MIDIS DE L’INTEGRATION

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DÉKÉRÉ, Micro programme DW

Le feu qui éclaire et le feu qui consume

Depuis l’aube de l’humanité, le feu accompagne l’homme comme une promesse et comme une menace. Il éclaire, réchauffe et transforme, mais il peut aussi détruire sans retour. À travers le mythe de Prométhée et les réalités contemporaines, ce texte interroge le prix de la lumière : celui que paient, hier comme aujourd’hui, les femmes et les hommes qui osent éveiller les consciences, défier l’ignorance et porter une vérité dérangeante. Car éclairer le monde n’est jamais un acte anodin : c’est une responsabilité lourde, souvent solitaire, qui exige courage, fidélité à sa conscience et acceptation du sacrifice. Une présentation de Marie Noëlle ETOUNGOU .

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DÉKÉRÉ

Vigilance et fermeté

Beaucoup aux États-Unis et dans le monde sont convaincus que Nicolas Maduro a été kidnappé parce qu’un individu veut voler le pétrole vénézuélien et détourner l’attention de ses compatriotes des crimes qu’il a commis et pour lesquels il pourrait être condamné sous peu. Ce que cet individu a fait le 3 janvier 2026, d’autres dirigeants occidentaux l’avaient déjà fait avant lui. Aujourd’hui, comme hier, c’est le même modus operandi: tuer ou enlever autrui pour faire main basse sur les biens de son pays. Macron s’est réjoui du kidnapping de Maduro, tout simplement parce qu’il a envie de faire la même chose dans les pays de l’AES qui ont humilié et chassé la France, il y a trois ans. Il compte, pour cela, sur la complicité de quelques vendus locaux. Traoré, Goïta et Tiani sont donc avertis. Ils doivent faire preuve de la plus grande vigilance. Mais signer un vrai accord de défense avec la Russie, la Chine et la Corée du Nord, ce qui obligerait ces pays à se battre à leurs côtés, ne suffira pas. Il leur faudra aussi et d’abord démasquer et traiter sévèrement les valets de l’Occident dans leurs pays. De nombreux Africains estiment que nous ne pouvons pas continuer à nous laisser distraire par des slogans creux comme la démocratie ou le respect des droits de l’homme dans la mesure où ceux qui en parlent le plus sont les premiers à les piétiner. Jean-Claude Djéréké

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CAMEROUN/MINPROFF:NON AUX VIOLENCES NUMÉRIQUES FAITES AUX FEMMES ET JEUNES FILLES

