Intelligence artificielle: ces défis qui s’imposent à l’Afrique

Parce qu’il connaît une croissance exponentielle, le marché du numérique en Afrique devrait atteindre plus de 700 milliards de dollars d’ici 2050, d’après un rapport de la Commission Economique Africaine publié en 2022.

Et selon un rapport de Google et d’IFC (Société Financière Internationale), en cette année 2025, l’économie numérique en Afrique pourrait représenter 5,2% du PIB du continent. Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique: le développement de l’accès à des connexions internet plus rapides et de meilleure qualité, l’essor de la population urbaine, le renforcement du vivier de compétences high-tech, un écosystème de start-up florissant et l’ambition du continent africain de créer le plus vaste marché au monde avec la Zone de libre-échange continentale africaine. «L’économie numérique change et changera le cours de l’histoire de l’Afrique. C’est le moment de mobiliser le pouvoir des start-up technologiques locales afin d’apporter les solutions dont le continent a tant besoin pour améliorer l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux services financiers, permettre une relance durable et faire de l’Afrique un leader mondial de l’innovation dans le numérique et au-delà», suggère le rapport de Google et d’IFC, publié en 2020.


Ceci posé, cette expansion rapide offre de nombreuses opportunités pour développer le continent, tout en engendrant des défis significatifs. Aujourd’hui, les pays africains sont confrontés à six grands défis en matière de cybersécurité et d’intelligence artificielle. Le premier enjeu est culturel. Il est plus qu’urgent de démythifier cette idée fallacieuse selon laquelle la «question IA» et celles relatives à la cybersécurité ne touchent que les multinationales du Nord ou les grandes entreprises. Elle concerne par essence n’importe quelle organisation publique ou privée et plus généralement la société civile dans son ensemble.
Le deuxième enjeu touche à un aspect de priorisation. La cybersécurité et l’IA doivent être au cœur de la stratégie – pas seulement numérique – de nos États comme des entreprises. La responsabilité des gouvernements est de mettre en œuvre des stratégies cohérentes, inclusives et de long terme. Au niveau des acteurs économiques, la cybersécurité doit devenir un champ d’attention permanent, ce qui est encore trop rarement le cas.


Troisième enjeu, celui de la formation des acteurs tant publics que privés. Il est en effet vital de s’assurer que l’on développe des formations performantes et adaptées. Le quatrième enjeu est financier. Les budgets alloués à la cybersécurité et à l’IA demeurent insuffisants. Il faut faire davantage, dans les entreprises comme dans les organisations publiques. Autre question de taille, celle de la coopération et de la coordination entre tous les acteurs clés, permettant que nos pays restent dans le mouvement de transformation numérique, tout en protégeant nos données et nos infrastructures critiques. Dernier enjeu et pas nécessairement le plus anecdotique: il manque à l’Afrique, en matière d’intelligence artificielle ou de cybersécurité, de véritables grandes voix, institutionnelles ou non, capables de se faire entendre au-delà des mers et des océans et de faire adopter des textes et des règles idéalement au niveau continental (Union africaine) ou à tout le moins sous régional.

Bobo Ousmanou

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