Bartimée, nom que l’on peut traduire par «fils de l’honoré», n’était pas honoré par les hommes de son temps. Mais Jésus va l’honorer, en le guérissant et en l’intégrant dans cette société qui l’avait exclu.

Les disciples voulaient le faire taire, ils trouvaient qu’il était un casse-pieds. En leur demandant de l’appeler, Jésus désire leur faire comprendre que Bartimée a, lui aussi, du prix aux yeux de Dieu, qu’il mérite d’être respecté et honoré plutôt que d’être rejeté et méprisé à cause d’une infirmité dont il n’est nullement responsable.
Les disciples ont tenté d’étouffer le cri de détresse de Bartimée, probablement parce qu’ils avaient besoin de tranquillité. Mais peut-on se reposer quand certains frères sont aux prises avec la maladie ou l’exclusion, quand ils sont obligés de faire la manche pour survivre? Pour Jésus, notre petit confort n’est pas plus important que la souffrance de nos semblables. Il en donne lui-même l’exemple en s’arrêtant pour parler avec Bartimée et le guérir de sa cécité alors qu’il est en route pour Jérusalem où il sera moqué, insulté et mis à mort.
Le risque existe toujours de s’enfermer dans sa bulle, de refuser de s’arrêter pour donner un coup de main, parce que soi-même on a du mal à régler ses problèmes. Le risque existe toujours de penser que nous devons nous occuper d’abord de nos affaires, de prendre soin de nous-mêmes en priorité. C’est tout le contraire que nous montre le Nazaréen dans l’évangile de ce dimanche 27 octobre 2024. La tentation existe toujours de décourager ceux qui veulent briser les chaînes qui les tiennent captifs. Un chrétien devrait encourager, stimuler, motiver, dire: « N’abandonne pas! »
Les Bartimées d’aujourd’hui, ce sont, par exemple, les pays de l’AES désireux de cesser de mendier au bord du chemin. Ils ont besoin d’être encouragés parce qu’ils mènent un combat difficile mais noble. C’est pour nous tous qu’ils se battent.
Jean-Claude Djéréké