« 16 JOURS D’ACTIVISME CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ETAUX FILLES »25 novembre – 10 décembre 2025THÈME :« UNIS POUR METTRE FIN À LA VIOLENCENUMÉRIQUE À L’ÉGARD DE TOUTES LESFEMMES ET FILLES »HISTORIQUE DE LA CAMPAGNE « 16 JOURS D’ACTIVISME CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET FILLES » Cette campagne se déroule du 25 novembre (Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes) au 10 décembre (Journée internationale des droits de l’homme), soulignant ainsi que la violence faite aux femmes est la violation des droits de l’homme la plus répandue dans le monde, et qu’une action doit être menée par tous les acteurs au niveau mondial. Lancée en 1991 par des militantes lors du Women’s Global Leadership Institute, cette campagne internationale entend lutter partout dans le monde contre les injustices que subissent les femmes. Elle vise aussi à sensibiliser l’opinion publique sur l’impact de ces violences sur les femmes et les filles, et à susciter l’engagement de tous en faveur du changement. Il s’agit d’une stratégie de mobilisation et d’action pour renforcer la sensibilisation, le plaidoyer, le partage des connaissances et les innovations.À l’appui de cette initiative de la société civile, le Secrétaire Général des Nations Unies a lancé en 2018 la Campagne « Tous UNIS », impliquant les gouvernements, la société civile, les jeunes, le secteur privé, les entités des Nations Unies, ainsi que d’autres partenaires techniques et financiers pour unir leurs forces afin de mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles.II. CONTEXTE ET JUSTIFICATION La violence à l’égard des femmes et des filles entraîne de graves préjudices pour les femmes, les filles, les familles, les communautés et la société dans son ensemble. Bien que des progrès significatifs aient été enregistrés au cours des dernières années grâce au renforcement des lois, des services et des stratégies de prévention, ce phénomène persiste à un niveau alarmant dans le monde entier : une femme sur trois est victime de violence au cours de sa vie.Au Cameroun, les violences faites aux femmes et aux filles restent une problématique complexe malgré la ratification de plusieurs instruments juridiques internationaux et régionaux de protection des femmes (notamment la CEDEF et le Protocole de Maputo). Des stéréotypes profondément enracinés, des normes sociales discriminatoires, une faible application des lois et des ressources insuffisantes freinent ce processus.Face à cette situation, le Gouvernement du Cameroun a élaboré, à travers le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, une Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre de 2ᵉ génération (2022-2028). Celle-ci constitue un cadre de référence en matière de prévention, de protection et de prise en charge des VBG. Elle vise à renforcer les efforts multisectoriels contre ce fléau en s’appuyant sur une prise en charge holistique centrée sur les survivantes/victimes.S’agissant des violences numériques, les données quantitatives spécifiques sont limitées à l’échelle mondiale, mais des rapports montrent une prévalence importante touchant entre 16 % et 58 % des femmes selon l’Institute of Development Studies (IDS). De même, selon l’enquête du « Economist Intelligence Unit », 85 % des femmes ont été victimes ou témoins de violence numérique, et 57 % ont vu leurs images ou vidéos en ligne faire l’objet d’abus ou de manipulation. La même source précise que plus de la moitié des femmes (54 %) ayant déclaré avoir été personnellement victimes connaissaient l’auteur. Au Cameroun, la violence numérique envers les femmes et les filles est une réalité, exacerbée par les normes de genre et les inégalités existantes. Selon la définition retenue dans l’analyse situationnelle sur les VBG du MINPROFF (août 2025), la violence contre les femmes en ligne ou violence numérique à l’égard des femmes et filles désigne « tout acte de violence commis, assisté ou aggravé par l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (téléphone mobile, internet, médias sociaux, jeux informatiques, messagerie texte, courriel, etc.) simplement parce qu’elles sont des femmes ».L’évolution rapide de la technologie, accentuée par l’Intelligence Artificielle (IA), crée de nouveaux risques et intensifie la violence à l’égard des femmes et des filles sur tout le continuum en ligne et hors ligne. Le dernier rapport (2024) du Secrétaire Général de l’ONU indique que les technologies numériques ont permis de nouvelles formes de violence, notamment la violence fondée sur l’image, les deepfakes pornographiques et la désinformation sexiste. Les auteurs utilisent divers outils et plateformes pour infliger des préjudices : abus, discours haineux, chantage, extorsion… entraînant des conséquences sociales, psychologiques et économiques.La violence numérique touche de manière disproportionnée les femmes très visibles en ligne, notamment les adolescentes, les femmes de la vie publique (journalistes, politiciennes, militantes, défenseures des droits). Les femmes ayant un accès limité aux technologies (zones rurales, foyers défavorisés) peuvent aussi être exposées.Mesures prises Au niveau international :La 67e session de la CSW (mars 2023) a exprimé son inquiétude face à l’ampleur de la violence numérique. Adoption du Pacte numérique mondial (septembre 2024). Première résolution de l’Assemblée Générale sur l’élimination des violences numériques (novembre 2024). Convention contre la cybercriminalité (décembre 2024). Au niveau régional :Adoption en février 2025 de la Convention de l’Union Africaine visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles, incluant explicitement la violence dans le cyberespace. Au niveau national :Loi n°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité. Loi n°2023/009 du 25 juillet 2023 sur la protection des enfants en ligne. Le projet de loi sur les violences faites aux femmes et filles contient des dispositions sur la violence numérique. Malgré ces progrès, la prise en charge judiciaire reste insuffisante. Les survivantes font face à la stigmatisation, au manque de recours juridiques, à des mécanismes de signalement inaccessibles et à une forte impunité. L’anonymat des auteurs et la dimension transnationale créent des obstacles supplémentaires. L’insuffisance des données constitue également un frein à une réponse efficace. III. PRÉSENTATION DU THÈME Le Cameroun s’arrime au thème international :« UNIS POUR METTRE FIN À LA VIOLENCE NUMÉRIQUE À L’ÉGARD DE TOUTES LES

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CAMEROUN/MINSANTE: MOIS DE LA PRÉMATURITÉ AVEC LA MÉTHODE MÈRE-KANGOUROU

Le mois de la Prématurité est bien le mois de novembre 2025 au Cameroun, avec des activités conduites par le Ministère de la Santé publique (Minsante), l’UNICEF, et d’autres partenaires, qui a tenu ce 14 novembre un Café-Média, dans le but d’équiper davantage les journalistes, dans leur rôle de relais de l’information au public cible. Une séance intense, qui a vu la participation de plusieurs Experts de Santé, notamment le Professeur KWABONG ÉRIC, le Pr Evelyn MAH, le DR KOUEBONG, pour ne citer que ceux-ci. Tous les détails sur ce café Média de ce 14 novembre 2025, au Djeuga Palace de Yaoundé, dans cette édition de Cameroun Actualités, sur Radio Intégration, avec Nina Prisca MEKAM. Au Cameroun, naître trop petit ou trop tôt constituent les principales causes de décès chez les enfants de moins de cinq ans. La Méthode mère Kangourou (MKK) est une pratique éprouvée recommandée pour le soin des bébés prématurés ou de faible poids à la naissance. Elle consiste à tenir le bébé peau contre peau sur la poitrine de la mère ou d’un autre membre de la famille, à idéalement favoriser l’allaitement maternel exclusif et à assurer un suivi étroit de la mère et du nouveau-né une fois de retour à la maison. Le Cameroun s’est engagé à mettre la MKK à l’échelle, mais n’a pas l’infrastructure, l’équipement, les connaissances du personnel, ni le soutien à la gestion pour mettre en place cette pratique vitale dans ses hôpitaux.

