La Banque centrale en est à sa deuxième opération depuis le mois de juin 2024; pour un montant de 185 milliards FCFA.
La Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) poursuit une nouvelle tangente en matière d’activation des mécanismes en sa possession pour dynamiser l’économie de la sous-région. Elle procède depuis le 11 juin 2024 à des injections de liquidité dans les banques commerciales. L’opération menée à cette date concerne un montant de 120 milliards FCFA pour une durée de sept jours et un taux d’intérêt de 5%. Quelques jours plus tard, soit le 18 juin, elle lance un deuxième avis d’appel d’offres. Celui-ci porte sur un montant de 65 milliards FCFA. L’engouement manifesté par les banques connait des variations. Une seule banque a participé à la première opération pour un besoin exprimé de 55 milliards sur les 120 milliards FCFA mis en adjudication. Quelques jours plus tard, six banques se saisissent de la nouvelle opportunité de refinancement pour tenter de lever 292 milliards FCFA. Ce qui est supérieure à la somme mise à disposition par la BEAC. La banque centrale s’en est tenue à servir les 65 milliards FCFA initialement mis en adjudication.
Turnover
Ces résultats, même s’ils marquent une certaine progressivité dans l’empressement des banques à saisir cette main tendue de la Beac; restent bas par rapport au nombre d’institutions de crédit que compte le système bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Soit 52 banques selon le Rapport de la Beac sur les Services de paiement dans la Cemac en 2022.
La situation était la même quelques années auparavant, en pleine crise de Covid-19. L’on est en 2020 et la Banque centrale tente de pallier à l’impact de la crise sur les activités économiques. Car, faut-il le rappeler, la crise sanitaire a induit une fermeture des frontières, la restriction des mouvements, la perturbation des circuits d’approvisionnement, etc. La Beac initie la vente des liquidités aux banques. Mais celles-ci montrent peu d’engouement. A titre illustratif, les opérations initiées entre le 1er avril et le 8 avril 2020 se sont soldées par des résultats décevants. La raison, explique la Beac, tient de ce que les banques se trouvent alors en situation de surliquidité. S’il n’est encore possible de dire si cela est toujours le cas en l’absence de données actualisées; il est cependant loisible de constater que le contexte a évolué. Les restrictions imposées en guise de riposte contre le Coronavirus sont depuis longtemps levés. L’activité économique reprend progressivement malgré la persistance de risques divers et le rebond de l’inflation. La croissance économique a rebondi à 3,5% depuis le début de cette année selon les récentes Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale.
Le manque d’engouement des banques est d’autant plus surprenante que cette attitude est la même observée face aux émissions des Bons BEAC. Lesquelles ont pignon sur rue depuis décembre 2023. Les clichés, pour en donner l’étendue, présentent des opérations infructueuses, à l’instar de la première initiée courant février 2024. Celle du 18 mars dernier s’est soldée par une offre de 2,5 milliards de FCFA sur les 50 milliards FCFA recherchés par la Banque centrale. Après la hausse des taux directeurs et la suspension des opérations d’injection de fonds, la reprise des liquidités est restée jusqu’ici, la seule arme pour booster la croissance dans les Etats.
Louise Nsana
