6e édition du FESTAT : les Sao-Kotoko en candeur nature à Yaoundé

Venu du Logone-et-Chari (région de l’Extrême-Nord), ce peuple très ancien espère, à travers le Festival des arts et traditions Kotoko (FESTAT), un maximum de visibilité tant au plan national qu’international.

«Les Sao Kotoko sortent du Logone-et-Chari dans la région de l’Extrême-Nord, pour se donner à voir dans le Mfoundi, dans le Centre». Les mots sont puissants. Ils disent tout de la dynamique qui anime la 6e édition du FESTAT, «prévu à Yaoundé du 23 au 25 janvier 2025. Cette fête est placée sous le thème: « Entre passé et présent: culture et traditions du peuple Sao Kotoko, leviers de la solidarité et du vivre-ensemble ». Cette année, elle signe un premier rapprochement entre les autres cultures et la nôtre. Avec leurs frères du Tchad, du Nigéria et du Ghana, les Sao Kotoko du Cameroun vont animer le FESTAT ici à Yaoundé pour signifier que ce grand moment de notre culture va désormais au-delà du modèle de la fête purement folklorique et qu’il s’inscrit dans un espace symbolique élargi à l’ensemble du monde», explique Ali Alhadji Abba (président du comité directeur de l’Association culturelle Sao Kotoko). En conférence de presse ce 14 janvier 2025, ce dernier précise que «la délocalisation du FESTAT, c’est le sujet qui est à l’ordre du jour».


Visée
«Nous venons à Yaoundé pour un maximum de visibilité tant au plan national qu’international, en vue de l’inscription de notre festival au patrimoine mondial de l’UNESCO. D’ores et déjà, nous avons engagé des démarches auprès des autorités de notre pays, et nous voulons, cette fois, intéresser davantage le public d’ici et d’ailleurs». Sur la base d’autres détails fournis par Alhadji Abba, l’on apprend que le FESTAT est surtout une occasion d’exhibition des éléments de la culture Sao Kotoko: «il s’agira d’une véritable démonstration de force, à travers une mobilisation des grands jours et un déploiement grandeur nature, d’aucuns parlent de ‘’candeur nature». Un total de 224 festivaliers en provenance du Logone et Chari, est attendu à Yaoundé pour ces 3 journées d’exposition, de gastronomie, de conférences, d’artisanat, d’ateliers thématiques, des danses traditionnelles et de découverte de l’histoire et de la culture Sao Kotoko. Plus de 550 objets d’arts historiques seront exposés au Musée national de Yaoundé. Et la cerise sur le gâteau de ce Festival sera la présence de tous les 7 sultans à Yaoundé, accompagnés de toutes leurs délégations royales. Les délégations des Sao Kotoko du Tchad, du Nigéria et du Ghana, viendront également rehausser avec leurs particularités, le rayonnement de cette 6e édition».


Pour le dire à sa façon, Mahamat Aïssa Epse Motaze postule qu’à la faveur du FESTAT 6e édition, le peuple Sao Kotoko est prêt pour de nouvelles responsabilités. «Sa principale richesse aujourd’hui, dit-elle, réside dans la volonté des Sao Kotoko de construire leur avenir, dans ce sentiment d’appartenance qui, à l’heure de la mondialisation, est un levier capital de tout développement global». Sur le coup, c’est la fiche technique de l’organisation du FESTAT qui n’en finit pas d’illustrer la force du collectif Sao Kotoko éparpillé au Cameroun dans 7 chefferies supérieures (sultanats), notamment à Kousseri, Logone Birni, Goulfey, Afadé, Makary, Bodo et Woulky.


«Un pays, le Cameroun qui, de l’antique culture Sao, cinq siècles avant notre ère, l’une des plus anciennes civilisations de l’Afrique centrale, jusqu’aux créateurs les plus contemporains, aura marqué sa trace dans l’Histoire du monde». En janvier 2025, ces propos émis par Jacques Chirac (ancien chef d’Etat français, lors de l’ouverture du Sommet Afrique-France, à Yaoundé du 18 au 20 janvier 2001) suggèrent les Sao Kotoko comme un peuple qui a plongé sa main dans le terreau de la grande Histoire de l’humanité.

Jean-René Meva’a Amougou

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