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Un Libanais maire en Côte d’Ivoire ? Une idée séduisante, mais freinée par quatre réalités

L’élection de Zohran Mamdani, Américain d’origine indienne, à la tête de la mairie de New York continue de susciter des débats à travers le monde. Inspirés par cet exemple, certains Libanais vivant en Côte d’Ivoire ont exprimé le souhait qu’un des leurs puisse, un jour, devenir maire, député, voire ministre dans notre pays d’accueil. Pourquoi pas ?, pourrait-on dire, car la Côte d’Ivoire a toujours été un pays ouvert, hospitalier, généreux à l’égard des étrangers. Peu de nations au monde ont accueilli autant d’étrangers que la nôtre, et peu leur ont offert autant d’opportunités économiques et sociales. Pourtant, un tel rêve paraît difficile à concrétiser aujourd’hui, et cela pour quatre raisons principales qui tiennent moins à la loi qu’à la mémoire collective et aux rapports humains. Ces raisons ne relèvent pas de la haine ni du rejet, mais d’une série de comportements, d’attitudes et d’histoires qui ont nourri la méfiance. La première raison est morale. Les Libanais sont souvent perçus, en Afrique de l’Ouest, à travers le prisme de ce que subissent les Africains subsahariens au Liban. Les reportages, les témoignages et les enquêtes d’ONG ont révélé les traitements inhumains infligés à de nombreux travailleurs africains, en particulier des femmes venues du Ghana, du Nigéria, d’Éthiopie, du Sénégal ou de Sierra Leone. Les images d’Africaines battues, privées de salaire, retenues contre leur gré, parfois poussées au suicide, ont profondément choqué les consciences africaines. Ces pratiques, largement documentées, sont liées au système dit de la kafala, qui donne à l’employeur un quasi-pouvoir de propriété sur le travailleur. Même si tous les Libanais n’y participent pas et que certains dénoncent eux-mêmes ces abus, le symbole reste violent: comment comprendre que ceux dont les compatriotes maltraitent des Africains au Moyen-Orient puissent aujourd’hui prétendre les diriger politiquement en Afrique ? Ce passé récent crée une blessure de confiance. Il faut la reconnaître et la soigner avant d’espérer bâtir une fraternité civique solide. Les conditions de travail en Côte d’Ivoire: une injustice prolongée Le deuxième obstacle tient aux conditions de travail imposées, dans certains cas, aux employés ivoiriens par des employeurs d’origine libanaise. Beaucoup se plaignent de salaires très bas, d’horaires épuisants, de l’absence de contrats en bonne et due forme, ou du non-respect des congés et des droits sociaux. Ces pratiques, bien que non généralisées, ternissent l’image d’une communauté souvent prospère et économiquement influente.Le ressentiment social se nourrit de cette impression d’exploitation. Dans une société où la pauvreté reste élevée, voir des étrangers s’enrichir tout en payant mal leurs employés crée une fracture morale et politique. On ne peut prétendre à la direction d’une commune ou d’une circonscription si une partie importante de la population vous perçoit comme injuste ou insensible à la souffrance des travailleurs. Troisième critique: la corruption. De nombreux Ivoiriens accusent certains opérateurs économiques étrangers — parmi lesquels des Libanais — de corrompre des agents de l’administration, des collecteurs d’impôts, voire des forces de l’ordre, afin d’échapper à leurs obligations fiscales ou de régler des litiges à leur avantage. Même si ces pratiques ne concernent pas tous les entrepreneurs, elles alimentent le sentiment que la loi ne s’applique pas de la même manière à tous. Dans l’esprit du citoyen, le pouvoir économique se confond alors avec l’impunité. Or, pour prétendre à des responsabilités politiques, il faut être au-dessus de tout soupçon. Tant que ce climat de méfiance persistera, les ambitions politiques des ressortissants libanais resteront limitées, quel que soit leur mérite individuel. Le repli communautaire: obstacle à la confiance Le quatrième frein est sociologique. Les Libanais, en Côte d’Ivoire, forment une communauté soudée, mais souvent fermée. Ils vivent entre eux, se marient entre eux, se fréquentent majoritairement entre eux. Ce choix de préserver leur identité culturelle et religieuse est compréhensible ; toutefois, il renforce l’idée d’un repli communautaire, d’une distance sociale qui empêche la véritable intégration. Dans l’imaginaire populaire, cette séparation volontaire se traduit par une suspicion : “Ils ne veulent pas vivre avec nous, mais ils veulent nous diriger.” Or, la politique repose avant tout sur le lien social, la proximité et la confiance. Tant que les barrières symboliques ne tomberont pas, la conquête du cœur électoral ivoirien sera difficile. Un dialogue de vérité pour dépasser la méfiance Ces quatre raisons n’ont pas vocation à nourrir la haine, mais à rappeler une vérité: la confiance politique ne se décrète pas, elle se mérite. Si un jour un Libanais souhaite se présenter à une fonction publique en Côte d’Ivoire, il devra incarner une autre manière d’être, un rapport nouveau aux citoyens, fondé sur la justice, le respect et la transparence. Il faudra aussi que la communauté libanaise, dans son ensemble, s’engage dans un processus de réconciliation symbolique avec l’Afrique subsaharienne. Cela passe par la condamnation claire des mauvais traitements infligés aux Africains au Liban, par des gestes de solidarité envers ces victimes et par un effort visible pour améliorer les conditions de travail de leurs employés ici. Il ne s’agit pas de repentance, mais de responsabilité. De leur côté, les Ivoiriens doivent éviter la tentation de la généralisation. Tous les Libanais ne sont pas coupables des abus constatés. Beaucoup vivent paisiblement, respectent la loi, paient leurs impôts et participent au développement du pays. Reconnaître ces différences, c’est aussi une marque de maturité. La politique, miroir de la justice sociale Un Libanais maire en Côte d’Ivoire ? L’idée n’est pas impensable. Elle pourrait même symboliser une nouvelle étape de notre ouverture. Mais cette ouverture exige d’abord la vérité, la justice et la réciprocité. L’Afrique ne peut pas tendre la main à ceux qui la méprisent ailleurs, ni confier le pouvoir local à ceux qui exploitent ses enfants sur place. Les Libanais de Côte d’Ivoire ont, pour beaucoup, contribué à la vitalité économique du pays. À eux maintenant de montrer, par des actes, qu’ils partagent nos valeurs de respect et d’égalité. Alors, peut-être, un jour, les Ivoiriens verront en eux non plus des étrangers fortunés, mais des compatriotes de cœur, capables de servir la cité avec loyauté et humanité. Car la vraie

