Prix du riz à Yaoundé : la marmite de la spéculation mijote

Depuis quelques jours, la reprise des exportations indiennes pose les jalons d’un triste constat qui se prolonge chaque jour et qui oblige à penser les faits autrement.

Marie O., dit avoir pris le parti de vendre le kilogramme de riz « non-basmati » à 500 FCFA. « Des contrôleurs de prix sillonnent partout et j’ai peur d’être prise dans leur filet. Mais quand je peux vendre à plus de 500, je joue le jeu », confie cette commerçante abordée au marché de Mfou (Mefou-et-Afamba) ce 11 octobre 2024. Si les mots soulignent à grands traits « la peur du gendarme », l’appréciation qu’ils imposent rappelle implicitement que la baisse du prix du kilogramme de riz, récemment accueillie avec joie par les consommateurs n’est pas appliquée sur le marché. « C’est le cas au marché Mvog-Mbi où nous avons pris en flagrant délit de spéculation une vingtaine de demi-grossistes », souffle un agent du ministère du Commerce (Micommerce). A l’en croire, certaines manœuvres, par leur singularité, retiennent l’attention. « Quelques commerçants épinglés nous ont confié que leur riz acheté au prix fort ne saurait être écoulé suivant un ordre ministériel qui ne tient pas compte des difficultés des marchands. D’autres créent des entrepôts fictifs afin d’officialiser le manque de riz dans tout le marché ; c’est ce que nous avons observé dans l’arrondissement de Yaoundé 2. D’autres encore, plus rusés, escroquent sur la marchandise en vendant des variétés de riz superbement mélangées dans un même sac ; ces gens sont curieusement incapables de donner un récit fiable à cette pratique », renseigne notre source.

A l’évidence, en présence de tels ressorts, dans certains marchés de Yaoundé par exemple, l’annonce de la baisse du prix du sac de riz est vécue comme une guerre civile légale entre contrôleurs de prix et commerçants. « De nombreux vendeurs de riz font à ce que tout puisse coïncider avec leur sens de spéculation et donc de contrôle du marché. Pour leur part, les agents du Mincommerce perçoivent la situation comme un fromage dont il s’agit de profiter par tous les moyens », soutient Barnabé Ondobo, défenseur des droits des consommateurs. Selon lui, bien que les prix du kilogramme de riz soient appelés à baisser, « ce n’est pas si tôt que l’on pourra atteindre de la perspective de tout profil sain et neutre dans nos marchés ».

Ongoung Zong Bella

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