Embellir la ville d’Abidjan, y mettre de l’ordre, tout cela est certainement louable mais est-ce la chose la plus importante dont les Ivoiriens ont besoin aujourd’hui? Est-ce que c’est leur priorité? Je pose ces questions parce que, si je me fie au témoignage des compatriotes vivant ou ayant passé quelques jours dans la capitale économique, les ponts construits ces dernières années n’ont pas diminué les embouteillages et n’ont donc pas rendu conducteurs et passagers moins stressés qu’avant. La priorité, pour moi, c’est plutôt, en premier lieu, de transférer plusieurs ministères et institutions à Yamoussoukro. Cela désengorgerait Abidjan, y rendrait l’air plus respirable et réduirait le prix des maisons à louer. Il s’agit ensuite de doter les grandes villes de l’intérieur d’infrastructures vitales afin que les gens n’aient pas besoin de venir à Abidjan pour régler tel ou tel problème. Je suis certain que beaucoup d’Ivoiriens auraient fait la même proposition que moi si leur avis avait été sollicité au préalable, si on avait tout simplement appliqué la démocratie qui est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Quand un individu décide tout seul de raser des quartiers chargés d’une histoire ancienne, ce n’est plus la démocratie et ce n’est pas nécessairement pour le bien du peuple. Certains n’ont-ils pas commencé à dire que le régime de Ouattara rase ou détruit pour permettre à des hommes d’affaires étrangers de s’installer? Des hommes d’affaires qui en retour lui verseraient des millions. De tels soupçons auraient été évités si on avait pris le soin d’interroger le peuple qui est le vrai et seul souverain. Ne pas le consulter est toujours une faute dans la mesure où “ce qui est fait pour moi sans moi est fait contre moi” (Nelson Mandela).
Jean-Claude Djéréké
