Collège François-Xavier Vogt de Yaoundé : Plusieurs générations célèbrent les noces d’Albâtre

Pour le 75e anniversaire de création de l’établissement, des anciens « Vogtois » invitent leurs plus jeunes camarades à la table de la célébration.  

Quelques anciens vogtois après de la conférence de presse

Ils appellent ça « Harvard » pour dire qu’ils font partie des toutes premières cuvées d’élèves du Collège François-Xavier Vogt de Yaoundé. Un court instant de blagues … et puis le regard change. Quelques anciens élèves approchés ce 9 octobre 2024 se remettent à parler de leur établissement de manière plus savante. « Vogt, le nom fascine toujours. 75 ans après, beaucoup parmi nous continuons de scander sa devise (« Ora et labora » : prie et travaille). Il n’y a que du 100 % de taux de réussite aux examens. De plus, en dehors de la formation intellectuelle, le collège inculque une dimension éthique forte à ses élèves. C’est dire combien ce cadre ne cesse de traduire à la fois l’excellence, l’élite et de nombreuses fraternités durables », avance André Dika Balotoken. Dans ce propos imprégné de densité humaine et intellectuelle, on comprend vite que la réussite sociale de plusieurs anciens Vogtois n’émane pas d’un coup de poker. Et en sa qualité de coordonnateur général du Comité d’organisation, André Dika Balotoken tient à ce que la célébration du 75e anniversaire du Collège François-Xavier Vogt soit l’occasion d’exalter « un établissement méritocratique, prestigieux et éternellement compétitif », mieux « un moment de réflexion sur l’impact du collège sur la formation des leaders et des citoyens engagés », tel que l’explique Félix Koul A Well. Et « l’ancien » qui est par ailleurs, Coordonnateur financier au sein du Comité d’organisation, de prolonger sa prose. « Depuis toujours, le Collège François-Xavier Vogt se donne pour but explicite d’apporter une confirmation empirique à une hypothèse qui fonde la vision méritocratique du monde, grâce à un processus de sélection rigoureux assis sur la compétence et non les privilèges héréditaires, grâce à un processus de repérage de jeunes gens appelés à connaître une réussite exceptionnelle. La preuve : parmi nous, très peu n’ont pas atteint le niveau de haut cadre dans nos administrations publiques et privées ». 

Selon le Frère Charles Philippe Mbia, l’actuel principal du collège Vogt, « de telles représentations contiennent évidemment un élément d’exagération mais, elles trahissent surtout un élément de vérité ». « Qu’on soit Vogtois des années 60, qu’on soit Vogtois vivant au Cameroun ou à l’étranger, c’est tous les Vogtois qui envisagent faire une grande fête ; une occasion de célébrer avec sons, trompettes, youyous et chants d’allégresse, les lauriers engrangés, les challenges relevés, les produits de nos labeurs, avec foi en l’avenir, la tradition de l’excellence, après 75 ans de travail laborieux, en hommage aux pères fondateurs pour cette gigantesque œuvre de formation humaine. Après avoir célébré le cinquantenaire il y a 25 ans, l’occasion du 75ᵉ anniversaire du collège Vogt s’offre à nous, pour mener une réflexion en relation avec les enjeux et les défis de notre temps, dans la perspective d’une capitalisation de notre potentiel riche et varié, capable d’œuvrer pour un bien-être durable », projette André Dika Balotoken. 

Déroulé

Au chapitre des cérémonies officielles, l’on prévoit des discours d’anciens élèves, des activités culturelles et des rencontres pour renforcer les liens entre les générations. L’ensemble se déroulera sur le site baptisé » Village des 75 ans » (sis dans l’enceinte du collège. Selon les prévisions, au moins 10000 visiteurs sont attendus. À en croire le Frère Charles Philippe Mbia, l’actuel principal du collège Vogt, la caravane s’ébranle le 13 novembre 2024». Points d’orgue de la journée : le pèlerinage à Efok et une visite au collège Jean XXIII. Le 14 novembre 2024, ce sera la cérémonie solennelle d’ouverture du 75e anniversaire. Du 15 au 17 novembre 2024, en plus des activités diverses (sport, salon des métiers et conférences thématiques), il est prévu une messe pontificale à la Basilique Marie Reine des Apôtres de Mvolye et le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe de Mgr François Xavier Vogt au cimetière de Mvolye». Bon à savoir, la célébration des 75 ans du collège François Xavier Vogt est placée sous le très haut patronage du président de la République du Cameroun