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Quand l’ONU se trompe de sujet

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, le Mozambicain Leonardo Santos Simão, a adressé hier une lettre de félicitations à Simone Ehivet pour « sa participation constructive et sa conduite patriotique exemplaire pendant l’élection présidentielle d’octobre ». * À première vue, le geste semble courtois, diplomatique, presque anodin. Mais, en réalité, ce genre de courrier ne mérite qu’un seul sort: être déchiré et jeté à la poubelle. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas cela le sujet. Le véritable sujet, celui que Simão se garde bien d’évoquer, c’est que le processus électoral ivoirien a été profondément vicié. Fichier électoral truffé de doublons, commission électorale indépendante outrageusement déséquilibrée, climat d’intimidation généralisé : tout a concouru à éloigner les électeurs et à discréditer le scrutin. Dans plusieurs localités, le vote n’a même pas pu se tenir, et pourtant, comme par magie, les autorités ont annoncé un taux de participation supérieur à 50 %. Simone Ehivet, candidate et témoin direct de ces irrégularités, les a dénoncées publiquement. Qu’un représentant onusien, censé incarner la neutralité et la rigueur, fasse l’impasse totale sur ces faits graves pour se contenter de féliciter la « participation » d’une femme injustement marginalisée, c’est non seulement indécent, mais insultant pour la vérité. Cette lettre est le symbole d’une hypocrisie internationale devenue coutumière : celle qui préfère saluer la forme et ignorer le fond, féliciter la patience plutôt que défendre la justice. Une ONU aveugle ou complice ? Je ne sais pas quel accueil Simone Ehivet réservera à ce courrier. Pour ma part, je pense que nous devrions apprendre à ignorer tout ce qui vient de l’ONU — ses délégations, ses rapports, ses lettres de complaisance. Car cette organisation, qui se prétend gardienne de la paix mondiale, n’a jamais su résoudre valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme, comme le rappelait Frantz Fanon. Depuis sa création, l’Organisation des Nations unies s’est régulièrement alignée sur les puissances dominantes, légitimant des guerres injustes et des interventions étrangères destructrices. Fanon l’avait déjà dénoncé dans « Afrique Action » du 20 février 1961 : « Chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur. » Rien n’a changé. Les mots de Fanon résonnent aujourd’hui avec la même force qu’hier, tant l’ONU continue de se montrer partiale, inefficace et soumise aux intérêts des grandes puissances. Comment penser, un seul instant, que cette organisation, qui a installé Alassane Ouattara au pouvoir en 2011 avec l’appui des États-Unis, de la France, de l’Union européenne et de la CEDEAO, puisse aujourd’hui le sanctionner ou même le contredire ? L’ONU ne critique jamais ses créatures. Elle ne désavoue jamais ses choix, même lorsqu’ils plongent des nations entières dans le désordre et la division. Dès lors, la lettre de félicitations adressée à Simone Ehivet n’est qu’un simulacre de diplomatie, un texte creux destiné à entretenir l’illusion d’un dialogue inclusif, tout en évitant soigneusement d’aborder les sujets qui fâchent. Derrière les formules polies et les louanges protocolaires, c’est le silence sur les irrégularités, le déni des violences, et l’oubli volontaire de la souffrance des électeurs. L’amnésie morale de Leonardo Simão Ce qui rend la situation encore plus affligeante, c’est qu’elle émane d’un homme qui devrait connaître le prix de la liberté. Leonardo Santos Simão est Mozambicain. Son pays, le Mozambique, a conquis son indépendance au terme d’une longue lutte armée menée par la FRELIMO et incarnée par Samora Machel, figure emblématique du combat anticolonial africain. Machel, comme Amílcar Cabral ou Agostinho Neto, croyait à une Afrique digne, debout, libérée de la tutelle des puissances étrangères. Comment donc comprendre qu’un fils de cette histoire glorieuse, héritier d’un peuple qui s’est libéré dans le sang et la dignité, puisse aujourd’hui se mettre à la remorque d’une organisation partisane et inefficace ? Comment un Africain conscient du prix de la souveraineté peut-il se contenter d’un rôle de messager docile, au service d’une ONU qui n’a jamais défendu véritablement la cause africaine ? En choisissant de féliciter Simone Ehivet sans mentionner les injustices qu’elle a subies, Simão trahit la mémoire de son propre peuple. Il trahit aussi l’esprit de Samora Machel, qui disait: « La solidarité ne signifie pas applaudir l’injustice, mais la dénoncer, même quand elle vient de nos amis. » Il aurait pu utiliser sa position pour attirer l’attention du monde sur les dysfonctionnements du processus électoral ivoirien, pour exiger des réformes, pour encourager une vraie réconciliation. Au lieu de cela, il a préféré la voie facile de la diplomatie creuse. Notre vrai problème: la naïveté Au fond, le problème n’est peut-être pas l’ONU elle-même. Le véritable problème, c’est notre propre naïveté, notre immaturité politique, notre incapacité à comprendre que personne ne viendra défendre nos intérêts à notre place. Nous continuons à attendre des solutions de l’extérieur, à espérer une parole salvatrice des chancelleries occidentales, à croire que les institutions internationales se soucient réellement de la démocratie en Afrique. C’est une illusion dangereuse. L’histoire récente est pourtant claire: chaque fois que ces organisations sont intervenues sur le continent, elles l’ont fait pour défendre les intérêts des puissances dominantes, jamais ceux des peuples. Que ce soit en Libye, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo ou ailleurs, les conséquences de leurs « interventions humanitaires » ont toujours été le chaos, la division et la perte de souveraineté. Nous devons donc apprendre à reprendre notre destin en main, à bâtir nos propres institutions de régulation, nos propres mécanismes d’observation électorale, nos propres modèles de gouvernance. Tant que nous continuerons à attendre la bénédiction ou la désapprobation de l’ONU, de la CEDEAO ou de l’Union européenne, nous resterons des peuples sous tutelle. Se libérer de l’illusion La lettre de Leonardo Simão à Simone Ehivet n’est pas un geste anodin. C’est le symbole d’un système international qui feint de promouvoir la démocratie tout en protégeant les régimes dociles. C’est aussi le miroir de notre propre faiblesse: celle d’espérer encore une reconnaissance venue d’ailleurs.

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L’hypocrisie d’une partie de l’opposition ivoirienne

