Douala : pourquoi l’eau de la Camwater est salée ?

Depuis quelque temps, le précieux liquide fourni par l’entreprise parapublique en charge du traitement et de la distribution de l’eau au Cameroun a une autre saveur qui n’est pas appréciée par de nombreux consommateurs.   

« Pourquoi tu as mis du sel dans l’eau à boire », s’exclame Esther à sa grande-sœur tout en fronçant le visage et en recrachant cette eau. « J’ai très soif, comment je vais faire », continue   la jeune fille.  En buvant son gobelet d’eau, Esther constate que la saveur du précieux liquide est inhabituelle.  Elle pose une fois de plus la question, « pourquoi cette eau est-elle salée ? ». Sa mère lui répond, « moi-même j’ai fait le même constat que toi. Lorsque ta sœur a apporté ce bidon d’eau, je me suis dit que par erreur elle avait versé du sel à l’intérieur. Mais je me rends compte que c’est la nouvelle saveur de l’eau du robinet », s’indigne Thérèse, une riveraine

Les ménages rencontrés au quartier Makepe Missokè, dans le cinquième arrondissement de la ville de Douala, capitale économique du Cameroun, affirment que l’eau de la Camwater est impropre à la consommation car salée.  Pour les consommateurs, boire l’eau des forages est préférable à celle de l’entreprise parapublique. « Depuis que j’ai constaté que l’eau du robinet est salée, je préfère aller à Bepanda puiser mon eau à boire au forage. Et je puise l’eau du puits pour faire les autres travaux de ménages », affirme Thérèse. 

Certains riverains qui ont un peu moyen, se sont penché vers l’eau minérale.  « C’est devenu très compliqué de boire l’eau du robinet, parce que c’est salé. Le goût est ignoble. Lorsque tu as soif, tu n’as même pas l’envie de boire cette eau. A cause de cette eau, j’ai commencé à crier les maux de ventre.  Depuis lors, je me suis penché vers l’eau minérale. Même si elle est   très coûteuse. J’espère que d’ici peu la situation va revenir à la normale. Parce que je ne pense pas tenir le coup », souhaite Didi. 

Pour sa défense, l’entreprise chargée de la distribution de l’eau au Cameroun à travers son service de qualité justifie cette eau salée par le fait que : « nous sommes en saison sèche. L’eau a tari dans nos affluents. C’est un peu l’eau de la mer qui est en train de venir à Japoma. C’est ça qu’on traite. Lorsqu’il va bien pleuvoir, cette eau ne sera plus salée. Il n’y a pas un procès pour diminuer le taux de sel dans l’eau.  Mais, le taux de sel qu’on vous envoie reste dans les normes », justifie Gertrude Tchamba, responsable qualité à Camwater. 

Malgré le fait que l’eau soit salée, les consommateurs n’ont pas à s’inquiéter des risques de maladie car, « avec l’étiage, le taux de chlorure (sels) a un peu augmenté dans l’eau.  Mais nous restons toujours dans les normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  Le taux de couverture du chlore résiduel dans le réseau est de 100%. Aucun microbe ne résiste à l’action du chlore. L’eau de la Camwater est chlorée. Le chlore détruit le microbe le plus résistant. Les scientifiques ont toujours prouvé qu’aucun microbe ne résiste à l’action du chlore », ajoute la responsable qualité. 

Coupures constantes

Avoir le précieux liquide est devenu un véritable parcours du combattant. « Depuis qu’on a installé l’eau chez moi, je n’avais jamais eu ces problèmes de coupure. Mais ces derniers temps, ces coupures sont intenses.  Parfois je me retrouve à dormir tard la nuit avec les enfants parce que j’attends que l’eau vienne pour qu’on puisse recueillir même une petite quantité qui va permettre à chacun de se laver le matin pour aller à l’école. C’est très compliqué actuellement », se plaint Astride.

D’autres riverains par contre ont trouvé leur compte avec les eaux des puits. « La Camwater me fatigue avec ces coupures. Donc maintenant je m’approvisionne en eau du puits. Lorsque je puise mon eau, je verse la javel à l’intérieur pour une certaine durée, ensuite je commence à l’utiliser », ajoute Daniel, un riverain

A en croire Camwater, cette coupure constante de l’eau est dû au fait que la production est insuffisante à la demande. Et donc il faut un rationnement. Vivement un retour à la normale. 

Diane Kenfack

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