La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) vient de procéder à une opération d’injection de liquidités dans le marché monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Celle-ci a eu lieu du 11 juin 2024 et porte sur une opération de 120 milliards FCFA. Celle-ci couvre une durée de sept jours pour un taux minimum de 5%. Les résultats inhérents à cette offre fixent à 55 milliards FCFA le montant des souscriptions. Au niveau de la Beac, l’on n’indique pas si cette reprise des injections de liquidités est ponctuelle, ou si elle va se poursuivre dans les jours à venir. L’on observe qu’elle survient après 15 ans de durcissement des conditions de crédit. Pendant cette période, du fait de la hausse des principaux taux directeurs et de la suspension des opérations d’injection de liquidités, mais aussi à cause du durcissement des conditions d’accès aux instruments de refinancement de la banque centrale, les établissements de crédit de la CEMAC en avaient été sevrés.
Comme commentaire, des experts estiment que la reprise de ces injections pourrait signaler un ajustement de la politique monétaire de la Beac face aux conditions économiques actuelles. Le contexte de cette opération affiche quelques particularités. Tout d’abord cela fait un peu plus d’un an que la Beac a cessé de recourir à ce procédé. L’objectif affiché étant de réduire la masse monétaire en disposition des banques afin de juguler l’inflation d’origine monétaire, qui atteignait 20% dans la sous-région. Cette décision avait été précédée par une réduction progressive des injections hebdomadaires de liquidités dans les banques, passant de 250 milliards FCFA à seulement 50 milliards FCFA.
Elle a de ce fait opté pour la ponction hebdomadaire des excédents de liquidité se trouvant dans les banques, en échange d’une rémunération. Ensuite, la reprise des injections de fonds dans les établissements de crédit se fait simultanément aux opérations de reprise des liquidités sur le marché monétaire.
Ce 14 juin 2024, la banque centrale a procédé à une opération d’émission des bons, en vue de la reprise de 50 milliards FCFA. D’une durée de 28 jours, cette opération est sous-tendue à l’exigence, pour les banques soumissionnaires, de ne point solliciter des facilités de la Beac pendant la durée de maturation.
Louise Nsana
