La prestation de serment de Florence Rita Arrey, membre de cette institution, ouvre une brèche sur les échéances électorales en vue.
Yaoundé le 2 juillet 2024. Congrès du Parlement camerounais réunissant ses chambres haute et basse. Au perchoir, Cavaye Yeguié Djibril, président de l’Assemblée nationale et dudit congrès. Vedette du jour: Florence Rita Arrey. Pour devenir membre de la Cour constitutionnelle, la magistrate septuagénaire jure de «bien et fidèlement remplir ses fonctions». Et d’«exercer en toute impartialité dans le respect de la constitution…»
Avec cette prestation de serment, la magistrate hors échelle amorce son deuxième mandat auprès de cette instance. L’équipe des 11 membres du Conseil constitutionnel du Cameroun est désormais complète. Elle dispose des pleins droits d’exercer.
En première classe des défis à relever, il y a la tenue de l’élection présidentielle en 2025. Pour le député Adamou Koupit, il est temps pour les onze entrants de l’équipe constitutionnelle camerounaise d’«inspecter toutes les lois pour voir si toutes ces lois ne contiennent pas des dispositions contraires à la constitution». «Quand il y a une disposition contraire à la constitution, ils sont interpelés parce qu’ils sont les juges constitutionnels. La constitution du Cameroun rend le vote obligatoire pour tous les citoyens. Lorsqu’on lit la constitution, les dispositions de l’alinéa 3, article 2 stipulent que le vote est libre et secret. Y participent, tous les citoyens âgés d’au moins 20 ans. Cela voudrait dire que la constitution a rendu le vote obligatoire. On ne comprend pas pourquoi, au niveau de l’application de la loi électorale, on dit que les gens ont le droit de s’inscrire ou de ne pas s’inscrire sur les listes électorales. Je crois qu’une équipe au complet peut également se prononcer pour trancher les débats sur la différence entre ce que dit la constitution et la réalité au Cameroun», claironne le député, membre de l’Union démocratique du Cameroun (UDC).
Pour son collègue et compatriote du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), c’est presque le même crédo. «Ce que nous attendons de ce Conseil constitutionnel, c’est de ne pas se laisser contaminer par la bordélisation de l’État que nous observons aujourd’hui dans certains ministères et dans certaines administrations où le peuple ne veut plus rien dire, où les lois ne veulent plus rien dire, parce que certains individus qui incarnent l’autorité de l’État piétinent la réglementation et les lois, détruisent tout sur leur passage, tout simplement parce qu’ils veulent demeurer au pouvoir. Le Conseil constitutionnel est garant de la volonté du peuple. Et nous attendons d’eux qu’ils respectent scrupuleusement le serment qu’ils ont prêté devant la représentation du peuple, donc devant le peuple».
Joseph Julien Ondoua Owona
