La 5e réunion des gouverneurs du Bassin du Lac Tchad s’est tenue à Maidougouri, dans l’Etat du Borno au Nigeria, du 29 au 31 janvier 2025, autour des enjeux de stabilisation, de relèvement et de résilience des zones affectées par la secte terroriste Boko Haram; tel que définis par la Stratégie régionale adoptée subséquemment par l’Union africaine en 2018.

Les échanges auxquels prennent part le Cameroun, le Nigeria, le Tchad, le Niger et les partenaires institution aux ont donné une visibilité à la réalité de l’action militaire dans la région. Et pour en décrire l’incohérence, le gouverneur de la province tchadienne du Lac, le général Saleh Tidjani Haggar, a eu force de parole dans le panel de discussion et devant la presse. «Il faut mobiliser les forces de défense et de sécurité, coordonner les actions et partager les informations. Boko Haram vient pour nous attaquer et repart. Ils viennent d’où? Qui leur donne des matériels? Le Force mixte, c’est toujours les forces armées nationales tchadiennes. Mais où sont les autres? Le long de la frontière, il y a des îles qui séparent le Tchad du Nigeria et du Cameroun. Nos îles sont occupées par nos forces de défense et de sécurité mais de l’autre côté, les iles ne sont pas contrôlées. Elles sont laissées aux mains de Boko Haram. Boko Haram se ravitaille sur ces îles», indique-t-il.
Le Bassin du Lac Tchad est en proie aux exactions de Boko Haram depuis une quinzaine d’années des milliers d’hommes et de femmes y ont perdu la vie et quelques six millions sont déplacés. Après un moment d’affaiblissement grâce aux efforts de la Force multinationale mixte (FMM), la secte a repris du zèle, dégradant le contexte humanitaire déjà mis à mal par des chocs climatiques; et annihilant les progrès enregistrés après une dizaine d’années de combat et d’initiatives tous azimut. La sortie du général Saleh Tidjani Haggar remet ainsi au goût du jour un vieux grief porté fait aux forces armées de la région; notamment celle du Cameroun dont l’implication aux initiatives de paix a significativement contribué à faire reculer Boko Haram. Déjà débordée par les opérations de sécurisation dans la région de l’Extrême-Nord, l’armée camerounaise est confrontée depuis 2016 à une insurrection séparatiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Côté Nigerian, de nombreuses contraintes continuent de dicter la loi; au nombre desquels l’insuffisance des effectifs mobilisés contre la secte. Soit environ 100 000 hommes, si l’on s’en tient au chiffre avancé courant 2020 par le gouverneur de l’Etat du Borno.
Louise Nsana
