Le Gabon ne rassure pas sur le plan économique. Et pour en donner la pleine mesure, l’agence de notation américaine Fitch Ratings rétrograde sa note souveraine de B- à CCC+ (degré élevé de risque de crédit). Elle suit sur cette tangente l’agence Moody’s qui a récemment réévalué sa considération du pays placé sous transition politique depuis près de deux ans. De fait, le Gabon présente déjà d’énormes risques de liquidité, avec des arriérés extérieurs de l’ordre de 165 millions de dollars en fin mai 2024 et une obligation de rembourser 605 millions de dollars de ses eurobonds en fin 2025. À cela, il faut ajouter une dette publique estimée à 70,4% du PIB; et qui devrait atteindre, 79% en 2026, largement supérieure au seuil régional de 70%.
L’inquiétude de l’agence se fonde surtout sur ses doutes quant aux capacités du gouvernement de transition à insuffler le changement. Précisément dans un contexte économique marqué par l’expansionnisme du gouvernement de transition. Lequel est par ailleurs engagé dans une augmentation de ses dépenses budgétaires. «Nous prévoyons que le déficit budgétaire augmentera pour atteindre 5,3% du PIB en 2025 et 5,8% en 2026, car les recettes pétrolières devraient diminuer en raison de la baisse des prix du pétrole et de la production à partir de 2025», souligne l’agence. À ces problèmes, il s’ajoute des options de refinancement limitées, et qui, si elles ont lieu, pourraient avoir un faible impact.
Louise Nsana
