À Douala, pendant les grandes vacances, Luc, Martial et Valdès aident les ménages à se débarrasser de leurs ordures ménagères en échange de quelques pièces de monnaie. Zoom sur le quotidien de ces trois adolescents âgés entre 14 et 16 ans.
Maképè Missokè et Bepanda sont quelques quartiers bien connus des trois adolescents. Ces élèves, actuellement en vacances, y entreprennent une activité économique: le ramassage des ordures ménagères. La journée de travail commence à 8 heures du matin. Tels des professionnels, ils patrouillent dans la quasi-totalité des domiciles situés dans ces deux quartiers de la ville de Douala. Les intempéries ne semblent pas les décourager.»Lorsqu’il pleut le matin, on fait le ramassage uniquement dans la soirée. Et s’il ne pleut pas, on travaille le matin et le soir», apprennent-ils.
Rencontrés ce jeudi 1ᵉʳ août 2024 au quartier Missokè, arrondissement de Douala 5ᵉ, ils sont vêtus de culottes de couleur noire et de T-shirts rouges (Luc et Martial) et jaune (Valdès). Ils chaussent des modestes sandales, vulgairement appelées «gommes». Dans leurs mains, ils tiennent râteau, pelle ronde et sac vide usagé dans lequel ils enfouissent les ordures collectées. Un tricycle contenant d’autres sacs d’ordures ménagères n’est jamais loin. Cet engin à trois roues permet de se déplacer en transportant les déchets collectés dans chaque maison.
Pourquoi les trois camarades de classe décident de se lancer dans cette activité? Parce que, «depuis un certain temps, la société chargée de la collecte desdites ordures ne passe pas dans certains quartiers. Lorsqu’on se renseigne et trouve que dans un quartier de la ville, elle a fait des semaines sans y travailler, nous allons proposer nos services», explique Martial. Ensuite, «lorsque nous portons les poubelles, nous partons les verser dans les points où cette société a placé des bacs à ordures», ajoute-t-il. Ils facturent leurs services en fonction de «la quantité des ordures», précise Luc. «Les coûts varient entre 100 et 500 FCFA», fait-il savoir.
Le tricycle appartient à celui qui se fait appeler « Père Watt ». Il leur loue l’engin pour la journée, à un prix non déterminé. «Nous ne gagnons pas grand-chose. C’est en fonction de ce que nous avons travaillé que nous payons le propriétaire. Étant donné que c’est lui qui met le carburant», lance Valdès. Pour les populations du quartier Makepe Missokè, c’est un ouf de soulagement. «Depuis que ces enfants ont commencé cette activité, les moustiques ont diminué. Ils vident mes poubelles et je les rémunère. Étant donné que la structure qui doit faire ce travail ne passe pas régulièrement, ils sont pour nous une manne tombée du ciel».
À la fin de la journée, les trois mousquetaires peuvent rentrer avec une somme de «2000 ou 3000 FCFA» en poche, révèle Martial. Bien que l’activité ne soit pas très rentable, Martial, Luc et Valdès parviennent quand même à tirer leur petite épingle du jeu. C’est, pour eux, un moyen de se rendre utile à la société.
Joseph Julien Ondoua Owona
