Pénurie de pétrole lampant: ceux qui se font la part belle

Au détriment des populations, quelques individus vendent le liquide au gré de leurs appétits financiers à Yaoundé.

Après plusieurs minutes passées dans la file d’attente, Hermine sort de la boutique de son quartier, le visage froncé et la mine défaite. Son bidon de 5 L prévu pour contenir le pétrole qu’elle était venue acheter est vide: «J’ ai fait le tour de presque toutes les boutiques et les stations à essence du coin, pas de pétrole!», s’écrie-t-elle, récipient vide en main.
Dans sa quête de pétrole, elle parvient finalement jusqu’à un point de vente. Il s’agit d’une boutique, l’une des rares à en vendre. Mais Hermine n’est pas au bout de ses peines. «Combien coûte le litre de pétrole?», demande-t-elle au gestionnaire. «800 FCFA», répond-il, d’un ton froid. La femme est abattue.
C’est que, explique un riverain, les revendeurs de pétrole sont entrain de faire fortune, du fait de la pénurie. «Un litre de pétrole acheté à 350 F à la station est revendu à 700/800 FCFA, voire 1000 FCFA. Bref, les prix varient selon le bon vouloir de chaque vendeur», déplore-t-il. Calculette en main, il tente d’évaluer les gains des commerçants. «Soit un bénéfice de 100 à 150%».
Amina une maman bien connue nous confie: «j’ai acheté 20L de pétrole à la station. Il y a du pétrole à la station du CFTA EKounou» . À cette nouvelle, une autre dame se lève, prend son bidon et se rend immédiatement dans ladite station . Le visage fermé, le serveur leur annonce qu’il n’y a pas de pétrole. À cause des nouvelles qui vont vite, un attroupement se forme sur les lieux. Le refus du gérant suscite quelques protestations. Mais celles-ci restent vaines. Les bidons des femmes restent vides.
Rendus à cette station-services, le pompiste nous fait comprendre que les livraisons sont rares et incertaines. Et c’est la raison pour laquelle, explique-t-il, il ne saurait nous dire quand est ce que le précieux sesame sera disponible pour le bien de tous. À cause de cette pénurie, les reserves de pétrole finit aussitôt deux à trois heures après livraison. Ce d’autant plus que, soulève Jacques, “c’est devenu assez rare de voir le pompiste servir du pétrole à un client dans la ville de Yaoundé. Lorsqu’une station est repérée par un motoman, ce dernier s’en va tout de suite chercher les bidons de sa protégée où elle même afin de se rendre immédiatement à l’endroit où se cache le précieux sesame”. Dans le même sens, Certaines commerçantes nous font aussi savoir que les pompistes leur passent des coups de fil lorsque le précieux liquid leur parvient. Dans ce cas il faut le gérer avec un 2000 FCFA, apprend-on.

Marie Noelle Etoungou

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