Les besoins en investissements dans les pays de l’Afrique subsaharienne vont croissant. D’après le Groupe de la Banque mondiale, l’atteinte des objectifs de développement et la lutte contre les chocs climatiques «nécessiteront des milliers de dollars d’investissement chaque année». Ce qui, toutes prévisions faites, porte les besoins d’investissement à près de 10% du PIB dans cette partie du monde, ainsi que dans les autres régions éligibles au financement de l’Association internationale de développement (IDA). «Aucun gouvernement, aucune institution multilatérale, ni aucun organisme caritatif ne peut répondre à lui seul à de tels besoins; et même s’ils unissent leurs forces, ils ne parviendront toujours pas à atteindre le niveau d’investissement nécessaire», alerte une note disponible sur le site de l’institution.
L’institution de Breton Woods mise sur la contribution du secteur privé en vue du développement de la région. Bien que celle-ci offre déjà 90% des emplois, elle est appelée à jouer un plus grand rôle. Seul bémol: l’attractivité des pays IDA. La raison en est que «l’instabilité macroéconomique, les carences règlementaires, la mauvaise gouvernance et les turbulences politiques ont des effets perturbateurs qui découragent les investisseurs privés et augmentent leur sensibilité aux risques. Ce qui contribue à renchérir le coût des projets. Le développement des projets sur ces marchés nécessite plus de temps et de ressources, avec un coût souvent deux fois supérieur à celui des projets dans des marchés émergents plus établis», explique le Groupe de la Banque mondiale. Le tableau pour cette contrée est agrémenté des couleurs de l’extrême pauvreté, la faim, la malnutrition, du surendettement et des faibles marges de manœuvres budgétaires. L’institution propose d’allier aux réformes structurelles des financements concessionnels. Lesquels, souligne l’institution, jouent un rôle essentiel pour atténuer le risque à un niveau tolérable pour les porteurs de projets et les investisseurs.
Louise Nsana