Il y a des renversements qui heurtent la raison et la dignité. Ce qu’on a dénoncé avec force hier, on le cautionne aujourd’hui. Tel est, malheureusement, le spectacle auquel on assiste depuis quelques semaines dans certains cercles de l’opposition ivoirienne. Même parmi des partisans de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam que je croyais lucides, ouverts d’esprit et intègres, on entend désormais des voix favorables à la participation de leurs partis aux législatives organisées par la Commission électorale indépendante (CEI) qu’ils ont vigoureusement décriée avant la présidentielle d’octobre 2025. Comment expliquer qu’on puisse vilipender une institution pour sa partialité et, quelques jours plus tard, accepter de fonctionner avec elle comme si de rien n’était ? Cette contradiction n’est pas du débat raisonné. C’est de l’enfumage. C’est une pirouette morale destinée à masquer des intérêts inavoués. L’argument mythique des précédents : un leurre Les défenseurs de la participation avancent un argument souvent répété: autrefois, le PDCI, le RDR et le FPI avaient pris part aux législatives même lorsqu’ils avaient été exclus de la présidentielle. De là, on conclut que rien n’empêche le PPA-CI et le PDCI d’aller aux législatives malgré la CEI décriée. Cet argument tient pourtant sur du vent. Premièrement, confondre des situations politiques différentes en les traitant de précédents identiques est un abus d’analogie. Deuxièmement, invoquer ces précédents sans reconnaître la profondeur de la crise institutionnelle actuelle revient à justifier la normalisation d’une injustice. L’éthique sacrifiée sur l’autel du clan Il ne faut pas se leurrer: beaucoup de ces discours ne visent pas le bien commun, mais la préservation d’intérêts personnels ou claniques. Le vrai moteur de cette volte-face, pour nombre d’acteurs, n’est pas l’amour du pays, mais la défense d’un frère de la même ethnie — même s’il commet des erreurs ou s’il prend des décisions condamnables. On retrouve là la vieille logique patrimoniale: la solidarité d’abord pour le clan, la morale et la justice ensuite. À l’heure où des Ivoiriens croupissent derrière les barreaux pour des raisons politiques, à l’heure où des familles pleurent des morts et portent les blessures insupportables de la crise préélectorale, accepter d’aller aux législatives avec la CEI décriée revient à tourner le dos à la souffrance collective. C’est indécent. C’est impardonnable. Il est vain de nier l’existence d’un facteur matériel puissant dans cette équation. Le salaire mensuel d’un député — 3 millions de francs CFA — est, dans notre pays, une tentation réelle. Pour des citoyens qui peinent à survivre, un tel revenu est attractif. Mais réduire l’engagement politique à la recherche d’un revenu, c’est déshonorer la vocation publique. Ce qui caractérise, hélas, une partie de ces pseudo-opposants, c’est la cupidité et la légèreté morale. Ils vocifèrent quand il s’agit d’attaquer des adversaires hors du champ institutionnel, mais deviennent étonnamment muets quand il s’agit de défendre les principes de la démocratie face à une CEI discréditée. L’appât du gain finit par dicter des choix politiques: mieux vaut un siège payé que la lutte désintéressée pour la justice et la transparence. Admettons, pour l’instant, que le PPA-CI et le PDCI obtiennent quelques sièges aux législatives sous la CEI actuelle. Quelle sera alors la portée réelle de ces victoires ? Croire qu’ils pourront être majoritaires et résister à un exécutif aux commandes de tous les leviers de l’État est illusoire. N’a-t-on pas déjà vu, par le passé, comment un découpage électoral léonin et des mécanismes administratifs biaisés peuvent offrir au pouvoir une écrasante majorité ? Le RHDP lui-même s’était naguère octroyé 89 sièges grâce à un découpage favorable — un précédent qui devrait servir d’avertissement, non d’encouragement. Il est donc illogique, et même naïf, de penser qu’une participation timide au jeu truqué du pouvoir conduira à des résultats probants. Au contraire, cela légitimera les institutions viciées, fragmentera encore plus l’opposition et renforcera la machine du pouvoir. Traîtres ou complices ? La responsabilité des partis participants À la lumière de ce qui précède, il faut parler clair. Les partis qui décideront de participer aux législatives malgré la CEI non réformée devront être regardés comme complices de la stratégie du pouvoir. Ils ne seront pas de simples acteurs politiques. Ils seront, aux yeux d’une grande partie du peuple, des traîtres à la patrie, des éléments qui, par leur consentement, participent à la destruction de la Côte d’Ivoire. La politique ne se conçoit pas comme une succession de combinaisons personnelles destinées à sauver des élus. Elle est une responsabilité envers la nation. Qui trahit la nation pour un siège, trahit l’avenir des générations. Qui accepte d’entrer dans un parlement né d’une mascarade électorale participe activement à la banalisation de l’injustice. Appel à la lucidité et à la défense du bien commun Face à cette crise morale et politique, il est urgent que les Ivoiriens se réveillent et jugent librement les actes de leurs dirigeants. Les électeurs doivent comprendre que la quête du pouvoir personnel ou du confort matériel ne peut primer sur la défense des institutions démocratiques et le respect des vies sacrifiées. Aux partisans de Gbagbo et Thiam — et à tous les citoyens épris de justice — je lance un appel: ne vous laissez pas ensorceler par le chant des sirènes qui promettent des sièges parlementaires et le confort matériel. Ce n’est pas le moment de céder au chantage du ventre ni aux solidarités ethniques. Le moment exige courage, esprit de sacrifice et loyauté envers la nation. L’honneur d’un peuple vaut plus que le confort d’un élu Celui qui, aujourd’hui, choisit la facilité — accepter une CEI non réformée en échange de quelques députés — signe l’acte de trahison contre l’espoir démocratique. La Côte d’Ivoire mérite mieux que des marchandages d’appareils politiques et des compromissions qui enterrent la vérité. Que les partis qui pensent participer aux législatives méditent ceci: l’Histoire ne retient pas ceux qui sauvent un fauteuil. Elle retient ceux qui sauvent une nation. Plutôt que d’engranger des sièges au prix de la dignité nationale, il est préférable d’être du côté de la mémoire, de la justice et du peuple. L’honneur d’un pays vaut

