Coopération régionale : accent sur les projets intégrateurs

La rencontre tenue le 8 décembre 2025 à Douala entre la Commission de la CEMAC, la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale et l’Agence Française de Développement marque une nouvelle étape dans la coopération régionale.

Rarement un mécanisme financier aura autant façonné la trajectoire de plusieurs économies d’Afrique centrale que l’Aide Budgétaire Globale, dont la prolongation pour deux années supplémentaires vient d’être actée. Derrière une annonce technique se joue en réalité une question stratégique : comment garantir la continuité des projets intégrateurs dans une sous-région où l’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles au développement ?

L’ABG s’est imposée depuis plusieurs années comme un levier essentiel pour les États de la CEMAC. Grâce à la bonification des taux d’intérêt, la BDEAC peut mobiliser des fonds à des conditions rares sur les marchés internationaux, permettant de financer des infrastructures à forte valeur ajoutée. Sa reconduction traduit non seulement la solidité du partenariat entre les institutions impliquées, mais aussi la reconnaissance de son efficacité concrète. Dans un contexte économique marqué par la pression budgétaire, l’instabilité des cours des matières premières et les besoins croissants en infrastructures, cet instrument apparaît comme un outil stabilisateur indispensable.

Tableaux

Les projets déjà réalisés illustrent la portée de ce mécanisme. De Lom Pangar au Cameroun à la sécurisation de l’aéroport de Bangui M’Poko, en passant par la route stratégique reliant Mintom à la frontière congolaise ou encore l’entretien des voies navigables géré par le GIE-SCEVN, l’ABG contribue directement à améliorer la mobilité, l’énergie, la sécurité et l’intégration commerciale. Chacune de ces opérations répond à un besoin structurel réel : désenclavement, fiabilité logistique, réduction des coûts de transport, circulation des biens et des personnes. Autant de conditions essentielles à la compétitivité d’une région souvent freinée par ses faiblesses infrastructurelles.

Rôles

Mais au-delà de la dimension technique, la rencontre de Douala révèle une dynamique institutionnelle plus large. Sous la présidence de Dieudonné Evou Mekou, la BDEAC renforce son rôle d’architecte financier régional. De son côté, la Commission de la CEMAC continue de promouvoir des projets intégrateurs capables d’avoir un effet d’entraînement sur toute la communauté. Quant à l’AFD, elle confirme son engagement historique en faveur de la stabilité et du développement de la sous-région. Cette convergence traduit une vision partagée : seule une coopération étroite entre institutions régionales et partenaires internationaux peut garantir la réussite d’infrastructures durables.

Défis

Toutefois, cette prolongation ne doit pas masquer les défis persistants. Les États membres peinent encore à absorber efficacement les financements disponibles, et les capacités techniques restent inégales d’un pays à l’autre. La gouvernance des projets, la gestion rigoureuse des chantiers et la transparence dans l’exécution demeurent des enjeux centraux. Les partenaires comptent d’ailleurs renforcer l’accompagnement technique pour éviter les retards, les surcoûts et les blocages administratifs qui ont parfois freiné des projets antérieurs.

L’accord signé à Douala représente donc bien plus qu’une simple reconduction financière : il s’agit d’un engagement politique renouvelé pour consolider l’intégration régionale et accélérer les transformations attendues depuis longtemps. Si les États parviennent à mieux coordonner leurs stratégies, à renforcer leur gouvernance et à maintenir la dynamique enclenchée, l’ABG pourrait devenir, au cours des deux prochaines années, l’un des piliers majeurs de la modernisation de l’espace CEMAC.

Ongoung Zong Bella

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