Cameroun : Discours sur la pratique du journalisme

Valentin Siméon Zinga, Haman Mana et Eugène Shema militent non seulement pour un retour au canon du métier, mais aussi pour l’arrimage au numérique.

Il a été présenté au grand public le 24 octobre dernier à la Fondation Paul Ango Ela. L’ouvrage «Cameroun, le journalisme en mutation: regards sur une profession en péril» de 134 pages publié aux éditions du Chabel est préfacé par Charles Ndongo, directeur général de la Crtv et postfacé par Thomas Atenga, enseignant d’université. Le livre est un exercice d’introspection sans concession sur les maux qui minent le plus beau métier du monde au Cameroun. Les auteurs apprennent que le métier est malmené par des forces externes. Pour l’un d’eux, en l’occurrence Valentin Siméon Zinga, ces forces sont de divers ordres: politiques, économiques et sociales. Haman Mana parle de «journaliste aplati». Un annonceur achète des pages de publicité dans le journal et exige que ce média en retour ne s’intéresse pas à ses activités. Bref, le journaliste dénonce les organes de presse phagocyté par les pouvoirs d’argent.
D’où la lancinante question: «que va devenir le journalisme demain». Et de plaider pour un retour à l’orthodoxie professionnelle. «C’est le moment de résister», indique avec ferveur V. S. Zinga.

Ce qui pose entre autres les problèmes d’engagement du journaliste et de son accès aux sources d’information. Le journaliste doit-il être engagé où non? Comment éviter d’être otage des lobbies dans un environnement politico- économique très souvent nocif à la pratique du journalisme?

Notes
Daniel Anicet Noah, qui fait la note de lecture dudit ouvrage, pense que «l’ensemble des challenges du travail dans les médias a été balayé. En partant de la profession elle-même, la manière d’écrire qui est influencée par l’écosystème technologique. Ils parlent du journaliste avec ses sources, l’activité économique du journalisme, l’aide à la presse, la protection du journaliste.

Charles Ndongo, le préfacier de l’ouvrage profite de cette tribune pour remonter les bretelles aux jeunes journalistes. «Ce qui m’étonne aujourd’hui chez les journalistes, c’est le manque d’humilité. Les journalistes sont devenus arrogants», assène-t-il lors de la présentation de l’ouvrage. Il lance alors un cri de ralliement à l’apprentissage auprès des aînés. Eugène Shema, quant à lui, milite pour une loi imposant l’accès aux sources. Celle-ci permettrait aux journalistes de professionnaliser davantage leurs narratifs.

André Gromyko Balla

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