Selon nos enquêtes, les câbles électriques alimentant le réseau illuminant l’autoroute Yaoundé-Nsimalen sont volés, plongeant l’infrastructure routière dans la pénombre.

«Il fallait que le président de la République passe ici de nuit pour voir que l’autoroute n’est pas éclairée». La prière de Jeanne, riveraine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, n’est pas exhaussée. La trentaine sonnée, la jeune dame aurait souhaité que le président constatât par lui-même le vandalisme de l’infrastructure nouvellement construite. Elle charge une fois de plus. «Je n’ai rien contre, mais on cache beaucoup de choses au boss. Il fallait écrire des pancartes pour dénoncer cette tromperie», assume la commerçante devant les éléments de la garde présidentielle. En fait, Jeanne dénonce avec la dernière énergie l’absence d’éclairage observé depuis plus de trois semaines sur cette axe routier majeur. Avec à la clé, le retour des agressions, viols et découvertes des macchabés au niveau de l’échangeur de Meyo (Yaoundé 4).
Cet éclairage saisonnier inquiète aussi Donald, un autre riverain de l’échangeur de Meyo. «Pourquoi cet axe présidentiel est fréquemment dans le noir depuis plus de trois semaines?», s’interroge-t-il. Ce questionnement tombe à point nommé avec le retour du chef de l’État après un long séjour professionnel et privé hors du triangle national. «J’ose croire que cette situation sera remédiée avec le retour du président. Il y a déjà trop de cris de détresses depuis».
Certains connaisseurs du coin parlent du vol des câbles électriques sur les poteaux d’éclairage. Pour Hervé, ce sont des actes de vandalisme. «Les gars tirent le cuivre, même les disjoncteurs». D’autres éléments comme les boitiers en métal (couvercles) protégeant le dispositif technologique sont volés. Même les aveugles peuvent voir les fils coupés.
«À quoi servent les caméras de surveillance placée le long de l’autoroute? S’interroge sieur Ndoumba, un autre riverain. La réponse à cette interrogation vient de Casimir, opérateur économique. Ce dernier montre la grande brousse qui a envahi les bordures de l’échangeur. Les caméras de surveillance ne voient que du feu. «C’est dans cette brousse que ces voleurs emballent le butin».
André Gromyko Balla
