A la faveur du cinquantenaire du quotidien à capitaux publics, quelques lecteurs de la première heure, suivis de ceux de la génération android feuillètent son passé, son présent et son futur.
Quand on lui demande son avis sur le journal, Athanase Manga commence à regarder en arrière. Son premier lien avec le canard, c’était dans les années 80. «Il séduisait simplement par la simplicité de sa titraille», confie l’ancien cadre de banque. Il exemplifie quelques éditions dans lesquelles le journal s’est préoccupé de construire un titre «accessible à tous». En tant qu’organe de presse, deux valeurs sont repérées: «l’inventivité et la proximité», selon Poulenc Fouam Deffo Toukam, ancien journaliste à la CRTV.
De qui parlent-ils? De Cameroon Tribune. CT s’arrimer à la tendance des diminutifs. En cinquante ans, le quotidien aura pris des couleurs. Tout le monde connaît son logo. Il est devenu une icône aujourd’hui incrustée dans la rétine de chacun. Ceux qui, sous leurs yeux, ont vu naître CT alignent les qualificatifs: «beau, simple, pratique et archivable». A écouter ceux qui parlent, il y en a qui s’esclaffent avoir l’âge de CT…ou presque, avant de se replonger dans leurs souvenirs.
«Cameroon Tribune traînait toujours sur la table de mon père; c’était notre journal», sourit Aicha. Une chose est sûre, celle qui est adjointe au responsable en communication d’une structure parapublique camerounaise a désormais laissé le «print de côté. «Je suis abonnée au numérique. Maintenant c’est mon camarade de poche».
Facettes
CT, Mathilde, 45 ans, a «grandi avec». Parce que le journal a toujours été là, dans sa famille. «Tous les jours, il est posé sur la table du salon», raconte la professeure des lycées. «J’ai commencé à lire quelques articles par-ci, par-là au moment où je suis arrivée au collège, vers 11-12 ans. Et j’ai continué depuis», se souvient-elle, non loin de sa petite sœur. Ce que cette dernière préfère dans CT, ce sont les portraits «singuliers» où «on apprend plein de facettes qu’on ne connaissait pas sur la société». Mais aussi les articles qui parlent de sport et de culture. «Comme une bonne voix pour toutes, Cameroon Tribune est assez ouvert sur ces sujets, sur les sujets qui intéressent les jeunes en général. Quand je lis ça, je n’ai pas l’impression que CT soit un journal de vieux, même si je lis la version papier», sourit celle qui a plus que l’âge d’être une «digital native».
Martin Mvondo, 77 ans, est lecteur «et depuis longtemps même». «J’ai commencé à lire CT au tout début, j’avais la vingtaine. Moi, ça correspondait à mon environnement de l’époque, alors avec plusieurs amis on a commencé à lire ce journal». Marguerite, son épouse, lui fait un signe et chuchote: «Sais-tu je lisais tout le contenu des numéros que tu achetais?» Aujourd’hui, elle lit CT plus occasionnellement, «quand il y a un événement marquant surtout». «Mais si on est là, c’est surtout parce que, 50 ans après, CT correspond encore à notre esprit et on espère qu’il en sera ainsi au cours des années futures».
Jean-René Meva’a Amougou
