Rompu au commandement territorial, l’administrateur civil principal hors échelle est également le président du Comité de développement du Groupement Mvog-Amougou II. Il donne ici quelques repères de son action au sein de sa communauté d’origine.

M. le président, merci de vous présenter à nos lecteurs.
Je suis M. Luc Ndongo, administrateur civil principal hors échelle. Je suis dans le commandement territorial. Actuellement, je suis conseiller technique N°3 au ministère de l’Administration territoriale après avoir occupé sept postes de sous-préfet et trois postes de préfet dans les Hauts-Plateaux, de la Vina et du Haut-Nkam.
C’est suite à ma cooptation par les notabilités coutumières de mon village d’origine qui se trouve être dans le Groupement Mvog-Amougou II qui comprend 10 chefferies de 3ᵉ degré. Ces notabilités coutumières ont fait de moi le porte-parole du Groupement et le président du Comité de développement du Groupement.
Dans le cadre des activités dudit Comité de développement, nous avons jugé utile de lancer un festival dénommé «Festival Sports Vacances Culture Tourisme». Ce festival a plusieurs objectifs. Le premier: rassembler la jeunesse pendant la trêve scolaire et inciter cette jeunesse à mener des activités saines loin de certains fléaux que nous avons observés dans quelques contrées du Groupement.
Second et troisième objectifs: l’émulation sportive et la rencontre de tous ces jeunes en vue du raffermissement des liens de solidarité entre jeunes et parents. Il est également question de ressourcer nos jeunes en mettant un accent particulier sur notre identité culturelle et nos traditions.
Le Festival comprend de nombreuses activités. Je citerai les danses et la gastronomie traditionnelles, des rites et coutumes tels que pratiqués anciennement et la promotion des sites touristiques de notre Groupement. Je parle notamment du point de rencontre de deux grands fleuves, la Mefou et le Nyong. C’est un lieu de spectacle qu’il faut visiter. La particularité étant que sur environ cinq kilomètres, les deux cours d’eau ne se mélangent pas.
Dans le cadre de ce festival qui est en cours, l’on a vu des choses perdues de vue depuis des lustres dans notre contrée. Je parle spécifiquement de l’accueil qui a été réservé à monsieur le préfet du département de la Mefou-et-Afamba représenté par l’un de ses adjoints. Celui-ci a été porté sur une chaise à porteurs traditionnels. C’est l’une des images fortes de la cérémonie d’ouverture du festival que nous comptons reproduire lors de la clôture. Il faut relever que tous les invités installés à la tribune officielle ont dégusté des plats traditionnels. Ceux qui étaient là ont pu voir un bâton de manioc qui mesurait plus de 30 mètres.
Par la même occasion, nous avons intégré des danses et des sports traditionnels tels que le Ngueg, le Ngneng…Nous sommes ouverts au monde, c’est vrai. Mais nous sommes Africains et nous pensons que nos jeunes doivent être imprégnés de nos traditions.
À vous écouter, l’on a relevé trois verbes dans vos propos. Vous avez parlé de «renaître», «retremper» et de «ressourcer». Si l’on s’en tient aux sens premiers de ces verbes, l’on devine aisément que vous entendez impulser une nouvelle dynamique au sein du Groupement Mvog-Amougou II. Confirmez-vous cela?
Vous ne vous êtes pas trompés. Il s’agit bien d’un nouvel essor, tant il est vrai que, antérieurement, nous nous contentions juste d’un championnat de football. Cette fois, nous avons ajouté les aspects culturel et touristique, afin de permettre au Groupement Mvog-Amougou II de retrouver une visibilité sur la scène nationale et internationale.
Ceux qui interprètent votre enthousiasme à la tête du Comité de développement du Groupement Mvog-Amougou vous prêtent, à tort ou à raison, d’autres intentions. Que leur répondez-vous?
Vous savez, quelqu’un disait que ceux qui sont actifs ont en face d’eux trois catégories de personnes: ceux qui veulent faire la même chose ; ceux qui ne peuvent pas la faire et ceux qui ne veulent rien du tout. J’ai vu beaucoup de choses partout où j’ai servi, que ce soit à l’Ouest, au Centre, au Sud, au Littoral, à l’Extrême-Nord ou encore dans l’Adamaoua. J’ai acquis beaucoup d’expérience ; et c’est cette expérience que j’entends mettre au service du Groupement Mvog-Amougou II.
En tant que président du Comité de développement, quelle est votre astuce dans une contrée réputée être la plus peuplée de l’arrondissement de Mfou?
Il se trouve que je suis accessible. Ma porte est largement ouverte. Je reçois, au bas mot, une centaine de personnes toute la journée quand je suis au village. Quand les moyens me le permettent, j’aide ceux qui sont dans le besoin. Dernièrement, j’ai offert deux motos à deux paroisses catholique et protestante. Parfois, j’apporte ma modeste contribution à quelques familles endeuillées.
Nous avons commencé nos activités en janvier 2023. Mais, dès novembre de la même année, nous avons réfectionné le pont sur la rivière Mba’a. Cela a permis la viabilisation des deux voies d’accès dont dispose notre Groupement. Nous avons, pour cela, mobilisé près de 200 jeunes qui, en moins de deux heures, ont rendu la circulation fluide.
Par ailleurs, nous avons participé à toutes les activités liées au 11 février, au 8 mars, au 20 mai. Des activités agropastorales ont été également menées avec le défrichage des parcelles de forêt pour faire de nouveaux champs.
Pour reparler, si vous le voulez bien, du Festival Sports Vacances Culture Tourisme», quelles sont les dernières actualités de cet événement?
Mon épouse et moi y avons mis nos économies à hauteur d’un million FCFA comme caution. Nous nous réjouissons de l’affluence observée lors des rencontres sportives au stade de l’École publique de Ndangueng II. Les équipes viennent de Mbalmayo, de Yaoundé et d’ailleurs. Cela prouve que les jeunes ont adhéré à l’idée et nous en sommes particulièrement fiers.
Nous allons sortir de cet entretien. Quel message lancez-vous à l’endroit de ceux qui vous lisent?
Un vibrant appel à tous les natifs du Groupement Mvog-Amougou II. Que toute l’élite et les forces vives viennent s’associer à nous afin que notre contrée soit plus forte.
Mr le Président, merci d’avoir répondu à nos questions
C’est moi qui vous remercie. Et j’encourage votre label médiatique à accompagner les communautés, comme il l’a toujours fait.
Propos recueillis par
Bobo Ousmanou
