Des escrocs n’hésitent pas à abuser de la crédulité des chômeurs en diffusant de fausses offres d’emploi dans certains ministères.

Depuis quelques jours, la ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel) se démène pour mettre fin à une arnaque relative à «un prétendu recrutement spécial visant la contractualisation de 965 jeunes par le Minpostel». Au ministère du Commerce (Mincommerce), Luc Magloire Mbarga Atangana, le maître de céans, dénonce depuis le 29 novembre dernier, «un faux document en circulation, largement relayé par les réseaux sociaux, faisant état d’un recrutement, à la diligence de son administration, en vue de contractualiser 3800 jeunes afin de renforcer les équipes de la Brigade nationale des contrôles et des répressions des fraudes».
Attrait
Selon une source policière contactée par Intégration, les escrocs savent ce qui fait qu’un travail est attrayant. Ils utilisent, par exemple, «Sur très hautes instructions de Son Excellence Monsieur le Président de la République». L’on apprend alors qu’au courant des deux dernières semaines de novembre 2024, plusieurs jeunes diplômés sont tombés dans ces arnaques à l’emploi, ourdies par des escrocs. «Après avoir passé un entretien téléphonique, un certain nombre de postulants a même reçu une confirmation d’embauche par mail. Afin de finaliser tout, les candidats ont été invités à communiquer leurs données personnelles, telles que leur numéro d’identifiant unique (NIU), permis de conduire, extrait de casier judiciaire, photocopie de passeport et numéro de compte pour ceux qui en ont. Dans le cadre de ces arnaques, l’escroc cherche souvent à soutirer de l’argent aux candidats ou à dérober des informations personnelles, comme les données bancaires ou numéro de téléphone. Celles-ci peuvent être utilisées frauduleusement ou encore revendues sur le dark web, l’espace qui permet de se protéger des mesures de surveillance mises en place par le gouvernement», renseigne notre source.
Illusion
La suite fourmille de détails. «Dans le mail d’embauche, l’escroc propose un rendez-vous pour signer le contrat. Cela rend l’offre plus crédible. La rencontre doit avoir lieu pour certains dans les services centraux du Minpostel et dans les services déconcentrés pour d’autres. Toutefois, à la veille du jour J, l’usurpateur annule ces rendez-vous. «Je suis infiniment désolé de devoir vous annoncer l’annulation de notre rencontre», est-il écrit dans le mail envoyé aux candidats. Ce dernier justifie cette décision par «la perte d’un bug informatique», qui oblige la «révision des listes des candidats retenus».
Regard
«La circulation de fausses offres d’emploi n’est pas nouvelle au Cameroun. Seulement, elle prend de l’ampleur et les communiqués produits à cet effet semblent de plus en plus authentiques, tant le soin est pris pour reproduire les logos, cachets et signatures originaux. Les canaux sont nombreux pour percevoir l’argent, le Mobile money y compris… Parfois des numéros personnels à contacter sont fournis. Si les postes proposés et les compétences requises relèvent le plus souvent du domaine d’activité de l’entreprise en question, la procédure de recrutement n’est pas souvent celle adoptée par la structure», expose Elisabeth Nkengne, spécialiste des questions de cybercriminalité.
Bobo Ousmanou
