Joël Adechian : le business en ligne entre le Bénin et le Cameroun

Parti de son Dahomey natal, pour des études théologiques à Yaoundé au Cameroun, Joël Adechian est tombé amoureux de la ville aux 7 collines. Outre sa vie pastorale, Joël mène de nombreuses activités pour mieux gagner sa vie et aider sa famille restée au Bénin. Pour ne pas tout attendre de ses ouailles, le pasteur du ministère de la foi se lance dans la vente en ligne des produits manufacturés. Il excelle dans la vente des sacs et chaussures. Cette activité est très lucrative à l’en croire.

Ce samedi 19 octobre, Joël part de sa paroisse de Nkoabang pour Odza. Il a un colis à livrer. Il s’agit d’un sac à dos qu’il appelle complet (sac + sacoche et porte chargeur) à 7000 FCFA avec un supplément de 1000 FCFA au titre des frais de transport. Ce prix est surprenant pour Rosine. La cliente démarchée sur les réseaux sociaux, a cru à un canular. «Je croyais que c’était une annonce Fake. Trois pièces à 7000 FCFA? C’est incroyable? D’autres commerçants vendraient soit plus cher, soit séparément», s’étonne la dame. Joël Adechian, est pressé, il a d’autres commandes à livrer. Mais il est agréablement surpris lorsque Patrick, le moto taximan l’accompagnant lui apprend qu’il est à Abomey (quartier de Messamendongo), «c’est ta sœur du village. Ici c’est Abomey comme au Bénin». «Je comprends pourquoi j’ai reçu plusieurs commandes dans ces secteurs», se réjouit le béninois. Plutôt que de reprendre immédiatement la route vers Nsimalen pour une autre livraison, il appelle la cliente qui habite le même quartier que Rosine. Ils ne s’entendent pas sur le prix. Mais après avoir appris que cette dernière réside à Abomey, il change d’avis, «Je ne discute plus avec mes oncles. Je vais lui donner la chaussure au prix qu’elle propose. Nous sommes déjà des Béninois», s’amuse-t-il à dire. En attendant la venue de la dame, il réussit à vendre trois paires des chaussures ballerines dames à 20000 FCFA, «Abomey me porte vraiment chance», affirme le pasteur commerçant.

Ce dernier voit la prière et l’honnêteté comme les sources de son succès, «tu ne peux pas acheter un sac en Chine à 2000 FCFA pour le vendre à 20000 FCFA. Dieu punit toute personne qui ne mange pas à la sueur de son front. Je préfère avoir le petit bénéfice qui me permet de résoudre mes problèmes au Cameroun ou au Bénin», précise-t-il. Pour acquérir la marchandise, Joël passe la commande à ses frères vivant en Chine. Ces derniers lui expédient les produits via des agences de transport de fret reconnu internationalement, ou par des Camerounais. Il la reçoit aussi par l’intermédiaire de ses frères qui font escale au Cameroun, «C’est la réception qui est difficile, les Camerounais disent avoir peurs du vaudou. Ils transportent difficilement. Donc je préfère souvent les compagnies de transport ou les frères qui viennent. Parfois on me l’envoie depuis le Bénin ou le Nigeria», explique-t-il.
L’homme de Dieu, qui a commencé la vente des produits en ligne il y a moins d’un an, projette déjà acheter un terrain pour la construction d’une maison.

André Gromyko Balla

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