Présent depuis de nombreuses années sur le marché de l’enseignement supérieur, le système LMD s’est imposé dans les pays de l’espace Cemac. Mais lorsqu’on évoque la question de l’adoption de cycles de formation communs à toute la sous-région, des obstacles divers contrarient le processus.

Amorcé depuis 2024, dans l’intention de créer un espace sous régional d’enseignement supérieur commun aux pays membres de la Cemac, ledit processus est à la peine. A ce jour, les différents dispositifs universitaires de formation au sein de l’espace communautaire ne sont toujours pas harmonisés. «Nous avons constaté qu’il n’y avait pas une harmonisation et une harmonie au niveau des systèmes. Qu’entre pays, il y avait des différences dans l’application du système LMD. Et puis, même qu’à l’intérieur de chaque pays, d’une université à une autre, on ne parlait pas du même système. On parle du système LMD, mais le contenu n’était pas le même», a constaté Fulgence Likassi-Bokamba, Commissaire en charge de l’éducation, de la recherche et du développement social chargé des droits de l’homme et de la bonne gouvernance, à la Commission de la Cemac. «Il y a des responsables qui étaient plus conservateurs et qui n’ont pas voulu introduire cette réforme. D’autres se sont dit: «pourquoi pas! Ça viendra demain, pourquoi ne pas commencer aujourd’hui et d’autres qui attendent l’imposition et qu’on les mette devant le fait accompli d’introduire la nouvelle réforme», souffle un expert ayant requis l’anonymat.
Examen
Alors, il faut faire le diagnostic de la situation. D’où la tenue à Douala, de l’atelier de restitution et de validation des résultats de l’évaluation de l’état de la mise en œuvre du système. Etalés du 23 au 26 janvier 2025, les travaux de Douala visent non seulement à évaluer le chemin parcouru, mais également à marquer un temps d’arrêt autour des défis persistants, en vue d’une accélération du processus. A cet effet, représentants des ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique des pays de la Cemac et responsables des institutions communautaires de formation s’emploient à un examen approfondi des contraintes et des enjeux en vue de l’adaptation des universités aux exigences des nouveaux standards économiques internationaux. «C’est-à-dire réfléchir sur comment faire en sorte que ce système respecte les normes de LMD, et ensuite que les Etats encourent un maximum de profit», a ajouté le Pr Jean-François Owaye, expert à la cellule LMD-Cemac/Gabon.
Selon des sources proches du dossier, «les résultats de cette réflexion permettront de mieux comprendre les raisons des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du système LMD et d’élaborer une stratégie sous-régionale pour une harmonisation plus poussée». Cette stratégie, apprend-on, sera soumise aux plus hautes autorités de la Communauté pour examen et adoption.
