Le 4 septembre dernier, un communiqué de la Commission nationale anti-corruption (Conac) s’est scandalisé des pratiques de corruption liées au recrutement scolaire au Cameroun.

Sur la base des éléments qui sont les siens, la Conac ne s’est pas privée de signaler des cas des violations de la réglementation en matière de recrutement des élèves dans des lycées et collèges par certains chefs d’établissements. Parmi les dérives dénoncées, il y a le monnayage du recrutement dans les classes de 6e et de Form 1 en dehors des seuls concours réglementaires. Les montants évoqués sont de 100 000 et 80 000 FCFA pour une place en classe de 6e ou de Form 1 lorsque l’élève n’a pas été reçu au concours d’entrée en sixième», indique en substance Dieudonné Massi Gams, le président de la Conac.
Last but not the least…
Le communiqué souligne également que certains chefs d’établissements, sous «la pression» des différentes recommandations des autorités administratives, politiques et religieuses, procèdent à des recrutements massifs en marge des procédures réglementaires. Le président de la Conac rappelle que le monnayage des places constitue un acte de corruption, sévèrement puni par les articles 134 et 134-1 du Code pénal. De plus, les recommandations des autorités concernant le recrutement scolaire sont considérées comme des actes de trafic d’influence, également réprimés par l’article 161 du Code pénal.
L’article 134 du Code pénal dispose que tout fonctionnaire ou agent public impliqué dans des actes de corruption active peut être condamné à une peine d’emprisonnement de cinq à dix ans, ainsi qu’à une amende de 200 000 à 2 millions de FCFA. L’article 134-1, quant à lui, concerne la corruption passive et prévoit des sanctions similaires pour ceux qui offrent des dons ou des présents en échange de faveurs ou d’avantages.
Une analyse effectuée dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption élaborée en 2010 et validée par le gouvernement et les partenaires techniques en 2011, fait ressortir l’intensité de la corruption dans le secteur éducatif. Elle se situait alors à 7,16/10. Soit 6,4/10 pour l’Education de base, 7,5/10 pour les Enseignements secondaires, 7,8/10 pour l’Enseignement supérieur et 7,57/10 pour la Formation professionnelle.
JRMA
