Le continent africain fait face à une importante crise de déplacements. 35 millions de personnes sont concernées par ce phénomène à fin 2023.

Ce qui représente près de la moitié du total mondial et correspond à une augmentation du triple des statistiques enregistrées sur le continent en 2009. Une situation qui est alimentée par les conflits et les violences, les changements climatiques et les catastrophes naturelles. Notamment en Afrique centrale et de l’Ouest où environs 24,3 millions de déplacements internes ont été enregistrées ces quinze dernières années, selon un récent rapport de l’Observatoire des situations de déplacements internes. Sur place, les vagues de mouvements se sont produits majoritairement dans les zones frontalières poreuses où des groupes armés (souvent associés à Al-Qaïda ou à l’État Islamique) ont exploité les griefs locaux et intensifié leurs exactions. En l’espèce, le Nigeria est le pays le plus touchés suite aux activités de Boko Haram à partir de 2012. En seulement deux ans, 975 000 personnes ont été contraintes au déplacement. Cependant à la fin de l’année dernière ce sont 3,3 millions de personnes qui se trouvaient en exil à l’intérieur de leur pays, principalement dans l’Etat du Borno.
Le Burkina Faso (2,1 millions de personnes) et la RCA (512 000 individus) font également face à des mouvements massifs forcés de populations. La République démocratique du Congo est la figure actuelle la plus emblématique du phénomène en Afrique avec 6,7 millions de personnes délocalisées en raison de conflits et de violences. Dont 5,1 millions dans les provinces orientales du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. «Le nombre de personnes déplacées a plus que triplé en 15 ans et les déplacements sont de plus en plus répétés et prolongés, aggravant ainsi l’une des crises humanitaires les plus complexes au monde. Les défis sont considérables, et les lacunes persistantes en matière de données rendent difficile la consolidation d’une base de référence solide sur la portée et l’ampleur du phénomène. Une vulnérabilité socio-économique de longue date, associée à des tensions communautaires, a conduit à l’émergence et à la consolidation de plus de 120 groupes armés non étatiques dans l’Est de la RDC, dont le Mouvement du 23 mars (M23), les Forces démocratiques alliées (ADF) et la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO)», lit-on.
Louise Nsana
