Ils sont des hommes venus d’ailleurs. Ils sont passés maîtres dans l’art de coiffer les dames au Cameroun.

Rien ne prédestinait Paul au métier de coiffeur de dames. Et pourtant, alors qu’il débute son apprentissage un peu par hasard, il est tout de suite subjugué par cet univers. «Ce fut comme une évidence» confie-t-il. Paul est aujourd’hui à la tête de deux salons de coiffure dans les quartiers chics de la capitale: l’un au lieu-dit Rond-point Express à Biyem-assi (Yaoundé 6e), l’autre à l’entrée complexe Beac (Yaoundé 4e). Ce Congolais reconnaît avoir naturellement suivi le mouvement lancé par ses parents. «J’ai commencé à la maison; j’aidais ma mère à enlever les bigoudis…». Fort de cet ADN, Paul s’attache à inscrire ses deux salons de coiffure au rang de bonnes adresses pour la confection des rastas. De moderne à élégant en passant par tendance, libre à chacune de se réinventer ici. Se définissant donc comme un «spécialiste des rastas confectionnées à partir de mèches synthétiques, ou alors collées, tissage, pose de perruques, reprise de locks, etc», Paul cultive l’art de l’excellence et s’adresse aux femmes qui ont besoin de changement. Coiffeur et visagiste, il propose également un service de relooking qui plaira aux messieurs en quête de femmes stylées. «J’adore la mise en beauté, et particulièrement les cheveux, parce qu’ils font partie intégrante de mon identité. Il y a un rapport de confiance très spécial entre les clientes et moi, et c’est quelque chose que j’apprécie profondément», jure-t-il.
Succès
A Nkongoa, sur la route Yaoundé-Mfou, Bakary est à la tête d’un salon de coiffure dames. Ici, végétation naturelle et vitres géantes sont à l’honneur pour le décor. Véritable gage de qualité, l’enseigne a pour devise «le bon goût et la disponibilité». Il est préférable, bien entendu, de prendre rendez-vous, mais l’établissement peut accueillir des clients sans rendez-vous, dans la mesure du possible. «Presque toutes les femmes d’ici et même d’ailleurs le connaissent», confie une fidèle cliente. A en croire Bakary, ce succès, il le doit notamment à sa méthode de coupe inédite. «Une bonne coupe, c’est non seulement une coupe qui met en valeur un visage féminin, une personnalité, mais également une coiffure qui se remet en place très facilement, même quand les cheveux repoussent» explique ce Sénégalais.
Projets
Paul ambitionne de créer un espace et des produits qui répondent aux besoins des femmes camerounaises. «Mon objectif est d’offrir une place où mes clientes se sentent écoutées, tout en proposant des produits accessibles, bons et beaux», émet-il. Et le projet est à sa hauteur puisqu’il confesse un chiffre d’affaires de 4,5 millions FCFA en moyenne par an, depuis 2016 qu’il est arrivé au Cameroun. Déjà, pour 2025, il a annoncé à ses 8 employées une augmentation du salaire agrémentée du paiement d’un 13e mois.
Andre Gromyko Balla
