Après la série d’affrontements entre Bamoun et Tikar, ils s’appliquent stopper toute situation susceptible de déranger la tranquillité publique.

Ce 9 aout 2024, à Magba (un arrondissement situé dans le département du Noun, région de l’Ouest) les hommes menés par le colonel commandant légion de gendarmerie de l’Ouest Abba Saïdou sillonnent les rues. Faute de parvenir à repérer des signes évidents d’un possible trouble, les pandores portent une attention ciblée sur quelques lieux bruyants. Face aux citoyens qui ne sont pas catégorisés comme sources de troubles (potentiels), les gendarmes cherchent à conserver un équilibre précaire entre leurs possibilités d’actions et les attentes (supposées) de la population. « Notre activité de repérage et de traitement des troubles et nuisances qui surviennent dans les espaces publics occupe une partie de notre travail de terrain. Et pour cela, notre regard oscille entre réprobation et bienveillance et cela implique une forme de surveillance et un certain contrôle social prenant la forme de rappels à la norme. Nous devons nous rendre visibles et montrer notre disponibilité à tous les citoyens », renseigne une source de première main.
Selon celle-ci, c’est le lancement du festival Nguon qui a fait retentir la chape de plomb entre communautés Bamoun et Tikar, hier 8 aout 2024. « Ce lancement a été programmé dans tous les arrondissements du Noun. Mais le Tikar s’y sont farouchement opposés en alléguant qu’ils sont régulièrement traités comme des sous-hommes par les Bamouns », explique un gendarme. Selon ce dernier, casses, incendies des habitations et exactions diverses impliquant quelques ressortissants des deux communautés ont été perpétrés à Magba. Plus grave : la résidence du lieutenant-colonel Machou Zakariaou (com 21eme bataillon d’appui basé à Kumba) a été mise à sac par des individus encore non identifiés.
Au vrai, indiquent d’autres sources locales, la situation entre les deux parties est précaire depuis le 3 février 2023. Ce jour-là, apprend-on, un Roi Tikar aurait appelé le Roi Bamoun « mon fils ». Outrée, la garde du sultan Sa majesté Nfonrifoum Mbombo Njoya Mouhamed Nabil va brutaliser le souverain Tikar et arracher le micro qu’il tenait à la main. Un affrontement qui va provoquer l’ire des populations Tikar. Pour venger leur Roi, qu’ils considèrent avoir été humilié, ils ont pris d’assaut les rues de Magba, détruisant à leur passage commerces et propriétés appartenant aux Bamouns. Jean-René Meva’a Amougou
