Réfugiés nigérians à Minawao : embarras autour de la natalité

Selon le ministère de l’Administration territoriale (Minat), le nombre de naissances enregistrées est de 50 par mois. Une situation qui préoccupe le gouvernement camerounais.

Départ d’un convoi de 241 réfugiés nigérians le 10 août 2024 à Minawao

Il subsiste au Cameroun un embarras autour de la situation des réfugiés nigérians y ayant trouvé refuge du fait des exactions de la secte islamiste Boko Haram. Cela n’a désormais plus rien à voir avec des soupçons quant à la collusion de certains réfugiés avec ce groupe armé. C’est plutôt la forte natalité sur le site de Minawao qui suscite les inquiétudes de Yaoundé. Et pour cause, la population de réfugiés au Camp de Minawao croit à une vitesse exponentielle malgré les vagues importantes de retournés depuis 2021. À en croire le ministère camerounais de l’Administration territoriale, cette situation n’est pas le seul fait de la migration humaine. Elle est aussi imputable au nombre élevé de naissances y enregistrées. «Il convient de relever que ce camp compte 78 000 réfugiés et enregistre 50 naissances par mois», a révélé ce département ministériel début août 2024, à l’occasion d’une remise de dons en produits alimentaires, d’une valeur de 100 millions FCFA. Pour en détailler avec exactitude la situation, la plateforme de données du Bureau de coordination de l’action humanitaire (Ocha) fait état d’un afflux de 1786 nouveaux arrivants en moyennes et de 5358 nouvelles naissances enregistrées entre juillet 2013 et fin 2023. Sur le profil des populations relocalisées sur le site de 623 hectares, l’institution évoque «61% de mineurs (moins de 18 ans) et 54% de femmes/filles».
Sur le site aménagé pour accueillir initialement 15 000 personnes forcées au déplacement, la population actuelle y vit confrontée à des difficultés liées à la précarité des conditions de vie, un accès difficile aux soins de santé et à l’insuffisance alimentaire, entre autres. Tout ce qui pose un problème au gouvernement camerounais, mais pas que. «Avec ce taux de plus en plus croissant qui met en difficulté les donateurs, il devient urgent de trouver des solutions palliatives telles que les départs volontaires. À cet effet, le chef de l’État a planifié le rapatriement volontaire progressif de 20 000 réfugiés, en espérant que les conditions s’améliorent dans leur pays», poursuit ce département ministériel; rappelant des mesures prises antérieurement par les autorités pour renforcer la résilience économique de cette communauté, au travers à titre d’illustration de la cession de 151 hectares de terres cultivables. Et même si des expulsions n’ont plus été enregistrées au Cameroun depuis 2016, une opération de rapatriement volontaire de 241 réfugiés nigérians a eu lieu le 10 août 2024, en présence des autorités de ce pays.

Louise Nsana

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