Ce matin, j’ai échangé avec un jeune compatriote qui vit au pays. Son prénom est Ulrich. Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, il avait 18 ans et militait dans la Jeunesse ouvrière catholique (JOC). Aujourd’hui, il est trentenaire et exerce un boulot qui lui permet de vivre décemment. Lorsqu’il m’a appelé et que nous nous sommes salués, il a commencé par la question suivante: «Où devrais-je payer ma dîme?» «Dans ta paroisse», lui répondis-je. Lui: «Ma conscience me commande de la verser au pasteur qui m’a aidé à avoir mon job actuel». Pendant les 8 ans que j’ai passés sur ma paroisse, ni le curé ni les laïcs chefs d’entreprises ou bien placés dans la société ne nous ont donné un coup de pouce, mes amis et moi. Personne ne nous a donné la chance de mettre en pratique les connaissances accumulées jusqu’au Master. Nous étions bons uniquement pour placer les bâches et chaises lors des fêtes organisées par notre paroisse. Sans travail, je n’arrivais plus à payer le studio qui me coûtait 60.000 francs CFA par mois. Un jour, un ami de l’Église évangélique me raconta qu’il sortit du chômage parce que son pasteur le confia à l’un des membres de l’église. Celui-ci le mit en contact avec une autre personne qui dirigeait une petite entreprise. Il m’invita ensuite à venir prier dans son église, ce que je ne refusai pas. Et le pasteur avec qui j’échangeai longuement fit pour moi la même chose qu’il fit pour mon ami, c’est-à-dire qu’il me connecta à un autre fidèle qui m’embaucha dans sa «boîte» deux semaines plus tard».
Moi: «Je confirme que ce genre d’aide existe dans les églises évangéliques. C’est une excellente chose et je pense que les disciples du Christ devraient faire la même chose partout où ils sont implantés car la foi sans les œuvres est une foi morte comme le corps sans âme (Jacques 2, 26). On dit souvent que ce qui fait la force des Francs-maçons et des Rosicruciens, c’est leur solidarité, leur capacité à voler au secours des frères qui sont dans le besoin.
Pourquoi les catholiques africains sont-ils à la traîne dans ce domaine? Pourquoi l’Association des cadres catholiques, l’AFEC et d’autres mouvements demeurent-ils passifs et immobiles devant le chômage qui frappe nombre de jeunes catholiques?
Lui: Ils sont tout simplement méchants. Ils ne veulent pas aider. Moi, je suis resté catholique mais je connais beaucoup de jeunes catholiques qui sont devenus évangéliques parce que c’est cette communauté qui s’est occupée d’eux quand ils avaient besoin d’aide.
Chers amis et frères catholiques, partagez-vous l’explication d’Ulrich? Pensez-vous que les curés et conseils paroissiaux devraient imiter l’exemple des Évangéliques?»
Jean-Claude Djéréké
