Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Burundi : l’afflux de réfugiés congolais plonge la situation humanitaire à « un point critique » (HCR)

La situation humanitaire au Burundi a atteint « un point critique » en raison de l’afflux massif de réfugiés et de demandeurs d’asile fuyant les violences persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé jeudi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Depuis début décembre 2025, plus de 84.000 personnes ont traversé la frontière burundaise pour échapper à l’escalade des affrontements dans la province congolaise du Sud-Kivu (est), portant à plus de 200.000 le nombre total de réfugiés et de demandeurs d’asile congolais actuellement accueillis au Burundi, selon l’agence onusienne. Les centres de transit et les sites informels au Burundi fonctionnent bien au-delà de leurs capacités, parfois jusqu’à près de 200%, ce qui contraint de nombreuses familles à vivre dans des conditions précaires, a indiqué le HCR. Du côté congolais, les violences, les bombardements et les attaques de drones dans le Sud-Kivu ont forcé plus de 500.000 personnes à fuir leur foyer, souvent à plusieurs reprises. Le HCR a réitéré son appel à mettre fin aux hostilités dans l’est de la RDC et a exhorté toutes les parties à respecter leurs engagements en matière de protection des civils et d’accès humanitaire sûr et sans entrave. Face à des besoins qui dépassent largement les ressources disponibles, l’agence onusienne a lancé un appel de fonds de 47,2 millions de dollars pour les quatre prochains mois afin de venir en aide à environ 500.000 déplacés en RDC et à près de 166.000 réfugiés dans les pays voisins, dont le Burundi. KINSHASA, 8 janvier (Xinhua)

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Le président camerounais met en garde contre l’effondrement du système international face aux violations du droit international

Le président camerounais Paul Biya a averti jeudi que la multiplication des crises et des conflits pourrait entraîner l’effondrement du système international. « Malgré les efforts méritoires de la communauté internationale, notre monde continue d’être confronté aux affres du terrorisme, aux multiples atteintes à la souveraineté des Etats et au recul du droit international », a déclaré M. Biya lors de la traditionnelle cérémonie annuelle de présentation des vœux du Nouvel An, en présence du corps diplomatique et des corps constitués nationaux. « Si nous continuons dans cette spirale, il y a lieu de craindre que le système international, que nous avons mis tant de temps et d’efforts à bâtir, ne finisse par s’effondrer », a-t-il ajouté au cours de la cérémonie tenue dans la capitale, Yaoundé. Il a souligné l’importance de régler les différends entre les États par le dialogue et la réconciliation, appelant la communauté internationale à renforcer le rôle des Nations Unies dans la résolution des conflits. YAOUNDÉ, 8 janvier (Xinhua)

