dit avoir déboursé 208 milliards de FCFA en faveur des collectivités territoriales décentralisées (CTD) entre 2018 et 2024. Les fonds, dont 195,3 milliards ont été alloués aux communes et 12,9 milliards aux régions, étaient destinés à l’entretien des routes. Soit 21 milliards FCFA de dépense chaque année.
Pour cela, 2 670 projets d’entretien de 19 307 km de la voie publique ont été enregistrés. Seuls 1 884 d’entre eux ont été achevés. Soit 70,5% de taux de réalisation. Tandis que, les autres accusent «des retards dans les exécutions en raisons des difficultés économiques» elles aussi dues au fait que «les entreprises prestataires ne sont pas toujours payées dans les délais escomptés». «Conséquemment, le rendement est affecté négativement», fait savoir Emmanuel Nganou Djoumessi dans les colonnes d’Ecomatin.
Joseph Julien Ondoua Owona
