Polices d’Afrique centrale : place aux unités spécialisées d’enquêteurs en cybercriminalité

Vingt-cinq (25) stagiaires issus des six pays de la Cémac sont en session de formation (niveau1) à Yaoundé. L’initiative du Comité des chefs de police d’Afrique centrale (CCPAC) vise à renforcer leurs capacités dans les domaines ci-après : l’investigation numérique (digital, forensique), le processus d’extraction et de collecte, de préservation et d’analyse de preuves numériques dans le cadre d’une enquête criminelle ou civile.

Le portrait-robot du policier en zone Cémac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) se peint dans la capitale camerounaise depuis le 25 novembre 2024. Ce policier, dans ses grands traits, sera en mesure de relever les défis liés aux infractions (toujours croissantes) commises dans le cyberespace, notamment des usurpations d’identité, des vols de données, des escroqueries, des fraudes par courrier électronique, des harcèlements, etc. « Ces actes qui peuvent avoir des multiples conséquences dramatiques pour les victimes ont fait l’objet d’une très grande préoccupation au regard des connexions évidentes qui existent entre la cybercriminalité et les autres formes de criminalité organisée, tels que le terrorisme et divers trafics », indique le Secrétaire permanent du CCPAC, Esaïe Ovono Eyi Mezui.

Au terme de la formation de cinq jours, les stagiaires auront acquis des connaissances pointues dans quatre modules de base nécessaires dans la lutte efficace contre les cybercriminels. Primo la saisie des données numériques qui passe par l’élaboration d’une fiche de saisie des matériels tels que le disque dur, la clé USB ou l’ordinateur portable. Secundo la création d’images avec le logiciel FTK imager. Tertio l’analyse des données avec les logiciels Volatility et Autopsy. Quarto la rédaction de procès-verbal d’exploitation technique. Dans un monde de plus en plus interconnecté, les forces de sécurité sont appelées à s’adapter à ces différents outils, pour bien adresser les nouvelles formes de criminalité en relation avec le cyberespace.

A noter, le stage régional de formation sur la lutte contre la cybercriminalité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du deuxième Conseil du Comité des chefs de police d’Afrique centrale et du vingt-deuxième Forum des Ministres en charge des questions de sécurité en Afrique centrale. Lors de ces travaux statutaires, tenus les 08 et 09 septembre 2022, consacrés à l’évaluation annuelle de la situation sécuritaire en Afrique centrale, plusieurs phénomènes criminels avaient été relevés, notamment le terrorisme, les trafics divers, la cybercriminalité, etc. Le stage régional de formation sur l’analyse forensique numérique sera suivi par deux autres stages sur des thématiques complémentaires à déterminer par le CCPAC et ses partenaires. Objectif : des unités de polices spécialisées imbattables dans la lutte contre la cybercriminalité dans toutes ses formes. Avis aux criminels numériques. 

Thierry Ndong Owona

Ils ont dit

Esaïe Ovono Eyi Mezui, lieutenant – colonel de police, Secrétaire permanent du CCPAC

« Le CCPAC prend ses responsabilités contre les cybercriminels »

Nous avons la charge de la sécurité dans toute la zone Cémac. En 2022, une réunion des chefs de police a fait l’état de la sécurité dans la région. Il en ressort que la cybercriminalité est l’une des criminalités les plus importantes en Afrique centrale. Aussi le CCPAC a pris ses responsabilités pour organiser cette session de formation à l’intention de nos officiers de police et de gendarmerie en charge des investigations dans le domaine de la cybercriminalité. 

Parmi les techniques au menu de la formation, il y a la collecte et la conservation des données à mettre à la disposition de la justice dans le cadre d’une enquête policière.

La forensique, c’est la police technique et scientifique. C’est le domaine dans lequel nous renforçons les capacités de nos officiers de police.

Ismaila Ngom, Expert et formateur en cybercriminalité

« Collecter, interpréter et analyser les données à l’effet d’avoir des éléments de preuve »

La cybercriminalité n’est rien d’autre que l’ensemble des techniques basées dans le domaine des télécommunications et de l’informatique pour commettre une infraction. En tant qu’expert de la cybercriminalité, notre objectif principal est de rechercher ces personnes-là par des outils sophistiqués légalement reconnus.

Pour la police comme ailleurs, il y a toujours un besoin de formation supplémentaire. Car les cybercriminels ont souvent une longueur d’avance sur les forces de l’ordre et de sécurité. Ces forces ont donc besoin d’être outillées, avec des formations et des équipements pointus, pour pouvoir traquer ces criminels dans le cyberespace.

La formation est focalisée sur les investigations légales à partir des ordinateurs, des serveurs et des clouds. Elle est basée sur tout ce qui recueille et collecte les informations sur l’ordinateur d’une personne interpellée pour soupçon ou identification. L’investigateur doit être en mesure de collecter des données, de les interpréter et les analyser, à l’effet d’avoir des éléments de preuve. Cela peut concerner une personne physique ou une entité telle qu’une entreprise ou une banque.

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