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Un départ qui bouleverse

Août 1997. J’étais arrivé à Paris en provenance de Rome. À cette époque, l’hebdomadaire « Jeune Afrique » me semblait encore crédible parce qu’il critiquait les dictateurs africains qui ne se gênaient pas pour l’interdire dans leurs pays, parce qu’il donnait la parole aux opposants africains. Je dois l’avouer: l’hebdomadaire me fascinait, me faisait rêver. C’était un plaisir de lire les articles de Siradiou Diallo, Francis Kpatinde, Sennen Andriamirado, Jean-Paul Guetny, Jean-Pierre Ndiaye, Abdelaziz Dahmani, Assou Massou, Tshitenge Lubabu… Et que dire des éditoriaux de Béchir Ben Yamed? Un vrai délice. Je les dévorais parce qu’ils étaient bien écrits et parce qu’ils étaient toujours instructifs. Quand je le pouvais, j’y faisais paraître des billets dont certains faillirent me créer des ennuis comme celui sur Mobutu en 1988 ou un autre où j’appelais les peuples africains à prendre leurs responsabilités comme en Roumanie après la chute du mur de Berlin. J’étais au Tchad et les proches de Hissène Habré n’avaient pas du tout aimé mon papier sur le parti unique. Bref, « Jeune Afrique » était pour moi comme une seconde bible.Par conséquent, il eût été incompréhensible que je ne profite pas de mon séjour parisien pour visiter les locaux où l’hebdomadaire était conçu et fabriqué. Vers 16h, j’appelai la réception de JA. Après m’être présenté, je demandai si je pouvais parler à Béchir Ben Yamed. Quand on me le passa, il m’informa qu’il y avait la réunion hebdomadaire, le lendemain, pour critiquer le numéro qui venait de sortir et que j’étais le bienvenu si je voulais y participer. Je répondis que ça m’intéressait et que je ferais tout pour être présent à cette réunion. Le lendemain, je m’égarai un peu avant d’arriver au 57 bis, rue d’Auteuil dans le 16ème arrondissement. Une gentille secrétaire me fit rencontrer le patron de « Jeune Afrique ». Inutile de dire que j’étais heureux et ému. Au moment où nous nous apprêtions à quitter son bureau, Béchir me révéla que Laurent Dona Fologo participerait aussi à la réunion et qu’il était probable qu’il succède à Charles Donwahi, le président de l’Assemblée nationale qui venait de tirer sa révérence. Nous nous dirigeâmes ensuite vers une salle. C’est là que je vis Albert Bourgi. À la fin de la réunion, je l’approchai pour échanger avec lui. Car j’avais lu certains de ses articles sur Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire. Il avait le verbe haut et les idées claires. C’est au cours de cet entretien que je découvris qu’il enseignait le droit public à l’université de Reims Champagne-Ardenne. Je fus immédiatement conquis par cet esprit libre et brillant. Si cela était possible, je serais resté des heures à écouter Bourgi mais chacun de nous avait des choses à faire. C’est donc la mort dans l’âme que je pris congé de lui et des locaux de « Jeune Afrique ». Albert était un ami de longue date de Laurent Gbagbo. On comprendra donc sa peine quand l’ami fut bombardé, puis déporté à La Haye. « La CPI est influencée par les grandes puissances », déclarera-t-il en février 2014 en réponse à une question de François Soudan, le dernier des Mohicans de la belle époque de « Jeune Afrique ». Cela n’empêcha pas Albert de se battre, de remuer ciel et terre, pour la libération de son ami. Et, Dieu ayant le dernier mot, Laurent fut acquitté, le 15 janvier 2019. On peut imaginer la joie qui inonda le cœur d’Albert Bourgi, ce jour-là. Malheureusement, la maladie dont il souffrait ces dernières années ne permit pas aux deux amis de se revoir. Apprendre qu’il nous a précédés dans l’autre monde me plonge dans une grande tristesse. Jean-Claude Djéréké

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Centrafrique : lancement d’une opération militaire contre un groupe armé dans le nord-est du pays

Le ministère centrafricain de la Défense nationale a annoncé lundi le lancement d’une opération militaire ayant permis de démanteler un groupe armé actif dans le nord-est de la République centrafricaine (RCA). Selon le ministre de la Défense, Claude Rameaux Bireau, cette opération intervient dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire dans la préfecture de la Vakaga, où des hommes armés venus du Soudan sont accusés de commettre des exactions contre les populations civiles. « Cette opération fait suite au signalement récent d’attaques meurtrières perpétrées près de la ville de Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga. La menace a été totalement éliminée à l’issue de l’intervention des forces de défense », a indiqué M. Bireau. Il a ajouté que les forces de défense et de sécurité déployées sur le terrain maintiendront leur position afin de prévenir d’éventuelles contre-attaques et de garantir le retour durable de la paix dans la région. Le ministre a souligné que l’objectif de l’opération était de neutraliser les capacités de nuisance des groupes armés opérant dans la zone. Pour rappel, une attaque menée dimanche dernier par des hommes armés près de Birao a fait deux morts et deux blessés, poussant plusieurs habitants à se réfugier dans la brousse, selon des sources locales.

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Congo : le chef de l’Etat rencontré en avant la coopération multilatérale et le panafricanisme

