Le chef de cette communauté rwandaise à Yaoundé jette un regard sur un vote en lequel il place de nombreux espoirs.
Le 15 juillet 2024 se tiennent les scrutins présidentiel et législatif au Rwanda. Paul Kagame au pouvoir depuis 2000 est candidat à sa propre succession pour un quatrième mandat de cinq ans. Seule la diaspora rwandaise est habilitée à voter au Cameroun. Les réfugiés sont bannis du processus électoral. «D’habitude on ouvre un bureau de vote pour la diaspora non refugiée, elle vote souvent à l’école publique de Bastos», confie Franck Rwaka, commerçant rwandais. Selon l’interlocuteur, tous les rwandais souhaitent bien participer aux scrutins, mais leur statut de réfugié, leur interdit de voter. «Ils sont nombreux qui sont encore sous les menaces du pouvoir de Kigali», explique-t-il. «On ne saurait parler de véritable démocratie au pays». Le président de la République gouverne le pays avec une main de fer. C’est la dictature. Or s’il y a la liberté d’expression, la bonne gouvernance, un espace politique inclusif «les rwandais éparpillés en Afrique centrale et en Europe, peuvent rentrer au bercail, et apporter leur pierre dans la construction de l’édifice», regrette Franck Rwaka. Le génocide au Rwanda en 1994, entre Hutu et Tutsi a laissé une plaie béante, les séquelles demeurent. Et tous ceux qui ont fui, attendent des pouvoirs publics une décrispation de l’espace politique. «Seul l’espace politique ouvert au débat, va permettre que nous rentrons au pays, lorsque les jeunes rwandais du pays sont muselés, ceux qui sont à l’extérieur ne peuvent pas prendre l’initiative de rentrer au pays», lâche l’interlocuteur qui a requis l’anonymat. Il faut «une réelle politique de réconciliation nationale, qui met l’accent sur la stabilité du pays», poursuit-il. Pour parvenir à ce résultat, le président Paul Kagamé doit «rassembler tous les enfants de la nation de tout bord, instaurer le dialogue national, demander les avis des uns et autres pour que ensemble ils décident de l’avenir du Rwanda. S’il le fait tout le monde pourra participer à l’action publique. C’est ainsi qu’il pourra s’attirer les faveurs des enfants de la nation», explique Franck Rwata.
Economie
Le Rwanda connait une certaine embellie sur le plan économique depuis la fin du génocide en 1994. L’économie repose sur l’agriculture, qui représente environ 56% de l’emploi du pays et 25% du PIB. Selon Franck Rwaka, tout n’est pas noir. Il y a des avancées. Même si l’on note que le niveau de pauvreté reste encore élevé. Selon les informations qui lui parviennent du pays, il est impossible aux Rwandais de se procurer le repas deux fois par jour. Le chômage reste d’actualité. Les jeunes fréquentent mais au final, font face à des réels problèmes d’insertion. A l’instar des autres pays de l’Afrique centrale, les jeunes fréquentent, se forment, mais sont contraints d’embrasser d’autres activités ou métiers pour leur survie, et soutenir la famille. «Le Rwanda a besoin de ses enfants, pour son développement économique inclusif, la stabilité gage d’une paix durable», conclut un autre interlocuteur.
Olivier Mbessité
