Projets routiers : Le secteur privé mis nu sur le chantier

Selon le ministre des Travaux publics (Mintp), la faiblesse du tissu entrepreneurial local dans le secteur des travaux publics, la faible productivité des entreprises locales et les limites de l’implication des investissements privés constituent des obstacles majeurs malgré les ambitions généreuses des acteurs.

«Que de réunions de mise au point organisées par nos soins; que de mises en demeure transmises; que de délais de prorogation de délais de livraison». Lors d’un point de presse qu’il anime ce 27 septembre 2024 à Yaoundé, Emmanuel Nganou Djoumessi étale des évidences devenues familières. Selon le Mintp, si les ambitions généreuses portées par les entreprises locales en matière de développement et d’entretien des infrastructures routières au Cameroun sont à encourager, il reste que la tendance appelle quelques remarques. «Des évaluations réalisées font état de ce que plusieurs projets d’infrastructures routières rencontrent des difficultés liées à la défaillance des entreprises, avec pour conséquence, l’abandon des chantiers, la livraison tardive des marchés en phase d’études ou de travaux, ou encore leur résiliation. Entre 2019 et 2024, 27 marchés ont été résiliés, sans compter ceux clôturés sur la base d’un protocole d’accord sans grand bruit médiatique, question de sauvegarder le tissu des PME locales des conséquences de la résiliation pour défaillance», expose Emmanuel Nganou Djoumessi. Grosso modo, il s’agit d’un panorama qui regroupe, à la fois, une faiblesse du tissu entrepreneurial local dans le secteur des travaux publics, une faible productivité des entreprises locales et des limites de l’implication des investissements privés.

En guise d’explication
Guillaume Wamal (président de l’Association nationale des entreprises de l’entretien routier, du bâtiment et des travaux publics du Cameroun) élargit le champ. «Le tissu des PME structurées et professionnelles constitué au sortir du programme de relance de l’économie qui a connu son point d’achèvement en 2006 s’est littéralement effondré. Les causes de ce constat sont essentiellement: les retards importants dans les paiements des décomptes des travaux; la dégradation des performances du Fonds Routier suite à la loi de finances 2011; la discontinuité des activités des entreprises en raison d’un carnet de commande erratique, l’Etat étant l’unique client. La fin d’un contrat signe l’arrêt des activités de l’entreprise si elle ne bénéficie pas d’un autre contrat; la frilosité des banques dans l’accompagnement des entreprises en raison des délais de paiement des décomptes des marchés publics non maitrisables; l’entrée dans la profession des prestataires non professionnels», confie-t-il à Intégration.
D’après Guillaume Wamal, «le problème ne peut connaître une solution qu’avec la réhabilitation et la consolidation du tissu pérenne des PME professionnelles et la promotion d’un climat des affaires propice à leur essor».

Ongoung Zong Bella

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