Le président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, a plaidé mardi, à l’occasion de la cérémonie d’échange de vœux avec le corps diplomatique accrédité dans son pays, en faveur de la coopération multilatérale, qu’il a qualifié de levier essentiel pour répondre aux défis contemporains de plus en plus mondialisés. « Les questions d’envergure mondiale, telles que le maintien de la paix, la lutte contre la faim et les changements climatiques, la prévention et la riposte aux crises sanitaires, la réduction de la pauvreté ou encore le développement des infrastructures, ne peuvent être résolues en autarcie par un pays seul », a déclaré le chef de l’Etat congolais. Considérant le multilatéralisme comme une voie de sortie des crises et des tensions entre les nations, à travers des espaces stratégiques de dialogue et de solidarité, Denis Sassou-Nguesso regrette que l’année 2025 ait été marquée par des menaces récurrentes et des conflits persistants à travers les continents, une situation qu’il a jugée contraire aux valeurs portées par la Charte des Nations Unies. Evoquant les rivalités enregistrées et les alliances qui se font et se défont sur la scène internationale, il a augmenté que ces évolutions augurent d’un réajustement, voire d’une recomposition probable des équilibres mondiaux. Selon lui, cet environnement en pleine mutation nourrit le doute et les incertitudes quant à l’avenir de l’humanité, même si l’optimisme demeure pour l’avènement d’un monde plus apaisé, juste, équitable et solidaire. Par ailleurs, mettant en avant les atouts du continent africain, notamment sur les plans démographiques, des ressources naturelles, ainsi que du potentiel hydrographique et énergétique, le président congolais a invité les Etats africains à promouvoir le panafricanisme. « J’exhorte les Etats à vivifier ce mouvement, appelé à renforcer davantage la profondeur, le soutien et la valeur des liens d’amitié et de coopération intra-africaine », at-il déclaré devant le corps diplomatique. BRAZZAVILLE, 6 janvier (Xinhua)

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DÉKÉRÉ

Vigilance et fermeté

Beaucoup aux États-Unis et dans le monde sont convaincus que Nicolas Maduro a été kidnappé parce qu’un individu veut voler le pétrole vénézuélien et détourner l’attention de ses compatriotes des crimes qu’il a commis et pour lesquels il pourrait être condamné sous peu. Ce que cet individu a fait le 3 janvier 2026, d’autres dirigeants occidentaux l’avaient déjà fait avant lui. Aujourd’hui, comme hier, c’est le même modus operandi: tuer ou enlever autrui pour faire main basse sur les biens de son pays. Macron s’est réjoui du kidnapping de Maduro, tout simplement parce qu’il a envie de faire la même chose dans les pays de l’AES qui ont humilié et chassé la France, il y a trois ans. Il compte, pour cela, sur la complicité de quelques vendus locaux. Traoré, Goïta et Tiani sont donc avertis. Ils doivent faire preuve de la plus grande vigilance. Mais signer un vrai accord de défense avec la Russie, la Chine et la Corée du Nord, ce qui obligerait ces pays à se battre à leurs côtés, ne suffira pas. Il leur faudra aussi et d’abord démasquer et traiter sévèrement les valets de l’Occident dans leurs pays. De nombreux Africains estiment que nous ne pouvons pas continuer à nous laisser distraire par des slogans creux comme la démocratie ou le respect des droits de l’homme dans la mesure où ceux qui en parlent le plus sont les premiers à les piétiner. Jean-Claude Djéréké

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L’enlèvement sans précédent de Maduro

