Campagne agricole d’août 2024 et rentrée scolaire : un goût amer pour les cultivateurs

Si les élèves sont contents de retrouver le chemin de l’école, ce n’est pas le cas pour les cultivateurs. Ils voient une main d’œuvre leurs échapper.

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Elle modie le ciel qui peine à de laisser tomber la pluie. Plus encore, voir ses 12 petits enfants partir d’olanguina (Mefou et Afamba), alors qu’elle n’a pas encore fait les semis dans son champ est très frustrant pour Nneme, une jeune veuve sexagénaire. «Mes nounous partent à Yaoundé alors que je n’ai encore rien mis au sol», regrette t-elle. La rentrée frappant à la porte, les gamins sont contraints de retrouver le chemin de l’école. Une main d’œuvre qui file entre ses doigts. Elle comptait sur ces derniers pour le processus de semaille. «je devais semer juste après le 15 août. C’est à dire le 16 août. Et terminer au plus tard le 25». Mais avec l’absence des pluies, elle retardé la mise en terre des arachides, maniocs et autres. Nneme se veut plus prudente, elle décide d’attendre l’arrivée effective des pluies. Elle mise alors sur le mois de septembre.

C’est aussi le même dilemme que rencontre Justine, dont le champ se retrouve à Mbega dans le Nyong-Et Sô. Se trouvant dans sa belle-famille, la dame est contrainte de laisser partir les enfants pour Mbalmayo. Elle décide de rester attendre la tombée des pluies pour semer les arachides. Pour soulager la tâche, son mari est contraint de faire les allers et retours pour s’assurer de voir que sa famille se porte bien, «je serai obligé de faire des vas et entre le village pour aider madame et venir en ville pour s’assurer du bon déroulement de la rentrée», indique Achille, le chef de famille.

Sans avoir consultés l’observatoire national des changements climatiques (ONACC), plusieurs cultivateurs de la région du centre décident d’attendre la tombée d’au moins 5 pluies de manière régulière avant de procéder à la mise en terre des semences, le cas Dénise. De manière empirique cette dernière retrouvé Nkolmeyang (Nkol-Afamba), a fait nettoyer et labourer son champ de prêt d’un ha avant le 10 août. Elle s’est mise à scruter le ciel. Avec l’avènement de la rentrée elle n’est pas en état de stress. «Je suis contente car mes enfants ont fait leurs parts de boulot. Ils peuvent désormais aller à l’école». Selon la cultivatrice, les pluies tomberont à coup sûr jusqu’au mois de novembre, «à cause du changement climatique, je fais déjà un décalage d’un mois pendant les campagnes agricole. Donc les rentrées en me posent plus de problème», apprend-elle.

Vieille école
Maman Judith que nous retrouvons toujours à Nkolmeyang procède à la mise en terre des arachides, maïs et autres dès le lendemain de la fête de l’Assomption. Elle n’a pas entendu les mises en garde de ces collègues, sur le risque de voir son champ mal en point. «avec les maladies je devais faire comment. Il fallait utiliser les enfants avant la rentrée», se justifie la grand-mère de 70 ans. Selon ses prévisions, elle pourra faire un autre semis si les premières semailles ne donnent pas et à voir l’allure du champ en ce début du mois de septembre, il y a de fortes chances d’avoir un acte 2.

André Gromyko Balla

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