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DÉKÉRÉ

Mener le vrai combat

En France, comme aux États-Unis, j’ai eu l’occasion de prier dans une église évangélique, méthodiste ou baptiste. Et la chose qui m’a le plus frappé, c’est que j’y ai rencontré des hommes et femmes de toutes langues, cultures et nations: Asiatiques, Africains, Européens, Américains. À partir de cette expérience, je me suis dit que l’Église évangélique et les autres Églises chrétiennes sont catholiques car le mot grec “katholicós” signifie “universel”. Je me suis ensuite dit que toutes les Églises qui se réclament du Christ sont évangéliques puisque l’évangile y est proclamé, qu’elles sont baptistes puisque le baptême y est pratiqué, qu’elles sont méthodistes puisqu’elles utilisent différentes méthodes pour accomplir la même mission évangélisatrice. Ces communautés ne devraient donc pas se combattre sur des détails et futilités (par exemple, pratiquer le baptême par aspersion ou par immersion), ni chercher à faire du débauchage (“quitte ton Église et viens chez nous”). Le vrai combat qui leur incombe est comment être “la lumière du monde et le sel de la terre”, comment impacter le monde dans lequel elles vivent. Elles devraient se demander pourquoi des groupes moins nombreux (Francs-maçons, Rosicruciens ou Illuminati) dirigent le monde, imposent leur agenda à tout le monde. Le fait d’être peu audibles sur les grands défis devrait plus inquiéter les chrétiens que pourquoi certains prient assis ou en langues. Les chrétiens africains ne devraient-ils pas songer à se mettre ensemble pour mener des actions qui libèrent l’homme africain de l’ignorance, de la misère, de l’injustice et de l’oppression? Jean-Claude Djéréké

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L’opposition ivoirienne face à la répression

Le Front Commun, coalition regroupant le PDCI et le PPA-CI, a tenu une conférence de presse, ce mercredi 29 octobre 2025 dans un climat politique de plus en plus tendu. L’objectif principal de cette rencontre était de dénoncer la répression grandissante dont sont victimes les deux formations politiques majeures de l’opposition. Les responsables de ces partis ont alerté l’opinion nationale et internationale sur les arrestations arbitraires, les intimidations, les menaces et les restrictions imposées à leurs militants et cadres. Selon eux, ces pratiques autoritaires visent à affaiblir l’opposition et à préparer une nouvelle mascarade électorale, semblable à celle du 25 octobre dernier. Le Front Commun estime que, si cette persécution ne cesse pas, la participation de l’opposition aux prochaines élections législatives sera sérieusement compromise. Mais peut-on parler d’élections législatives tant que des centaines d’Ivoiriens restent détenus pour leurs opinions politiques et que la Commission électorale indépendante (CEI) demeure inféodée au pouvoir en place? L’urgence n’est pas électorale, mais politique et morale Certes, le salaire mensuel d’un député — 3 millions de francs CFA — est, dans le contexte ivoirien, une somme considérable. Dans un pays où la majorité des citoyens peinent à joindre les deux bouts, où le chômage et la pauvreté gangrènent les foyers, cette rémunération peut susciter des convoitises et des ambitions. Cependant, la priorité n’est pas là. À notre avis, l’heure n’est pas à la recherche de sièges à l’Assemblée nationale, mais à la libération du peuple ivoirien. Des centaines d’Ivoiriens sont encore injustement incarcérés pour leurs opinions politiques, pour avoir manifesté ou simplement exprimé leur désaccord avec le pouvoir. Avant de penser à briguer un mandat de député, il faut redonner la liberté à ces prisonniers politiques, symboles de la dérive autoritaire que connaît la Côte d’Ivoire. Il faut le dire sans détour: Alassane Dramane Ouattara ne peut être considéré comme un président élu, car il n’y a pas eu d’élection véritable le 25 octobre. Le scrutin, boycotté par une large partie de la population et entaché de fraudes massives, n’a été qu’une parodie de démocratie, un simulacre destiné à légitimer un pouvoir déjà confisqué. Dans ces conditions, la priorité