L’enlèvement sans précédent dans les annales du monde, de la manière dont cela s’est produit, du président vénézuélien Nicolas Maduro constitue non seulement une intervention militaire dans un pays souverain et indépendant en violation des principes du droit international, mais aussi un avertissement clair à la planète entière. Un avertissement à tout dirigeant insubordonné de chaque pays. Le 3 janvier 2026 déjà, lors d’une conférence de presse concernant l’opération militaire et l’arrestation de Maduro, le président américain Donald Trump a proféré des menaces contre le président colombien Gustavo Petro, déclarant : “Il ferait bien d’être prudent”. Dans le même temps, le président américain a laissé entendre que Cuba pourrait être un sujet de discussion dans le cadre de la politique américaine plus large dans la région, soulignant ainsi la capacité de Washington à étendre son champ d’action au-delà du Venezuela. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a même déclaré que le gouvernement cubain devrait s’inquiéter après l’arrestation de Maduro. Il a notamment affirmé : « Si je vivais à La Havane et que j’étais membre du gouvernement, je serais au moins inquiet », ajoutant que « Cuba est un désastre » et que le pays est « dirigé par des hommes incompétents et dépravés ». L’histoire des États-Unis est par ailleurs marquée par de nombreuses interventions impérialistes, tant territoriales qu’interventionnistes, dans d’autres pays. Plus précisément, on dénombre environ 400 interventions depuis 1776, date à laquelle le Second Congrès continental adopta la Déclaration d’indépendance le 4 juillet, proclamant l’indépendance des treize colonies américaines vis-à-vis de l’Empire britannique, un événement qui marqua la fondation officielle des États-Unis d’Amérique. Qui pourrait oublier que, du 15 au 19 avril 1961, 1 400 combattants anticastristes, entraînés et financés par la CIA, tentèrent de débarquer à la baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans parvenir à renverser le régime communiste cubain. Ces combats firent une centaine de morts de chaque côté. « Avec la victoire de Salvador Allende aux élections du 4 septembre 1970 au Chili et la présence déjà de Fidel Castro à Cuba, nous allons nous retrouver avec un sandwich rouge en Amérique latine qui deviendra inévitablement entièrement rouge », craignait Richard Nixon, et sa crainte fut bientôt confirmée par les résultats des élections. Face à cette réalité déplaisante pour les États-Unis, une solution s’imposait. Elle fut trouvée le matin du 11 septembre 1973, lorsqu’un coup d’État militaire fut perpétré sous la direction du général Augusto Pinochet, avec le soutien des États- Unis, mais aussi du Brésil, dont le régime militaire était parfaitement ami et coopératif avec les États-Unis. Les putschistes, après avoir encerclé et bombardé le palais présidentiel, prirent d’assaut ce dernier. Salvador Allende et ses proches collaborateurs furent tués après une résistance acharnée. Les États-Unis ont également envahi le Panama à la mi- décembre 1989, sous la présidence de George Bush, l’Ancien. L’objectif de cette invasion militaire était de destituer le dirigeant de facto du Panama, le général Manuel Noriega, accusé par les autorités américaines d’extorsion et de trafic de drogue. Ainsi, si l’on cherche un parallèle historique où les États- Unis ont arrêté le dirigeant de facto d’un pays et l’ont extradé vers les États-Unis pour y être jugé, l’affaire Noriega est la plus caractéristique. Et cela s’est produit après une véritable invasion militaire, c’est-à-dire dans le contexte d’une intervention armée coordonnée, et certainement pas dans un contexte de paix « normale ». Noriega parvint à s’échapper et se réfugia à l’ambassade du Vatican à Panama, la capitale du pays, où il resta onze jours. Il y subit une intense guerre psychologique pour le contraindre à se rendre. L’armée américaine installa un mur de son assourdissant devant l’ambassade. Une flotte de Humvees équipés de haut-parleurs diffusait en permanence du hard rock et, parfois, du heavy metal. On y passait notamment le titre « Panama » du groupe Van Halen. Le Saint-Siège s’en est plaint à juste titre auprès du président Bush, et la guerre musicale prit fin après trois jours. Le 3 janvier 1990, le général accepta de se rendre. Mais quelles sont les raisons profondes de l’invasion militaire américaine du Venezuela et de la volonté de renverser le régime insubordonné en place? Le Venezuela possède donc les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 303,8 milliards de barils en 2021. À titre de comparaison, les principaux pays producteurs de pétrole disposent de réserves plus modestes. L’Arabie saoudite, par exemple, en possède environ 267 milliards de barils et le Koweït 101,5 milliards. Dans le même temps, les réserves prouvées de gaz naturel du pays ont dépassé 5,6 billions de mètres cubes en 2021. Il convient de noter, par ailleurs, que dans l’hémisphère occidental, seuls les États-Unis disposaient de réserves plus importantes. Par ailleurs, les réserves totales de minerai de fer du Venezuela sont estimées à 4,5 milliards de tonnes. Il convient de souligner que le pays se classe deuxième dans la région après le Brésil pour ces réserves. Enfin, le Venezuela possède certaines des plus importantes réserves mondiales de bauxite, un minerai utilisé pour la production d’aluminium. Ses réserves totales de bauxite s’élèvent à 950 millions de tonnes. Il est donc clair pour tout observateur objectif que les États-Unis convoitent les ressources naturelles du Venezuela, sources de richesse. Des ressources qu’ils ne peuvent obtenir avec le régime actuel, partenaire politique et militaire et allié de Moscou, Pékin et Téhéran, mais aussi principal fournisseur de pétrole de la Chine, dont le contrôle tarit le flux. Pour les États-Unis, la solution pour asseoir leur suprématie dans la compétition internationale impitoyable réside dans le renversement du régime vénézuélien actuel et l’installation d’un président et d’un gouvernement parfaitement complaisants et à leur service. Le reste – à savoir la légalité et la nature démocratique d’une telle chose – leur importe peu. En conclusion, je tiens à souligner que les dirigeants d’unpays ne sont renversés que par leur peuple, c’est-à-dire par dessoulèvements populaires et des révolutions, comme cela s’est produit dans divers pays par le passé. Ils ne sont pas renversés par l’intervention militaire d’un autre pays, d’une puissance étrangère. Par conséquent,

