A quelques jours de la célébration, le gadget reste inaccessible du fait de son coût et de sa disponibilité. Les astuces se multiplient parmi les femmes.

Rose, jeune dame d’environ 35 ans est très remontée cet après-midi du jeudi 13 février 2015. Ayant fait le tour des enseignes les plus réputées de Yaoundé, elle se désole: «Pour trouver le pagne même ici c’est compliqué!». «On m’a pourtant rassurée que les pagnes étaient déjà disponibles à ces endroits. J’y arrive, il n’en est rien», dit-elle. Sa colère est d’autant plus vive qu’elle se fait accoster par une dame qui la renvoie chez un démarcheur. Elle est loin d’être un cas isolé. Nombreuses sont les femmes qui veulent arborer ce pagne le jour-J, mais qui sont confrontées à la rareté et à la spéculation.
Bernadette, couturière, connait aussi le même désagrément. Pour garder la main auprès de sa clientèle, elle va acheter les tissus à la place de celle-ci. Dans les grandes surfaces de la capitale, le pagne est absent des étals. Pour avoir le nombre de pagnes qu’elle veut, elle doit proposer gros. C’est à dire acheter le tissu auprès des intermédiaires au prix fort. «Ils vendent le tissu à 17 000 FCFA alors qu’il doit coûter 7500 FCFA. Que vais-je dire à ces dames? Elles me prendront comme une voleuse», s’insurge la couturière.
Pour ne pas avoir de soucis de tissus, Angel, institutrice récupère les restes de tissu de cette édition, auprès de sa belle-sœur et les adjoint un à un à un autre tissu ordinaire. Elle parle de deux tons, «Je ne complique pas mon 8 mars. Chercher le tissu est trop compliqué. En plus les deuxièmes versions ne sont pas souvent de bonnes qualités. Mieux j’associe les chutes des femmes qui ont les premiers tissus», préfère cette enseignante du primaire.
L’option de Denise tranche avec la tactique d’Angèle. Même si elle aurait souhaité avoir l’étoffe maintenant, elle dit attendre la dernière semaine pour avoir la robe (Kaba). Selon elle, les derniers jours, on verra les Kaba déjà confectionnés. Plus encore, «les prix seront non seulement réduit, mais ils seront visibles dans tous les coins du Cameroun. Je ne me gêne plus lors des 8 mars», se justifie-t-elle.
André Gromyko Balla