.Jean-René Meva’a Amougou

Commentaire de la rédaction

Santé du président : au prix des murmures enragés et tollés éparpillés

 La semaine dernière, le Cameroun tout entier a été avisé de ne plus jamais parler de la santé de son président. Pour qui oserait dévier ou défier cette « épée », eh bien, il sera broyé au plus haut degré. Une façon bien ferrée de dire aux citoyens de ne pas forcer le passage vers un sujet non seulement feutré, mais hautement barricadé et gardé. Il se dit même que tout loupé verbal ou couché sur papier sera pesté et classé comme péché d’Etat. Ceux qui, très souvent, se donnent pour tâche de consulter la loi n’ont pas manqué de s’égarer dans un labyrinthe cintré que seuls quelques initiés affirment maîtriser. Alors, à la télé, au cours des débats du dimanche, l’on a tissé d’autres thématiques situées bien loin de la santé du président. Ce sujet, dit-on, ne saurait se discuter dans une cour de récré où sont vautrés les adeptes de débats frelatés et coupés de la bonne et vraie information.

Ceux qui maîtrisent la langue dans laquelle l’on retrouve l’adjectif « hoyé » évoquent généralement le poisson. Aussi parlent-ils de « poisson hoyé » pour décrire un poisson secoué dans le filet ou attaqué par d’autres poissons voraces. Nombreux sont ceux qui, indignés, se sont servis de lames bien affilées, bien aiguisées, pour percer le filet dressé par quelques personnalités jugées zélées à tort ou à raison.  Aujourd’hui, il n’est pas osé de dire que le côté doré de ce ciné est logé dans une mer à la fois infestée de pêcheurs agités, de poissons usés et gênés par des mises en garde jurées. Comme qui dirait, c’est inné ici chez nous. On s’est souvent hâté de le nier, mais telle une sentinelle, la réalité nous a toujours rattrapés. Elle nous a même souvent lobés, à tel point qu’on s’est muré dans une docilité payée au prix de nos murmures enragés et autres tollés éparpillés.

Et ceux qui savent si bien coller des épithètes à la démocratie croient que la nôtre est emballée, gelée, hantée, minée ou même égarée dans des pavés posés par ceux qui ont le droit de discuter de la santé du président. Il faut bien se caper et se doter d’une cuirasse pour en parler. Il faut surtout être agréé par ceux qui, au gré de leur volonté, ont borné le terrain. Dans ce terrain-là, justement, le sujet relatif à la santé du président n’est pas digne de la hauteur de vue du grand public. Là, on est bien fixé : la santé du président n’est pas une futilité. Car, au vrai, on l’a barricadée dans un enclos typé secret d’Etat. Et dans une sorte de sarabande embrouillée, quelques amateurs de fariboles faussement étoilées étalent ce à quoi ils sont rodés. On les entend alors louer, avec grande volupté, toutes les incongruités et subtilités de la loi. Dans leur satanée expertise, ils en viennent à brosser, au bénéfice de quelqu’un, un phrasé qui, en toute honnêteté, surpasse parfois le portrait en lui-même. En tentant de reconstituer l’éventail de ce sur quoi ils sont adossés, l’on retrouve bien implantées la sécurité et l’unité du pays. Sauf qu’ils sont soupçonnés de s’en servir pour légitimer leur loyauté, leur popularité et même leur sagacité. Ils pensent que celles-ci peuvent contenter une opinion publique noyée et qui ne demande qu’à être édifiée sur l’état de santé du président. Et en tant que telle, l’opérationnalité d’une communication verrouillée finit par saccager toute la santé morale du peuple. Or, sauf contre-vérité, c’est bien ce peuple qui a plébiscité son président.

Jean-René Meva’a Amougou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut