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INVESTIR AVEC LE GROUPE « BILANAISE & CO » Sarl

Comment trouver une solution au problème d’eau en zones rurales. Ce programme économico-culturel vous offre l’opportunité, de vous faire connaitre à nos auditeurs et de présenter à nos nombreux partenaires, vos activités et vos besoins.L’Afrique étant une opportunité diversifiée,nous vous donnons la possibilité d’intégré un cercle d’intégrateur, qui grâce à votre Radio Intégration, vous donne l’opportunité de promouvoir, de vendre et de financer vos projets. 1.comment avez-vous vécut la situation que vivent les populations rurales au regard du manque d’eau dont celles-ci souffrent ? 2. Comment vos partenaires techniques et financiers pensent-ils trouver une solution à ce problème qui persiste malgré les efforts des autorités camerounaises ? Rencontrez vos partenaires techniques et trouver le financement grace au groupe BILANAISE & CO Sarl au Cameroun sur www.radiointégration.com.Une émission présentée par BILANE MAELSI WILSON avec l’aide de Josué NABRAL à la technique.

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Léonard Eyoum Ngangue:«même pour les plus loyaux, il est difficile de maintenir un enthousiasme constant »

Le socio-politiste camerounais décrypte les scores obtenus par Paul Biya de 2011 à 2025. Merci de nous accorder cette interview. Pour commencer, comment interprétez-vous les résultats électoraux de Paul Biya en 2025, avec 53,66 % contre 77,99 % en 2011 et 71,28 % en 2018 ? Ah, les chiffres… ils ont cette capacité étrange de raconter des histoires que les mots seuls ne peuvent traduire. Si l’on observe ces trois scrutins, il y a un glissement constant, presque dramatique : on passe d’un sommet éclatant à un sommet plus modeste. 77,99 %, c’était l’époque où la victoire semblait un tsunami. 71,28 %, en 2018, laissait deviner des remous sous la surface. Et 53,66 % en 2025 évoque un courant plus tranquille, moins imposant, mais toujours suffisant pour garder la rive. C’est une érosion lente mais certaine, reflet à la fois de la société et du temps qui passe.  Certains observateurs soulignent que cette baisse pourrait signaler une contestation populaire. Partagez-vous cet avis ? Absolument. Ce score plus « humain » que les précédents n’est pas anodin. Il reflète un contexte de mécontentement, notamment dans les régions anglophones et chez les jeunes urbains. La population camerounaise a changé : elle est plus jeune, plus connectée, plus exigeante. Les manifestations post-électorales, même limitées, sont le signe d’une société qui demande plus de transparence et d’inclusion. Si les urnes peuvent parler, elles chuchotent aujourd’hui là où autrefois elles hurlaient « victoire ». Peut-on parler d’une perte de légitimité pour Paul Biya ? Le mot « légitimité » est délicat. Paul Biya reste majoritaire et ses scores lui assurent une continuité incontestable du pouvoir. Mais le consensus qui l’entourait autrefois s’amenuise. Le symbole d’un président à vie reste puissant, mais la montagne semble s’user à force de vent et de pluie : le sommet est toujours là, mais il est plus fragile qu’avant. C’est une légitimité qui tient par la force des institutions et par la mémoire collective, plutôt que par l’enthousiasme unanime.  Comment expliquer alors que le président continue de gagner malgré cette érosion ? Plusieurs facteurs. D’abord, le système politique camerounais favorise stabilité et continuité : contrôle des institutions, influence médiatique, ancrage dans les régions rurales. Ensuite, le vote urbain ou contestataire reste minoritaire en pourcentage du corps électoral global. Enfin, il y a une dimension symbolique : Paul Biya incarne un certain ordre, et pour une partie de la population, l’alternance évoque davantage l’inconnu que l’espoir. Le président n’a pas seulement une base électorale : il a un socle historique et institutionnel. Peut-on parler d’une évolution du paysage politique camerounais ?  Oui, indéniablement. La baisse régulière du score est le témoin d’une diversification politique. L’opposition gagne du terrain, même si elle reste fragmentée. Les jeunes votent différemment, les médias sociaux influencent l’opinion, et les crises locales deviennent des facteurs de vote. Le paysage politique ne change pas de président, mais il se transforme dans ses attentes et ses revendications. Il y a une tension subtile entre continuité et transformation, où chaque élection devient un miroir des évolutions sociales et culturelles du pays.  Certains analystes évoquent un « effet de l’usure du pouvoir ». Comment le définiriez-vous dans ce contexte ? L’usure du pouvoir, c’est ce mélange de fatigue et de routine qui ronge l’image d’un dirigeant. Paul Biya est au sommet depuis plus de quarante ans. Même pour les plus loyaux, il est difficile de maintenir un enthousiasme constant. L’usure ne signifie pas la fin, mais elle modifie le rapport entre le président et son peuple, impose des ajustements et nécessite une communication renouvelée. C’est un peu comme un vieux fleuve : il continue de couler, mais ses rives se modifient avec le temps. La chute des scores a-t-elle une dimension régionale ? Oui, et c’est fondamental. Dans les régions anglophones, par exemple, la contestation est plus marquée. Dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé, le vote est plus critique, davantage orienté vers l’opposition. Mais dans les campagnes, les résultats restent largement favorables au président. La fracture urbaine-rurale devient donc un facteur déterminant pour comprendre ces chiffres. Chaque région a son histoire et ses attentes, et l’érosion du score global reflète la complexité de ce tableau. Quelles leçons peut tirer le pouvoir de cette dynamique ? Plusieurs. Il est clair que la communication doit être repensée, que les politiques publiques doivent répondre aux préoccupations des jeunes et des zones urbaines, et que la transparence devient un impératif. L’histoire montre que l’érosion des scores n’est pas seulement un indicateur de contestation : c’est un signal pour ajuster, adapter, et anticiper. Ignorer ces signaux serait dangereux. Que peut-on attendre des prochaines élections ? Si la tendance se confirme, les scrutins futurs pourraient être plus serrés et plus disputés. L’opposition pourrait capitaliser sur l’urbanisation, les réseaux sociaux et le désenchantement d’une partie de la population. Mais il faut rappeler que Paul Biya sait naviguer dans la complexité politique, ajuster ses alliances et préserver une base fidèle. C’est une danse subtile entre continuité et concessions, où chaque mouvement compte. Un dernier mot pour nos lecteurs, qui observent cette chute apparente des scores avec inquiétude ou fascination ?  Les chiffres racontent une histoire, mais ils ne disent pas tout. Derrière 53,66 %, il y a un pays qui change, des aspirations nouvelles, et une démocratie en mutation. Paul Biya reste au pouvoir, oui, mais le paysage autour de lui s’anime et se transforme. Pour paraphraser un poète : « Même la montagne la plus ancienne sent le vent du temps et voit les nuages passer ». Il faut lire ces urnes non seulement comme un triomphe ou une défaite, mais comme le miroir d’une société en mouvement, où chaque citoyen devient acteur d’un récit encore en écriture. Propos recueillis par Jean René Meva’a Amougou

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Jean-Paul Ngwem: « quand la marmite est vide, la macroéconomie devient une langue morte »

Un score, une stratégie. Décryptage du politologue. 35 % pour Tchiroma, c’est un score historique. Qu’est-ce que cela révèle selon vous ? C’est un tremblement de terre politique. Le Cameroun n’a pas l’habitude des surprises électorales, surtout venant d’un homme que beaucoup voyaient comme quelqu’un en panne d’arguments après avoir démissionné juste quelques mois avant le scrutin du 12 octobre 2025. Vous parlez de vote « ventral » ? Oui ! Les Camerounais n’en peuvent plus des discours sur les taux de croissance ou les autoroutes. Tchiroma a su transformer le désespoir collectif en capital électoral. Le peuple a voté avec son ventre, pas avec les bilans. Quand la marmite est vide, la macroéconomie devient une langue morte. Tchiroma a su parler ce langage oublié : celui de la faim. Il a fait de la pauvreté un sujet noble et de la misère un drapeau. C’est à la fois tragique et brillant.Comment expliquez-vous son immense succès auprès de la diaspora ?Il a retourné la question de la double nationalité à son avantage. Là où certains y voyaient une trahison, il en a fait un symbole d’ouverture. La diaspora s’est reconnue en lui parce qu’il est un pont entre deux mondes : celui du Cameroun des embouteillages et celui des papiers administratifs européens. Pour une fois, les Camerounais de l’étranger ont eu le sentiment que leur voix comptait. Issa Tchiroma a souvent été moqué pour son style burlesque. Ce ton léger a-t-il joué pour lui ? Absolument. Le Cameroun adore le rire, surtout quand tout va mal. Tchiroma a compris que l’humour est une arme politique redoutable. Il s’est présenté comme un candidat du bon sens, celui qui dit tout haut ce que tout le monde chuchote. Le peuple s’est dit : « Au moins, lui, il nous comprend ». C’est de la communication émotionnelle à l’état pur.Peut-on parler d’un vote de rupture ?Oui, mais pas idéologique. C’est une rupture de patience. Les Camerounais ne veulent plus qu’on leur parle de béton, ils veulent du bouillon. Ce vote est une gifle symbolique adressée au pouvoir central : « vos routes sont belles, mais nos marmites sont vides ». 35 %, c’est un bulletin d’humeur national. Comment réagit le « système » à ce séisme ? Avec incrédulité, comme vous pouvez l’imaginer. On fait semblant de ne pas comprendre, on cherche des causes techniques. Mais le message est clair : il existe un fossé entre la politique officielle et la réalité quotidienne. Tchiroma a mis le doigt ou la cuillère dans la plaie. Et sur le plan sociologique ? Ce score révèle un électorat en mutation. Les jeunes, les précaires, les citadins débrouillards, la diaspora : ils ont trouvé en Tchiroma une figure anti-système, mais joyeuse. Il ne promettait pas le paradis, juste de quoi survivre avec dignité. C’est ce réalisme qui a séduit. Certains disent que c’est un vote de la dérision. Vous êtes d’accord ? Oui, mais attention : la dérision n’est pas la bêtise. C’est la sagesse du peuple quand il a tout essayé. Quand on rit du pouvoir, c’est qu’on n’en a plus peur. Le burlesque de Tchiroma, c’est une forme de résistance douce. Dernière question : que reste-t-il après ce séisme ? Une évidence. Le Cameroun n’a pas changé de président, mais il a changé de conversation. On ne parle plus d’inaugurations, on parle de survie. Et ça, c’est déjà une révolution silencieuse. Propos recueillis par JRMA

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Maurice Simo Djom: « face aux manifestants dans la rue, que les militaires et les policiers pensent à leurs propres enfants »

Le fondateur de la revue internationale de géopolitique africaine L’Etat de l’Afrique évoque quelques thèmes de l’édition 2025, notamment l’analyse géopolitique de la présidence perpétuelle et de la succession dynastique en Afrique centrale. Votre ouvrage s’intitule L’Etat de l’Afrique 2025. Porté à ce jour, l’Afrique est-elle sur la trajectoire que vous annonciez ? En créant cette revue en 2023, je la voyais comme un miroir, un thermomètre et une boussole. Comme miroir, c’est une base de données assez dense qui nous montre où nous sommes, nous, Africains. En tant que thermomètre, les analyses contenues dans la base de données indiquent comment nous allons. Et en tant que boussole, les données et les analyses tracent le chemin de l’avenir. Contrairement à ce qu’on croit, la prospective n’est pas la science qui étudie les scénarii du futur, c’est plutôt l’art de préparer l’avenir. Vous comprendrez qu’il est tôt pour dire si ce que je voulais en 2023 s’est réalisé. C’est plutôt à moi de souhaiter rester dans la même trajectoire et de persévérer. A cet effet, oui, je reste dans la trajectoire de donner à l’Afrique un outil d’introspection et de prospective pour agrandir ses marges de manœuvres dans le jeu mondial. Vous parlez de « successions dynastiques et de présidences perpétuelles à l’épreuve des ruptures géopolitiques en Afrique centrale. Est-ce l’échec des dirigeants, des institutions ou d’un modèle postcolonial imposé ? Je ne vois pas cela comme un échec, mais comme une dynamique. La méthode d’analyse que j’utilise est empruntée à l’Ecole des Annales, c’est l’histoire de la longue durée. En utilisant cette méthode, j’ai constaté que la présidence perpétuelle est une combinaison savante entre des ambitions personnelles de dirigeants locaux et une logique de décolonisation en trompe-l’œil, où les puissances mondiales veulent garder la main en jouant sur des figures parentales aussi longtemps qu’elles le peuvent. C’est pourquoi, lorsque la présidence perpétuelle tend à s’essouffler, la succession dynastique est tout trouvée en tant que facteur de préservation du statu quo. Mais cette dynamique est à l’épreuve des ruptures géopolitiques et les puissances occidentales n’ont plus le monopole de la planification et de la projection. S’ouvre alors un horizon intéressant où plusieurs nouveaux acteurs s’invitent dans le jeu : les peuples, à travers l’appropriation politique par le bas, les puissances anticoloniales, notamment asiatiques et latino-américaines, porteuses d’agendas concurrents et enfin des profils politiques porteurs de rupture. La prospective suggère que la présidence perpétuelle et la succession dynastique ont un avenir incertain. Dans le contexte politique camerounais actuel, pensez-vous que le processus politique en cours ouvre la porte aux perspectives d’une ouverture démocratique véritable ? Ce processus politique est une énième occasion pour les populations camerounaises de devenir un peuple. Vous savez que le Cameroun en tant qu’Etat est né de la volonté des conquérants. A plusieurs reprises, les Camerounais ont essayé de reprendre la main mais ils se sont heurtés à des difficultés fortes. L’UPC avait créé un moment de construction d’un contrat social et d’une nation, mais elle a perdu la guerre de décolonisation, une guerre d’autant plus curieuse et inégale qu’elle était cachée. Depuis lors, les populations camerounaises tentent en vain de faire ce qu’il faut pour poser des bases solides. Nous avons eu plusieurs constitutions, mais aucune d’elle ne vient véritablement de nous. Elles ne reflètent ni nos réalités ni nos aspirations. En plus, dès que de faibles consensus ont été dégagés, l’autocratie a tout fait pour les détricoter.Ce moment offre aux populations une nouvelle possibilité d’essayer. Peut-être que cette fois sera la bonne pour faire les deux choses qui vaillent : tourner la page de l’autoritarisme et écrire un contrat social. J’insiste sur le fait que tourner la page ne suffit pas. Il faut poser les bases et définir comment nous voulons vivrons ensemble. Car finalement, peu importe comment le Cameroun a été constitué initialement, maintenant la question c’est le contrat social : comment les Camerounais veulent-ils vivre ensemble ? Sommes-nous une monarchie ou une république ? Si nous nous accordons pour être une monarchie, alors rédigeons un contrat de monarchie et le roi restera là comme au Maroc, à vie. Mais si nous sommes une république, le contrat social devra garantir que chacun de nous fasse ce qui est nécessaire pour que ce contrat soit respecté. Votre livre évoque la bataille de Tinzaouatène. De quoi s’agit-il ? C’est un événement, une bataille qui a eu lieu au nord du Mali en juillet 2024. Tinzaouatène est une localité du Mali qui a son pendant de l’autre côté de l’Algérie (dont la graphie est Tinzawatène), un peu comme Kolwezi en RDC qui a son pendant symétrique en Zambie (Solwezi). En 2023, le fait marquant de l’année, c’était la bataille de Niamey, mais je parlais alors d’une bataille qui n’a pas eu lieu car le porte-avion français « Mistral » avait certes mouillé au large du golfe de Guinée, mais il était reparti sans avoir propulsé le moindre avion de guerre en direction de Niamey. Contrairement à la bataille de Niamey qui n’avait pas eu lieu, la bataille de Tinzaouatène, elle, a bel et bien eu lieu. C’est le fait marquant de l’année 2024. L’ouvrage analyse le contexte, les combats, les belligérants directs et indirects et les enjeux. Le rôle de chacun est décrypté : les mercenaires internationaux, les FAMa, l’Ukraine, l’OTAN, le Sénégal, l’UA, etc. L’analyse offre l’occasion de comprendre le jeu mondial en Afrique et l’absence de projection africaine au sujet de ce jeu. Vous parlez de « l’intégration régionale qui entre dans une zone de turbulence, avec la sortie consommée de trois pays de la CEDEAO ». A quoi ressemblerait, concrètement l’Afrique du XXIe siècle, selon Maurice Simo ? Absolument, l’année 2025 marquait le cinquantenaire de la CEDEAO, mais l’anniversaire n’a pas été célébré. Pourtant c’est la CER [Communauté Economique Régionale] qui enregistre le plus d’avancées en matière d’intégration. La sortie du Burkina Faso, du Niger et du Mali de la CEDEAO n’est pas une bonne nouvelle. L’Afrique que je souhaite ? C’est un continent

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ITIE/CRADEC: QUAND L’OPACITÉ NOURRIT L’INÉGALITÉ DU GENRE

Le niveau de risque encouru par les femmes dans le secteur de la mine artisanale est élevé, surtout face à l’inégalité existente, à cause de l’opacité des données. Même les gains qu’elles ont dans leurs activités, ne leur permettent pas d’atteindre un niveau d’épanouissement durable. De plus, d’après les études réalisées par certaines organisations de la société civile, notamment FODER et AFEMIC, les projets utilisés pour l’extraction et le traitement de l’or est nocif et très dangereux pour la femme dont l’essentiel du corps est constitué d’organes ouverts, accentuant les possibilités d’absorption des produits toxiques pour l’organisme. Une compréhension des enjeux du secteur explicités par des données fiables permettrait à la gent féminine de mieux se positionner par rapport aux activités du secteur. Écoutez les détails dans cette édition de GRANDE INTERVIEW, avec Madame PENKEN ELISABETH EPSE NKOLO, vice presidente d’AGAGES, et Membre Actif de la Société civile, sur la question du genre et de la norme ITIE au Cameroun. C’est au micro de Nina Prisca MEKAM, en collaboration avec LOUISE NSANNA et Josué NABRAL à la Technique, sur Radio Intégration.

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Interview : la lumière des femmes perce les ténèbres de la guerre, déclare une experte de l’ONU sur le genre en RDC

Il y a près de 20 ans, Charlotte Songue arrivait à Kisangani, capitale de la province de la Tshopo, à l’est de la République démocratique du Congo. C’était une jeune avocate camerounaise animée par des rêves de justice et de solidarité. Aujourd’hui conseillère principale pour la protection des femmes et coordinatrice des questions de genre au Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC, son nom est devenu synonyme d’empathie, de détermination et de force tranquille, des qualités qu’elle incarne dans l’une des missions humanitaires les plus exigeantes de l’ONU. « J’avais une vingtaine d’années lorsque j’ai commencé en 2006 », se souvient-elle lors d’un récent entretien avec Xinhua dans son bureau de Kinshasa. « Le monde professionnel était majoritairement masculin, mais j’ai vite appris que le professionnalisme n’a pas de genre. » Dès son plus jeune âge, Songue a ressenti une vocation pour le service international. « Dès le lycée, je savais que je voulais travailler dans les relations internationales », a-t-elle déclaré. Après des études de droit au Cameroun et de droits humains en France, elle a rejoint le système des Nations Unies comme volontaire et a été déployée en RDC, un pays sortant d’une guerre mais pourtant très résilient. « En tant que femme africaine, je me suis sentie obligée de servir mes frères et sœurs au-delà de mes frontières », a-t-elle déclaré. « Travailler ici m’a offert l’opportunité de faire une réelle différence pour les survivantes de violences sexistes et de contribuer à la reconstruction de la justice. » Son bureau documente les violations des droits, assiste les victimes, forme les autorités et défend l’égalité des sexes – un travail qu’elle décrit comme « collectif et profondément humain ». « Nous collaborons avec le gouvernement congolais et la société civile pour garantir le respect des droits de chacun », a-t-elle déclaré. Ces idéaux ont été mis à l’épreuve dans certaines des régions les plus difficiles du pays. Songue se souvient encore des pistes boueuses de Lemera, des forêts denses de Shabunda et de Baraka, et des villages incendiés d’Enyele après des affrontements intercommunautaires. « Se rendre là-bas était un défi à la fois logistique et émotionnel », a-t-elle confié. « Pourtant, je savais que notre présence était porteuse d’espoir. » Il y a eu des moments où le fardeau était presque insupportable. « Après avoir entendu des témoignages horribles ou appris la mort d’un collègue, je me sentais parfois impuissante », a-t-elle confié. « La nuit, lors des missions sur le terrain, je restais allongée dans mon lit, sachant que non loin de là où je dormais, la violence et le sang continuaient de couler. » « Mais ma foi et ma famille m’ont donné la force de continuer. Mes enfants me rappellent que la persévérance compte », a-t-elle ajouté. Ce qui l’a le plus soutenue, ce sont les résultats tangibles : une survivante retrouvant sa dignité ou une prisonnière injustement détenue libérée. « Chacune de ces petites victoires me montre que ce que nous faisons ici n’est pas vain », a-t-elle ajouté. Au fil des années de travail sur le terrain, Songue a coordonné des projets de soutien aux victimes et d’autonomisation économique des femmes. « Ce qui me frappe le plus, c’est leur capacité à transformer la douleur en pouvoir », a-t-elle déclaré.Une survivante m’a dit : « Je peux à nouveau me tenir debout. » Ces mots restent gravés dans ma mémoire. Elle s’exprimait avec fierté en évoquant la façon dont elle avait aidé des femmes à assumer des rôles de leadership dans des zones autrefois inaccessibles. Dans la région de Ruzizi, au Sud-Kivu, 57 femmes ont été nommées chefs de quartier pour la première fois grâce à un projet similaire. « Lorsque les femmes accèdent à la gouvernance locale, les décisions reflètent les besoins de toute la communauté », a-t-elle déclaré. « Investir dans le leadership féminin profite à tous. » À ses yeux, lutter contre les violences basées sur le genre implique l’engagement de toute la société, en particulier des hommes et des garçons. « Les hommes doivent passer de la parole aux actes : signaler les abus, soutenir les survivantes et remettre en question les normes néfastes. Il ne s’agit pas d’une guerre des sexes, mais d’un effort collectif pour une société plus juste », a-t-elle déclaré. Étant elle-même une femme, Songue a déclaré que la question du genre était « l’essence même » de sa mission. « Comment rester insensible à la douleur d’une adolescente agressée par un groupe armé ou d’une mère rejetée après un viol ? », a-t-elle demandé. « Ce qui me motive, c’est de les voir guérir et redevenir des leaders. Leurs victoires sont ma plus grande joie. » Tournée vers l’avenir, Songue envisage des progrès, mais aussi des défis : renforcer l’État de droit, mettre fin à l’impunité et protéger les libertés civiques. « La paix et la justice doivent progresser ensemble », a-t-elle déclaré. Alors que la Réunion mondiale des dirigeants sur les femmes se tient en Chine, son message a une portée bien au-delà de la RDC. « Le monde a besoin de cette force féminine pour construire la paix », a-t-elle déclaré. « Votre lumière finit toujours par percer les ténèbres de la guerre », a-t-elle ajouté, faisant référence à ses sœurs dans les régions en proie à des conflits. Songue a exprimé l’espoir que chaque fille d’Afrique puisse grandir dans un monde où le genre ne constitue pas un obstacle. « Je rêve d’une Afrique où être une femme est une force, pas un risque. Qu’une fille née demain à Kinshasa ou à Yaoundé ait la même éducation, la même liberté et les mêmes opportunités que n’importe quel garçon. » Fin« Comment rester insensible à la douleur d’une adolescente agressée par un groupe armé ou d’une mère rejetée après un viol ? », a-t-elle demandé. « Ce qui me motive, c’est de les voir guérir et redevenir des leaders. Leurs victoires sont ma plus grande joie. » Tournée

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Dr Sylvie Mbarga: «les efforts combinés des pays créent un environnement favorable à l’émergence d’un marché numérique solide »

Selon l’experte en économie numérique, l’Afrique centrale a tout pour se mettre résolument au diapason de l’e-commerce.   Pour commencer, quel est l’état actuel du e-commerce en Afrique centrale ? Le e-commerce en Afrique centrale progresse, mais il reste encore embryonnaire comparé à d’autres régions d’Afrique. Dans la zone CEMAC – Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République Centrafricaine, Tchad et Congo – le taux de pénétration d’Internet varie entre 20 % et 40 %, et la population qui fait confiance aux paiements en ligne est encore minoritaire. Le marché est fortement concentré dans les grandes villes comme Douala, Yaoundé ou Libreville, où l’accès à Internet mobile est plus régulier et les services financiers numériques sont plus développés. Le e-commerce y prend différentes formes : certains opérateurs ciblent le B2C, d’autres le B2B, notamment pour l’import-export de biens manufacturés et de produits agricoles. Cette croissance est encourageante, mais elle masque encore des disparités importantes entre zones urbaines et rurales. Les projections indiquent que le marché pourrait tripler d’ici 2030 si les infrastructures et la régulation s’améliorent, ce qui ferait de la CEMAC un hub régional encore sous-exploité. Douala semble être un point névralgique. Pouvez-vous nous détailler les initiatives qui y sont mises en place ? Douala est effectivement le moteur économique et numérique du Cameroun, avec son port et son aéroport international qui facilitent l’import-export et le e-commerce transfrontalier. Plusieurs start-ups locales, en partenariat avec des investisseurs internationaux, développent des plateformes de vente de produits alimentaires, vêtements, électroniques et biens de consommation courante. L’innovation logistique est également au cœur de ces initiatives : des entrepôts automatisés commencent à apparaître, et des solutions de livraison “last mile” par moto ou mini-camionnettes permettent de desservir des quartiers jusque-là isolés. La ville expérimente aussi des systèmes de paiement mobile intégrés, souvent en partenariat avec des banques locales et des fintechs, pour sécuriser et accélérer les transactions. Ces solutions permettent non seulement de traiter des paiements en ligne classiques, mais aussi de gérer des micro-transactions et des abonnements réguliers, adaptés à la réalité économique des consommateurs urbains. Douala bénéficie également d’un écosystème dynamique d’incubateurs et de hubs technologiques, comme Douala Tech Hub et Silicon Mountain East, qui offrent mentorat, formation et accès à des financements pour les jeunes entrepreneurs du numérique. Ces initiatives ont un impact direct sur l’économie locale : elles créent des emplois, modernisent la chaîne logistique et favorisent l’émergence d’un marché de consommation numérique. De plus, elles servent de modèle pour d’autres villes de la CEMAC, qui observent de près les succès de Douala pour adapter leurs propres stratégies. Enfin, les autorités locales ont commencé à faciliter l’installation de data centers et à moderniser les infrastructures électriques et Internet dans les zones industrielles, ce qui renforce encore le rôle de Douala comme hub numérique régional. Quels sont les principaux obstacles au développement du commerce électronique dans la région ? Les obstacles sont multiples et souvent interdépendants. Le premier est l’infrastructure numérique : malgré les progrès, la couverture Internet haut débit reste irrégulière, surtout dans les zones rurales et semi-urbaines. Le coût de l’accès à Internet est encore prohibitif pour une grande partie de la population. Le deuxième obstacle est logistique : les routes en mauvais état, le manque d’adresses standardisées et l’inefficacité des services de livraison compliquent la distribution des marchandises. Ensuite, la régulation et la fiscalité sont hétérogènes au sein de la CEMAC, ce qui complique le commerce transfrontalier. Certains pays imposent des taxes élevées sur les ventes en ligne ou sur les produits importés, rendant les plateformes moins compétitives. Enfin, le facteur humain est crucial : beaucoup de consommateurs restent méfiants vis-à-vis des paiements en ligne, et les compétences numériques des commerçants et clients sont limitées. Ces obstacles doivent être surmontés simultanément pour que le e-commerce devienne réellement inclusif et durable dans la sous-région. Face à ces défis, quels leviers sont actuellement explorés par les acteurs locaux et les autorités ? Plusieurs leviers sont activement explorés. Les autorités publiques travaillent à renforcer l’infrastructure Internet et mobile, notamment à Douala et à Libreville, pour réduire la fracture numérique. La CEMAC envisage un cadre harmonisé pour simplifier la fiscalité, uniformiser la TVA et la douane, et faciliter les transactions transfrontalières. Les start-ups locales développent des solutions logistiques adaptées : centres de distribution régionaux, partenariats avec des transporteurs locaux, suivi des livraisons en temps réel et paiement à la livraison lorsque nécessaire. Il y a aussi des initiatives de formation des jeunes entrepreneurs et commerçants pour développer leurs compétences numériques et améliorer la qualité du service client. Enfin, certains programmes pilotes visent à sensibiliser la population à l’usage du e-commerce et à renforcer la confiance des consommateurs via des plateformes sécurisées et transparentes. Ces efforts combinés créent un environnement favorable à l’émergence d’un marché numérique solide. Peut-on citer des exemples concrets d’initiatives réussies dans la sous-région ? Absolument. À Douala, certaines plateformes alimentaires ont mis en place des entrepôts connectés à une application mobile permettant de suivre les commandes et de gérer les stocks en temps réel, réduisant les ruptures de produits et améliorant la satisfaction client. Au Gabon, des start-ups développent des services e-commerce adaptés aux zones rurales, utilisant SMS ou USSD pour passer des commandes, afin de pallier le faible accès Internet. Au Cameroun et au Congo, des accords bilatéraux facilitent désormais la circulation des marchandises entre les deux pays, avec des procédures douanières simplifiées pour le e-commerce. En République centrafricaine et au Tchad, des initiatives de commerce électronique B2B permettent aux commerçants de s’approvisionner plus facilement en produits importés. Ces projets illustrent comment l’innovation et l’adaptation locale peuvent surmonter des défis majeurs et stimuler l’économie numérique. Quel rôle joue la confiance des consommateurs dans cette équation ? La confiance est essentielle. Un consommateur doit être sûr que son paiement est sécurisé, que la commande arrivera dans les délais et que le service après-vente est fiable. Dans la CEMAC, beaucoup hésitent encore à utiliser les cartes bancaires en ligne ou les portefeuilles mobiles, surtout dans les zones rurales. Les plateformes investissent