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AU REVOIR 2025: TEAM RADIO INTÉGRATION

Toute la team de Radio Intégration pour une édition spéciale fin 2025. Avec Marie Noëlle ETOUNGOU, Brice Florent TSALA, Josué NABRAL, et Wilson, sur Radio Intégration. Les guignols de l’intégration L’EMISSION investir en direct avec notre correspondance depuis le MALI L’ambiance du direct en studio avec WILSON

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Route nationale n°1 : après la grève, le choc économique qui étouffe le Grand Nord

La circulation a repris, mais l’économie du Grand Nord vacille. Après la grève des transporteurs et l’intervention musclée des forces de l’ordre, une onde de choc traverse villages, marchés et champs du Septentrion. La route rouverte, les plaies béantesÀ Meiganga dans le Mbéré, la Nationale n°1 déroule son ruban d’asphalte sous un trafic redevenu dense. Pourtant, à quelques mètres, des camionneurs évaluent les dégâts. « On nous a sommés de dégager coûte que coûte », raconte Abdoulaye, chauffeur depuis quinze ans. « Mon camion a été endommagé lors du déguerpissement. Il est immobilisé. Personne ne nous parle d’indemnisation ». Dans les villages riverains, le ressentiment est palpable. À Ngaoundéré, Hassana, chef de groupement résume en fufuldé : « l’État a gagné la route, mais il a perdu le cœur des populations ». Pour beaucoup, l’intervention a rétabli l’ordre sans réparer les torts. Marchés asphyxiés, prix affolésÀ Yaoundé et Douala, les marchés de vivres tournent au ralenti. Les commerçantes dénoncent des circuits d’approvisionnement toujours grippés. « La route est ouverte, mais le commerce ne respire pas », lâche Nadège, vendeuse d’ails. Retards, surcoûts de transport, peur d’un nouveau blocage : la chaîne commerciale est fragilisée. Les étals sont moins fournis, les prix plus volatils. « Ce qui vient du Nord arrive tard et cher », explique un grossiste du marché Mokolo. La confiance, elle, s’effrite. Dans les champs, l’angoisse des producteursDans le Mayo-Tsanaga, le Diamaré et le Mayo-Kani, la crise frappe plus fort encore. Les produits agricoles destinés aux grandes métropoles restent bloqués. À Watir, Souzal Yakoubou, producteur de maïs, ne décolère pas : « Nous ne comprenons pas à quoi jouent nos dirigeants. J’ai investi plusieurs millions dans le maïs. Aujourd’hui, je ne peux pas écouler ma production ». Le choc est double : flambée des coûts logistiques et effondrement des débouchés régionaux. « Nos clients nigérians ne viennent plus. Les échanges transfrontaliers sont en berne », poursuit-il. Dans les villages, les sacs s’entassent, les dettes aussi. Quand le transport coûte autant que la marchandiseLe chiffre fait l’effet d’une gifle : 7 000 francs CFA. C’est le prix d’un sac de maïs au marché local. C’est aussi, désormais, le coût exigé pour transporter… un seul sac. « Nous sommes entre l’enclume et le marteau », résume Yakoubou. « À Douala et Yaoundé, nos produits arrivent plus chers que ceux importés du Brésil ». Pour le Dr. Samuel Habaga, économiste agricole, « la Nationale n°1 est une artère vitale. La perturber, même brièvement, a des effets multiplicateurs dévastateurs ». Il pointe « l’absence de mécanismes de stabilisation des coûts et de protection des producteurs locaux ». Agriculture vantée, producteurs abandonnésDepuis des années, les discours officiels vantent l’agriculture comme pilier de la souveraineté alimentaire. Sur le terrain, le sentiment est inverse. « Il n’existe aucune politique protectionniste pour les petits producteurs », déplore Yakoubou. Endettés, engagés par des crédits et des factures, beaucoup se sentent piégés. Pour Mireille Djakba, analyste politique locale, « cette crise révèle une gouvernance par à-coups : on réagit par la force, sans amortisseurs sociaux ». Elle ajoute : « les populations ont le sentiment de payer les conséquences des batailles politiciennes qui les dépassent ». Une route libérée, un Nord sous surveillanceL’État a rétabli la circulation. Mais pas la confiance. « On nous a montré la force, pas la solution », lâche un transporteur de Guider. Camions endommagés, marchés fragilisés, producteurs étranglés : la Nationale n°1 devient le symbole d’un déséquilibre plus profond. La question hante désormais villages et marchés : après l’ordre imposé, quand viendront la réparation, l’accompagnement, et surtout, la protection de ceux qui nourrissent le pays ? Tom.