pour l’opposition ne doit pas être de participer à de nouvelles élections organisées par les mêmes institutions discréditées, mais plutôt de rendre le pays ingouvernable par des actions coordonnées et pacifiques de désobéissance civile. Il s’agit de bloquer le système, de paralyser les structures de domination, et d’amener le régime à céder sous la pression populaire et politique.Pour atteindre cet objectif, une condition est indispensable: l’unité sincère de l’opposition. Les opposants doivent cesser de se regarder en chiens de faïence, de se méfier les uns des autres ou de ressasser les querelles du passé. Les candidats retenus et les candidats recalés lors du dernier scrutin doivent se retrouver autour d’une même table, dans un sincère examen de conscience. Il ne s’agit plus de se reprocher mutuellement les erreurs du passé, mais de tirer les leçons de l’échec collectif. La rancune doit être jetée à la rivière. Le peuple ivoirien, fatigué des divisions et des trahisons, attend de ses leaders du courage, de la lucidité et du patriotisme. Une opposition unie, cohérente et disciplinée peut encore faire tomber ce régime autoritaire. Mais cette chute ne viendra pas d’un miracle. Elle dépendra de la capacité des forces démocratiques à s’organiser, à élaborer des stratégies efficaces de mobilisation et à maintenir la pression constante sur le pouvoir. La désobéissance civile, les manifestations pacifiques, le boycott des produits français et la résistance citoyenne sont autant d’armes politiques légitimes lorsque toutes les voies institutionnelles ont été confisquées. Penser déjà aux législatives est une faute morale et politique Commencer dès maintenant à penser aux prochaines élections législatives serait une erreur stratégique et une faute morale.D’une part, ce serait une incohérence totale, puisque la CEI, qui a été dénoncée à juste titre pour sa partialité et son manque de transparence, n’a pas encore été réformée. Comment prétendre aller à de nouvelles élections avec les mêmes règles du jeu biaisées ? D’autre part, cette attitude reviendrait à oublier les victimes des violences politiques récentes: les morts, les blessés et les prisonniers de la crise préélectorale et électorale. Participer à des législatives dans ces conditions, c’est banaliser la souffrance du peuple ivoirien et fermer les yeux sur l’injustice. C’est aussi donner au pouvoir une légitimité qu’il ne mérite pas. Le peuple n’est pas dupe. Les Ivoiriens étaient convaincus que, si tous les opposants s’étaient unis derrière un seul candidat, ils auraient voté massivement pour lui. Ce rêve d’unité, une fois encore, a été brisé par les ambitions personnelles, les calculs partisans et les ego démesurés. Le résultat, nous le voyons aujourd’hui: un régime conforté dans sa domination, une opposition affaiblie et un peuple désillusionné. L’heure de la responsabilité et du courage Il est temps, plus que jamais, que les leaders de l’opposition mettent l’intérêt général au-dessus de leurs ambitions personnelles.La Côte d’Ivoire traverse une période sombre, où les institutions sont capturées, la justice instrumentalisée et les libertés restreintes. Dans ce contexte, chaque décision politique doit être guidée non par le calcul électoral, mais par la recherche du bien commun. L’opposition doit se rappeler qu’elle incarne l’espérance du peuple, et qu’à ce titre, elle n’a pas le droit de trahir cette confiance. Les Ivoiriens n’attendent pas des promesses, mais des actes concrets: une véritable alliance, une parole claire, et un plan de lutte cohérent pour mettre fin à la dictature politique et économique qui asphyxie le pays. L’histoire ne pardonnera pas aux dirigeants qui, par égoïsme ou par faiblesse, auront laissé passer l’occasion de redonner à la Côte d’Ivoire sa dignité et sa souveraineté. Le temps des demi-mesures est révolu. Le pays ne pourra renaître que si ses enfants les plus courageux osent dire non à la peur, non à la résignation, et oui à la résistance. Pour une opposition à la hauteur de l’histoire La conférence de presse du Front Commun est le signe d’un tournant possible, le point de départ d’une prise de

