Commission de la Cemac: 85 milliards de FCFA de budget en 2025

La prudence et le réalisme en lieu et place de l’ambition démesurée d’il y a un an.

Retour à Bangui la Cemac allie le geste à la parole

E n prélude à la 42e session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), une session du comité inter-Etats a commencé ses travaux le 7 octobre 2024 à Bangui. ; avec pour objectif la préparation du budget 2025 de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Les prévisions inhérentes sont arrêtées à la somme de 84 381 074 871 FCFA. Si cette enveloppe est maintenue à l’issue des travaux des ministres le 11 octobre, cela représentera une baisse significative par rapport aux 90 584287 669 FCFA pratiqués au courant l’exercice en cours. Le postulat du Comité inter-Etats ce lundi rime à contre-courant de celui du Parlement de la Cemac. L’instance est plutôt partie sur une hausse de 7,34% par rapport au budget 2024 au cours de la conférence budgétaire tenue à Douala du 10 au 15 septembre dernier. Deux raisons peuvent expliquer ce recul des prévisions budgétaires. Celles-ci ont premièrement trait à la continuité de l’action de la Commission de la Cemac portée par Baltasar Engonga Edjo’o. Lequel fixait les objectifs de cet exercice autour de la transformation de l’institution communautaire, le retour au siège statutaire à Bangui et le financement des projets structurants, entre autres. Un peu plus d’un an après la prise de fonction du nouveau gouvernement les retours en Centrafrique suivent leur cours et le plan de transformation a été présenté courant 2024 avec le concours financier des partenaires multilatéraux. La deuxième raison est liée à un contexte économique international marqué par des incertitudes. «Crise immobilière en Chine, vulnérabilités climatiques, fragmentation géoéconomique, tensions géopolitiques et flux de réfugiés. Ces facteurs ont un impact direct sur les économies des États membres et, par conséquent, sur les prévisions budgétaires de la Cemac», martèle Pouninguiza Guelebe, directrice de Cabinet au ministère du Plan et de l’Economie de la Centrafrique, représentant le président du Conseil des ministres aux assises de Bangui. Les défis d’une mobilisation budgétale Les faibles niveaux de mobilisation de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) semblent également sussiter une prudence quelconque dans les prévisions du Comité inter-Etats ce lundi. Et pour cause, celle-ci doit représenter 70% des allocations allouées à la mise en œuvre des programmes et projets de la Cemac. Mais à l’observation, celle-ci peine encore à en franchir les 40%. La réticence des Etats à respecter leurs engagements en la matière freine l’exécution du budget de la Communauté. Ce qui a pour conséquence de rendre «les institutions communautaires dépendantes du Fonds d’aide à la coopération économique et au développement (Fodec)», selon Pouninguiza Guelebe. La question préoccupe jusque dans les hautes sphères dans la sous-région. Aussi la récente
session des ministres de l’UEAC a réitéré l’appel aux Etats à se mettre à jour sur ce propos. Au-delà des interpellations, des actions concrètes ont cours pour en assurer l’effectivité. Sur sollicitation de la Commission de la Cemac, le Parlement communautaire mène des actions de plaidoyer auprès des Etats en vue de la mobilisation et la rétrocession de la TCI. Enjeux
Les travaux en cours à Bangui sont également l’occasion d’évaluer les performances passées au sujet de l’exécution du budget 2023 et 2024 et la pertinence des réalisations de la Commission de la Cemac. A cet effet: «la session fera le point sur l’état de
mise en œuvre du plan de transformation de la Commission de la Cemac. Cette évaluation permettra d’évaluer le
processus de transformation engagé pour renforcer l’efficacité et la crédibilité de la Cemac. Le processus du retour de la Commission de la Cemac et de l’Ecole Inter-Etats des Douanes sera également discuté», renseigne le communiqué de presse desdites assises. Bien plus, il y est question de se fixer sur la stratégie à mettre en œuvre pour renforcer l’intégration économique régionale. Un aperçu des orientations de cette stratégie a été dévoilé à Douala le 17 septembre, à l’occasion de la 1ere réunion du Comité d’experts nationaux et internationaux pour l’élaboration du nouveau Programme économique ré-
gional (PER) 2025-2050. Il s’agit entre autres du développement des infrastructures de base, la compétitivité des économies, la mobilisation du financement à travers les tables-rondes dans la sous-région ou les pays amis, le développement du capital humain, de l’économie numérique, de la recherche et de la technologie, la protection de l’environnement et la trans-
formation des ressources naturelles.

Louise Nsana

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