Ntam, c’est le dernier village dans la région de l’Est-Cameroun. Frontalière avec le Congo, il est enfoui dans le département du Haut-Nyong, dans la commune de Lomié. Ceux qui se déplacent sur le corridor Yaoundé-Brazzaville (environ 1624 km) passent par Ntam.

Sur la foi d’un communiqué publié à Brazzaville ce 11 septembre 2024 par le ministère de l’Aménagement du Territoire, des Infrastructures et de l’Entretien routier, le poste de contrôle unifié à la frontière (PCUF) construit à Ntam va bientôt être mis en service. Le document cité supra souligne qu’ « après la réunion d’adoption, en juillet dernier, des termes de référence de la mission conjointe des experts de la sous-commission technique chargée des opérations de démarcation et de réaffirmation de la frontière Congo-Cameroun, l’optimisation de la gestion des frontières entre les deux pays s’impose ».
Bien plus, poursuit le communiqué, « les deux parties sont convaincues qu’après sa mise en service effective, le PCUF permettra de mieux gérer les flux de personnes et de marchandises, de lutter plus efficacement contre les activités illégales et de promouvoir des échanges commerciaux plus fluides, transparents et assurément bénéfiques pour le Congo et le Cameroun ».
De là découle le caractère partagé de la compétence des deux pays sur le PCUF. Au ministère camerounais de l’Administration territoriale et au ministère des Travaux publics, des sources proches du dossier confirment les termes du communiqué des autorités congolaises. D’après lesdites sources, il a été observé qu’au niveau de Ntam, les longues procédures de contrôle sont l’une des principales causes de longues périodes de transit. « En plus de causer des retards, ces longues périodes de transit entraînent une augmentation des coûts des transactions commerciales, et rendent ainsi les acteurs économiques qui empruntent le corridor Yaoundé-Brazzaville moins compétitifs. C’est pourquoi, en accord avec les voisins congolais, le Cameroun a souscrit à la mise en service du PCUF d’ici quelques semaines, malgré toutes les difficultés qu’on a connues. Maintenant, il est plus urgent d’appliquer enfin le Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale qui commande l’efficacité des services douaniers et le partage des informations », renseigne-on.
Sur ce qui est ainsi « soufflé », il apparait que c’est depuis 2017 que le PCUF aurait pu être opérationnel. Assis sur une assiette foncière de près de 1200 m² et ayant englouti près de 5 milliards FCFA, des bâtiments (une dizaine au total destinés aux services de Douanes, de Police et de Gendarmerie du Cameroun et du Congo, un hangar, deux magasins de produits chimiques, une cantine, des bureaux vétérinaires, deux stations de pesage, des toilettes et deux guérites.) avaient pourtant donné des signes allant dans ce sens. Un avis à manifestation d’intérêt avait ainsi été lancé par la Banque Africaine de Développement (BAD), pour la fourniture et l’installation de deux scanners pour gros porteurs à ce poste. Selon certaines indiscrétions, d’interminables ajustements seraient à la base des retards dans la mise en service effective du PCUF de Ntam. Et c’est la visite effectuée par Serge Nguessan, le directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale, le 14 avril 2023, qui a remis au goût du jour la nécessité de la mise en service du PCUF.
Jean-René Meva’a Amougou