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Projet de rénovation de l’aéroport de Douala: L’AFD sort un chèque de 38,3 milliards de FCFA

La signature de la convention de prêt y relative a permis de clôturer lundi les négociations entreprises depuis 2022 avec l’agence gouvernementale française. Il a fallu du temps. Précisément cinq années précisément de négociations entre l’Agence française de développement (AFD) et la société Aéroports du Cameroun (ADC SA) autour du projet de rénovation de l’aérogare passager de l’Aéroport international de Douala. Lundi, 15 décembre 2025, enfin, les intentions de l’AFD ont mué en acte concret par l’octroi d’un financement de 38,3 milliards de FCFA de l’Agence pour ladite initiative. A cela s’adossent 36,7 milliards de FCFA supportés par la société Aéroports du Cameroun et des taxes et droits de douane supportés par l’Etat à hauteur de 20 milliards de FCFA. «Il s’agit d’un prêt sans garantie de l’Etat, mais qui bénéficie d’une Lettre de Confort de la République du Cameroun engageant celle-ci à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer le succès du projet, notamment la prise en charge des taxes et des frais de douane. Ensuite, l’innovation que constitue la titrisation mise en place par ADC: cette opération porte sur environ 22,3 milliards de FCFA. Ce montant a pu être mobilisé dans le délai record d’un mois. Elle témoigne de la capacité des institutions camerounaises à mobiliser des solutions financières modernes au service d’un projet stratégique», indique Virginie Dago, directrice de l’AFD. Une démarche prudente Le Cameroun a fait de la modernisation du transport, notamment aérien, une des priorités de stratégies de développement. Aussi les parties-prenantes à la convention de Yaoundé ont convenu d’un commun accord de quelques clauses visant à contourner les obstacles habituels à la réalisation des projets sur le territoire national. Ce d’autant plus que le prêt consentis bénéficie d’une période de différé de 5ans. Ce qui fixe au 30 juin 2031, le début des opérations de remboursements. «L’option arrêtée entre les parties au versement direct par l’AFD des fonds aux entreprises adjudicataires des marchés liés au projet. Ainsi, les fonds en provenance de l’AFD ne transiteront pas par les comptes de ADC S.A», souligne Thomas Owona Assoumou, directeur général de ADC Sa. Toutes choses qui devraient permettre d’atteindre les objectifs relatifs à l’adaptation, la configuration, l’organisation intérieure et l’occupation de l’aérogare aux standards internationaux et aux besoins de traitement et de valorisation de ses trafics. La convention de prêt reliant l’Agence française de développement à la société Aéroports du Cameroun met l’accent sur: l’amélioration de la Qualité de Service en matière de d’exploitation aéroportuaire et d’assistance en escale aux standards internationaux ; la mise en place d’un plan d’engagement environnemental et social; l’amélioration de la gouvernance ; La mise en œuvre d’un plan d’efficacité énergétique pour les bâtiments rénovés de l’aérogare découlant du Programme d’Efficacité Energétique des Bâtiments de l’AFD. Des avancées Les travaux sur le site de l’aérogare passager de l’Aéroport de Douala ont cours depuis le 15 décembre 2025. «Toutes les données techniques du projet ont obtenu le visa de maturité interne ainsi que ceux du Ministère des Transports et du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. L’accord du Comité National de la Dette Publique pour intégration du projet dans la programmation financière nationale a été obtenu ainsi que les Attestations de Prise en Charge couvrant les impôts et taxes douanières afférents à la mise en œuvre du projet», énonce dans une liste non exhaustive Emmanuel Simeh, conseiller technique n°3 à ADC Sa. Bobo Ousmanou

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