Le souhait du gouvernement de passer du fuel à l’électrique remet au goût du jour le sempiternel problème des voies praticables et de la stratégie énergétique.
Yaoundé, capitale du Cameroun. En cette matinée du mois de juin 2024, un véhicule à usage taxi en provenance du carrefour Tropicana et en partance pour le quartier Mvan s’offre en spectacle. En voulant sortir de l’un des vastes nids d’éléphants situés à quelques mètres dudit carrefour, sa roue saute brusquement, poursuivant sa course folle sur la chaussée. Quelques secondes suffisent pour que la jante du véhicule, à la merci des restes du quidam, se torde. Impossible de remettre la roue en place, le dispositif y relatif étant hors service en l’état. Les deux mains sur la tête, le chauffeur évalue le manque à gagner. Devenus légions sur nos routes, les nids de poule se rendent souvent responsables d’incidents techniques de ce genre.
Et c’est précisément dans ce contexte que le Cameroun, comme le Rwanda, souhaite basculer à l’automobile électrique. C’est du moins ce qu’a exprimé son ministre des Transports, Ernest Massena Ngalle Bibehe le 11 juillet 2024, lors de la séance de travail de lancement du Programme de promotion de la mobilité électrique qu’il a présidée à Yaoundé. Objectif, établir une feuille de route dudit programme.
Résolutions
Séance tenante, plusieurs aspects techniques du projet ont meublé les échanges. Au rang de ceux-ci, l’on note les tests et homologation des véhicules électriques, le choix des technologies relatif aux infrastructures de recharge, la disponibilité de l’énergie électrique, la formation des professionnels sur les aspects techniques des véhicules électriques et des bornes de recharge, ainsi que la stratégie de gestion des matériaux sensibles utilisés pour la fabrication desdits véhicules, après usage.
À l’issue des échanges, l’assistance a résolu de créer un groupe de travail multidisciplinaire qui va intégrer les différentes administrations concernées ainsi que le secteur privé. Celui-ci devra faire un état des lieux des acteurs qui existent, de ses potentialités, de la disponibilité de l’énergie. Selon le Pr Valérie Ongolo Zogo, conseiller technique n°1 au Ministère des Transports, «ce sera le diagnostic du cadre institutionnel pour savoir si les véhicules électriques déjà importés ne sont pas en marge de la réglementation et savoir ce qu’il y a dans la réglementation sur la mobilité électrique». Pour finir, il sera question d’évaluer l’offre et de la demande. L’implémentation de ce programme s’inscrit donc dans la continuité de l’initiative qui avait conduit le Cameroun à l’usage de trois voitures électriques lors de la Can TotalEnergie 2021 tenue sur son sol en 2022.
Joseph Julien Ondoua Owona
