Brigade mixte Cameroun : 100 agents sur le frontde l’intégration

Ainsi sera composé le démembrement national de l’instance chargée de la sécurité dans les corridors.

Au Cameroun, les experts en charge de l’implémentation du démembrement national de la Brigade mixte de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) ont pris des décisions sur la forme de cet organisme. Celui-ci sera composé de 100 agents de la police, la gendarmerie, de la douane et des eaux et forêts, organisés en une structure centralisée avec des bases locales. Cet effectif, le double du quota défini, tient compte de la longue connectivité de ce pays aux autres Etats de la sous-région. Via notamment les corridors conventionnels Douala-Bangui (1500 km) et Douala- Ndjamena (1837 Km) et des corridors non conventionnels tels que Douala – Bata et Douala-Libreville, entres autres. Il ne reste plus qu’aux hautes autorités du Cameroun de désigner les membres de la Brigade à installer à Yaoundé – ville choisie pour abriter le siège de la Brigade mixte Cameroun, et qu’elles en transmettent la liste à la CEMAC. Laquelle organisation est chargée du financement de la Brigade mixte et du versement d’une indemnité forfaitaire aux fonctionnaires mutés au sein de cette brigade.


La réunion de Yaoundé s’est tenue du 20 au 21 novembre 2024, dans le cadre de la mission circulaire que mène depuis juin le département du Marché commun de la CEMAC et le Comité des Chefs de Police d’Afrique Centrale (CCPAC). «Le but de la réunion est de faire un état de besoins de chaque pays. Nous sommes passés par tous les autres pays membres de la CEMAC. Aujourd’hui nous terminons par le Cameroun où nous avons fait un état des besoins avec toutes les administrations en charge de la circulation sur les corridors. La Douane, la Gendarmerie, les Eaux et forêts, le ministère du Commerce, le ministère du Transport, le ministère de l’Agriculture. C’est tout cela qui va permettre que la Brigade mixte fonctionne de manière optimale. Nous terminons cette mission circulaire et puis nous allons faire un rapport adressé au Conseil des ministres de l’UEAC qui pourront le transmettre également à la Conférence des chefs d’Etats», souligne le secrétaire permanent du CCPAC, Esaïe Ovono Mezui. La somme des besoins logistiques enregistrés à ce jour comporte des matériels roulants, informatiques, de contrôle et de communication.


Glissement de date
La mission circulaire de la CEMAC entamée courant août au Tchad rentre dans le cadre de son plan d’opérationnalisation de la Brigade mixte. Pour répondre à l’injonction des chefs d’Etats sur l’accélération de ce projet communautaire, le 25e Forum des ministres en charge de sécurité a instruit les Etats de « désigner l’ensemble des personnels devant composer les démembrements nationaux de la Brigade mixte CEMAC, en vue de son opérationnalisation. Laquelle a été fixée au premier trimestre 2025, après plusieurs reports. Un autre glissement de date est d’actualité, qui conduit inexorablement vers le premier semestre 2025. «Les chefs d’Etats ont fixé eux-mêmes la date du 1er janvier 2025 pour que cette brigade soit opérationnelle mais nous sommes confrontés à des contraintes budgétaires qui font que cette date va être un peu revue», souligne le lieutenant-colonel Esaïe Ovono Mezui.


L’existence de la Brigade mixte police-gendarmerie-douane tient de la volonté à renforcer l’intégration économique dans la zone CEMAC. Et pour y parvenir la fluidification du trafic sur les principaux corridors transfrontaliers en est un préalable. Car la multiplicité des points de contrôle et l’insécurité régnant sur ces axes routiers sont à l’origine du: «renchérissement des coûts des produits originaires de la CEMAC ; l’engouement des agents économiques pour des importations directes en provenance des pays tiers, la limitation de la mobilité et déplacements, ainsi que des échanges commerciaux entre nos pays», à en croire la directrice de l’intégration régionale au ministère de l’Economie, la Planification et l’Aménagement du territoire (MINEPAT). D’un autre côté, les résultats attendus de ce projets sont également lié à l’implémentation d’autres projets communautaires aux frontières : à l’instar du Projet I-CEMAC ; lequel porte sur l’inter-connectivité des postes frontaliers en vue d’assurer l’accès et le partage d’informations criminelles via les systèmes d’Interpol. 30 des 40 postes concernés sont déjà interconnectés et l’échéance est fixée au 21 décembre 2024. « Je ne peux pas garantir qu’il n’y ait plus d’entraves. Je pense qu’il y a plusieurs jalons qui doivent être posés. La Brigade mixte de la CEMAC est également un instrument sur lequel nous comptons pour pouvoir lever toutes ces entraves-là ; Le vrai drame est que nous ne pouvons pas garantir que derrière chaque policier, chaque gendarme ou douanier, il y a un élément de la Brigade mixte qui va s’assurer que chacun joue son rôle. Il y a la nécessité d’une meilleure sensibilisation également au niveau des Etats, pour que la vision d’intégration partagée par nos chefs d’Etats soit comprise et implémentée à tous les niveaux. Au niveau individuel aussi, ce serait prétentieux de prétendre qu’il n’y aurait plus d’entraves, mais qu’on puisse au moins les limiter au maximum. Mieux, qu’on puisse penser qu’au-delà de l’acte d’un fonctionnaire au niveau des corridors, qu’il est le sentiment d’être contrôlé ; et qu’il ait la crainte d’être relevé s’il ne faisait pas convenablement son travail en constituant une entrave à la libre-circulation» explique le commissaire en charge du Marché commun.


Au Cameroun pendant ce temps
Ngabo Seli Nbogo a procédé à une série d’échanges avec les hauts responsables d’administration du Cameroun en marge de la réunion tenue au MINEPAT. Celles-ci ont abouti à des synergies autour de la mise en place d’un marché commun en Afrique centrale et son corollaire : la libre circulation des biens et des personnes. Cet idéal est porté par le Cameroun, qui au-delà d’être membre de la CEMAC, sert de porte d’entrée maritime à certains pays de la sous-région à l’instar du Congo, du Tchad et de la Centrafrique. Aussi, le délégué général à la sureté nationale, Mbarga Nguelé a appelé, le 4 octobre dernier, l’ensemble des services chargés du contrôle routier au respect des dispositions communautaires en vigueur dans la sous-région.

Louise Nsana

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