«Tout citoyen communautaire a le droit de circuler librement ou de séjourner dans un État membre de la Cemac, pour une durée n’excédant pas trois mois (90 jours), sous réserve de la détention de pièces suivantes : une carte nationale d’identité biométrique, une carte d’identité Cemac, un passeport biométrique ou un passeport Cemac, homologué, en cours de validité ». Ceci est contenu dans une circulaire signé le 23 septembre 2024 par Bienvenu Zokoue, le directeur général de la police nationale (DGPN) de la République Centrafricaine.

Bien avant, des mesures similaires avaient été prise par les autorités camerounaises et tchadiennes. Il est à noter que, ces directives s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de l’acte additionnel du 1er avril 2019, qui consacre la politique commune d’émigration et d’immigration entre les États membres de la Cemac. Dans ce document il est dit que tous les ressortissants des pays membres de la Cemac désirant se rendre dans un autre pays de l’espace communautaire sont désormais exemptés de visa, sous réserve de présenter un passeport biométrique ou une carte nationale d’identité valide. Les pays concernés sont le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la Guinée Équatoriale, le Gabon, la République centrafricaine et le Tchad.
Notons que depuis plusieurs années, la question de la libre circulation des personnes est une des pierres d’achoppement entre les Etats membres de la Cemac. Cette mésentente est liée à une multitude de raisons, dont certaines participent de constructions imaginaires développées en particulier au Gabon et en Guinée équatoriale. « Trois grands mythes sous-tendent le refus manifeste de ces deux Etats d’appliquer le principe communautaire de la libre circulation des personnes ; il s’agit des mythes de l’invasion démographique, de la spoliation économique et de la perversion sociale associée à la délinquance d’origine étrangère », peut-on lire dans une publication de journals.openedition.org.
Ongoung Zong Bella
