Additionné à de la terre, il est une ressource précieuse pour plusieurs jardiniers de la ville de Yaoundé.
Après avoir tondu la pelouse d’un particulier à Odza, Julius ne jette les débris de ces herbes, comme cela se fait habituellement. Aidé par son fils, il emballe le gazon tondu dans deux grosses bâches. En attachant ses ballots à l’arrière de sa moto, il attire la curiosité des enfants de son client. Dillan, l’un des enfants lui pose la question de savoir l’usage qu’il fera du gazon. Le jardinier explique: «Je les mélange avec de la terre pour obtenir un engrais naturel». Et s’il se donne toute cette peine, c’est davantage parce qu’il veut faire des économies. Puisque, ajoute-t-il, lorsqu’il se fait livrer un filet de gazon, il doit débourser 2 000 FCFA.
Processus
Pour Nestor, le gazon constitue un additif important dans le processus de fertilisation. Obtenir du fumier ou du compost est de plus en plus difficile. En achetant un peu de terre, il suffit de la mélanger avec du gazon pour obtenir de l’engrais. Une méthode dont dépend le métier de Nestor». Si je veux continuer avec ce métier de jardinier à Yaoundé, je dois être inventif. Alors je n’ai pas de choix que d’utiliser les herbes, le gazon est très facile à obtenir. Aujourd’hui, la terre noire coute les yeux de la tête», révèle-t-il. Or, ajoute-t-il, le gazon est une matière première très moins chère. Ce d’autant plus que «cette méthode de mélange gazon-terre est beaucoup plus utilisée pendant les saisons pluvieuses», précise le jardinier.
Au lieu-dit Nouveau marché aux fleurs à Nsam dans l’arrondissement de Yaoundé III, Hervé, trentenaire, arrose un gros tas d’herbe. En réalité, le jardinier utilise cette méthode pour accélérer la décomposition du gazon. Pour cela, il couvre la substance, après y avoir aspergé de l’eau. Au bout de deux jours, il obtient le mélange parfait pour cultiver ses fleurs. Avec cette méthode, Hervé, dit faire des économies. «Depuis que j’utilise du gazon mélangé à de la terre comme engrais, mes dépenses d’achat en terre noire ont diminué d’au moins 50%». Une fois le mélange mis dans les pots avec les semences dédiées, il commence «à les arroser en ajoutant de l’urée», mentionne-t-il.
Critique
Rencontrée au marché aux fleurs de Nsam, dame Hertz, une expatriée française et amateur du jardinage n’apprécie pas la formule terre-gazon. «Depuis un certain moment, j’achète les pots de fleurs et quand je les mets au sol, elles meurent. Quand ces fleurs résistent, elles n’ont pas une bonne mine. Tout est à la base», explique-t-elle.
André Gromyko Balla
