Au palais de l’Unité, le 10 janvier 2025, le chef de l’Etat et le représentant du Vatican Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée Equatoriale ont laissé se profiler la trace d’une séquence digne de mémoire.

Si c’était une image simple, ce serait celle de deux hommes qui se serrent longuement la main. À s’en tenir à cette image, l’on dira sans difficulté que, lors de la cérémonie de présentations de vœux de nouvel an du corps diplomatique, le 10 janvier dernier au palais de l’Unité, la poignée de mains entre le président Paul Biya et Mgr José Avelino Bettencourt a simplement endossé un sens anodin. «Mais au-delà, le chef de l’Etat et le Nonce apostolique au Cameroun et en Guinée Equatoriale ont laissé se profiler la trace d’une séquence digne de mémoire», commente Denis Toukam. «Il suffit de constater les faits, à les analyser, à les rapprocher, à en marquer le lien», ajoute-t-il. Satisfaire à cette exigence posée par le politologue camerounais conduit à produire quelques synthèses. Notamment celles qui rendent compte des sorties de certains évêques de l’église catholique romaine au sujet de la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle annoncée pour octobre 2025 au Cameroun.
«Sur le plan purement diplomatique, voilà qui est difficilement évitable», établit Claude Mbassi. Pour ce diplomate à la retraite, «l’instant de présentation des vœux du Nonce apostolique, Mgr José Avelino Bettencourt, au président de la République a assumé un rapport de forces diplomatique autour de l’état actuel des débats générés par les sorties de certains évêques camerounais, dans le contexte plus élargi d’une probable candidature de Paul Biya à sa propre succession». «Bien sûr, nuance cependant Claude Mbassi, il y a là des certitudes et des possibilités sur lesquelles il est encore trop tôt pour se prononcer. Mais le certain, c’est sans aucun doute que le président Paul Biya a dit des mots allant dans le sens d’une invite à la modestie langagière des prélats camerounais. L’incertain, ce sont les contours qui vont s’esquisser par la suite».
Et la suite justement…
Après avoir présenté ses vœux au chef de l’Etat, Mgr José Avelino Bettencourt est arrivé à Buea (Sud-Ouest), le 11 janvier 2025, pour la cérémonie de clôture des travaux du 48e séminaire annuel des évêques du Cameroun. A lire le communiqué final dudit conclave, il saute aux yeux que les hommes de Dieu ont mis de l’eau dans leur vin. Plutôt que de raviver la polémique qui, quelques jours auparavant, insistait avec véhémence sur le maintien de Paul Biya au pouvoir, ils ont choisi un descriptif de la situation socioéconomique du Cameroun.
Ongoung Zong Bella