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DÉKÉRÉ

Coup de gueule: c’est quoi l’humilité

Les pharisiens étaient réputés pour ne pas pratiquer ce qu’ils disaient ou prêchaient. On comprend alors pourquoi Jésus recommanda de ne pas les imiter. Or le pharisien dans l’évangile de ce dimanche déclare avoir fait ceci ou cela. On peut au moins le louer pour cela. On peut le féliciter d’avoir posé des actions bonnes. Et pourtant, il ne fut pas exaucé. Pourquoi? Parce qu’ayant observé toute la loi, il donne l’impression qu’il n’attend plus rien de Dieu, parce qu’il est dans l’auto-admiration, l’auto-célébration et l’auto-satisfaction, parce qu’il se croit supérieur à ceux qui ne font pas comme lui, parce qu’il se vante, parce qu’il méprise ceux qui n’agissent pas comme lui. L’autre, le publicain, bien que collabo de l’occupant romain et coupable de magouilles, fut exaucé. Pourquoi ? Parce qu’il attend encore quelque chose de Dieu, parce qu’il se sait pécheur et qu’il le confesse, parce qu’il fait preuve d’humilité. Mais attention au mot « humilité ». Être humble, ce n’est pas nier les talents et qualités que Dieu nous a donnés, ce n’est pas dire « je ne vaux rien ou je ne suis rien ». Tous, nous avons reçu quelque chose de Dieu. C’est à chacun de découvrir son ou ses talents. Être humble, c’est ne pas mépriser les autres parce qu’on est ceci ou cela dans l’Église ou la société, c’est respecter, même le planton ou le balayeur de rue, tout simplement parce qu’il a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, parce que tout homme mérite respect et considération. « Sais-tu qui je suis ou bien à qui tu as affaire? » Un chrétien ne devrait pas tenir ce genre de propos car, à la fin, nous mourrons tous et nous nous retrouverons devant le juste juge. Il est juste, parce qu’il sonde les cœurs et les reins, parce qu’il est incorruptible, parce qu’il regardera, non pas une partie, mais toute la vie de chacun. Jean Claude Djéréké

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