Jeux olympiques de Paris: le Cameroun décroche sa «médaille d’or»

Un fait curieux s’est accroché à l’actualité des Jeux olympiques de Paris 2024. Selon la presse française, un réseau piloté depuis le Cameroun vendait de faux tickets d’accès aux Jeux. À en croire ces sources médiatiques, les escrocs démarchaient leurs victimes sur Facebook avec une méthode bien rodée. Ils proposaient des billets pour assister à certaines épreuves équestres des Jeux olympiques. Mais, apprend-on, il s’agissait de billets imaginaires, vendus à 150 euros l’unité. Et chacune des victimes en a acheté plusieurs, avec un préjudice estimé à 15 000 euros. Les mêmes sources rapportent que les acheteurs, vivant en France ou à l’étranger, devaient virer le montant sur des comptes en ligne, avant d’accéder aux billets qu’ils ne recevront jamais. Quatre personnes ont déjà été interpellées.
Voilà qui met (une fois de plus) le Cameroun aux avant-postes de la scène de l’escroquerie internationale. Ontologiquement pervertie, cette scène s’avère être un monde structurellement à part. Un monde qui exprime l’énigme et le labyrinthe Cameroun. Bref, il s’agit d’un monde qui ne connaît pas de répit. Un monde qui s’alimente de ces astuces conçues pour promouvoir des impossibilités. Dans toute sa forme, ce monde de l’escroquerie organisée semble devenir cavité, concavité, pli, ligne courbe.
En fait, tout cela se décline en un thème : l’ingéniosité camerounaise et les moyens qu’elle se donne. Et pour le dire autrement, il vaut mieux insister sur la face cachée des startups. Si le discours officiel s’ingénie à promouvoir ces dernières du fait de leurs capacités à transformer positivement le quotidien des humains, ce même discours met également à nu un univers à l’envers. Sur ce dernier aspect, il y a des jeunes Camerounais qui, avec ou sans grands scrupules, font fortune. Et l’image que ces jeunes animent une mouvance perfide; laquelle participe curieusement de nouveaux modèles de la réussite fondés sur l’habileté et le savoir pratique. Parce que le monde est devenu une société de consommation généralisée, au moyen de l’implantation globale des réseaux de communication électronique, quelques esprits s’élèvent selon des schémas contraires au bien-être de l’humanité, en se mettant au service de l’escroquerie à l’échelle nationale et internationale. Si l’on s’en tient aux informations compilées par les autorités compétentes, au Cameroun, au moins 82 startups correspondent à ce portrait. Depuis quelque temps, nous dit-on, le phénomène entretient le sens du burlesque, tout en laissant circuler un cortège d’interrogations au sein de l’opinion publique. Il se déploie d’une manière inédite et trouve des échos tout aussi inédits… Comme ça se passe justement avec la « performance » du Cameroun lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Un scandale de plus. Un scandale qui, en un temps court, vient rappeler ces feymen de la fin des années 90. Ces gens à l’existence grandiloquente qui ont fini par faire croire aux jeunes que l’escroquerie est un bon itinéraire vers la réussite sociale.

Jean-René Meva’a Amougou

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