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CRADEC/NORME ITIE: CONTRATS EXTRACTIFS ET TRANSFERTS INFRANATIONAUX EN SOUFFRANCE

Le « local Content  » des contrats extractifs( minerais, Gaz, pétroles )et les transferts Infranationaux  en souffrances actuellement au Cameroun. Monsieur Ernest AYISSI NKOLO répond aux questions de Radio Intégration à ce sujet,  dans ses locaux sis à Yaoundé Cameroun. C’est au micro de Nina Prisca MEKAM,  avec la contribution de Louise NSANNA,  et Josué NABRAL à la technique.

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NORME ITIE: LE CAMEROUN SUSPENDU DEPUIS 2024

Le Cameroun a été suspendu de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) le 1er avril 2021 pour ne pas avoir publié son rapport de 2018 dans les délais impartis, une suspension qui a été levée le 30 juin 2021 après la publication du rapport. Le pays est de nouveau suspendu depuis 2024, car il a échoué lors de la validation de 2023 à satisfaire aux exigences de la norme concernant la participation des parties prenantes. La prochaine validation est prévue pour avril 2027, et le Cameroun devra mettre en œuvre des mesures correctives pour respecter la Norme ITIE et éviter la radiation de l’initiative.

Grande interview, MATINS DE L'INTEGRATION

CAMEROUN/NORME ITIE: QUAND L’OPACITÉ FISCALE FRAGILISE LA JUSTICE DE GENRE.

Le Centre Régional Africain pour le Développement Endogène et Communautaire (CRADEC), en tant qu’organisation camerounaise de développement, plaide depuis quelques années pour la justice fiscale et l’amélioration de la gestion des secteurs extractifs, alignant ses objectifs avec les exigences de transparence et de redevabilité de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). L’ITIE dans sa norme internationale, exige la publication de données ouvertes. Une politique mise en œuvre au Cameroun à travers le portail des données ouvertes de l’ITIE, qui vise à rendre accessibles les données du secteur extractif aux parties prenantes, pour une meilleure analyse et un débat public éclairé. Et dans cette logique, figure au premier plan, l’Organisation de la Société Civile (OSC). Dans cette émission où nous recevons Dupleix Fernand KUENZOB, l’un des membres fondateurs de l’association Dynamique Mondiale des Jeunes (DMJ). Il assure le Secrétariat Exécutif, dont, la direction opérationnelle et programmatique de cette organisation. De plus, il travaille depuis 27 ans au sein de la société civile qui est l’unique secteur dans lequel il se déploie depuis l’école. Aussi, il est spécialiste en relation publiques avec une spécialisation en plaidoyer des politiques internationales, effectuée aux Etats Unis, puis des compétences en droit de l’homme et action humanitaire après un Master 2 obtenu à l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC).  C’est également le moniteur des réalisations professionnelles à l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC) en cycle Master. La norme ITIE intègre aussi des aspects de genre, encourageant la publication de données détaillées sur l’emploi et les politiques de diversité dans les entreprises, une approche qui soutient l’action du CRADEC en faveur de la justice sociale et de l’autonomisation des communautés. Cette émission vous détaille tout sur la question de l’opacité des données ITIE, et qui met un frein sur son exploitation au Cameroun, en l’occurrence dans le jargon féminin. L’émission GRANDE INTERVIEW, édition spéciale, avec Nina Prisca MEKAM et Louise NSANNA, sur Radio Intégration.

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